Sarkozy va au contact

Par Renaud PILA, à la Courneuve, le 30 juin 2005 à 12h23 , mis à jour le 30 juin 2005 à 17h15

Pour la deuxième fois en quelques jours, le ministre de l'Intérieur rendait visite mercredi aux habitants de la Courneuve. Alors qu'à la mairie, les associations s'impatientaient, il choisissait d'engager dehors un dialogue direct avec les jeunes.

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Cet après-midi là, la place de la mairie est calme et ensoleillée. Le petit parc ombragé ressemble à ceux des villages tranquilles du sud de la France. "Il faut arrêter de parler de la Courneuve comme si c’était une ville de barbares. Le problème, c’est les 4000 qui sont laissées à l’abandon" explique Icham, 31 ans. Chômeur depuis un an, il pointe du doigt la salle municipale où est organisée la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les habitants. "C’est que pour l’image cette réunion, les gens ont été triés et les camions de journalistes sont prévenus. C’est le même principe que l’opération de flics annoncée après la mort de Sidi Ahmed. Vous croyez que les mecs n’ont pas eu le temps de vider leur cave ! Les flics n’ont trouvé qu’une trottinette".

A quelques mètres de là, un policier demande aux gens de s’écarter, le cortège officiel arrive en trombe. Lorsqu’il sort de sa Vel Satis blindée, le ministre de l’Intérieur est accueilli par quelques huées et sifflets de jeunes qui l’attendent avec méfiance. Il se dirige instinctivement vers eux en débordant ses gardes du corps. "Combien de temps vous allez laisser tous ces CRS dans le quartier ?", lui lance avec colère un adolescent. "Le temps qu’il faudra, répond Nicolas Sarkozy, je ne suis pas là pour flatter tel ou tel mais pour vous tenir un langage de vérité et de fermeté".

"Il sait leur parler"

"Vous êtes là pour 2007, je n’ai pas confiance" affirme un autre avec la fierté frondeuse de quelqu’un qui veut "se payer" un ministre devant les caméras. Mais le président de l’UMP aime ça et défie ses détracteurs droit dans les yeux. "Ce qui compte, c’est que je sois là, que je sois venu la semaine dernière et que je revienne le mois prochain. Personne n’est venu ici depuis vingt ans. Qui est-ce qui vous tend la main ? Alors fais moi confiance et laisse moi un peu de temps". Nicolas Sarkozy tutoie les jeunes qui finissent par lui lâcher un sourire, après une discussion franche de plus de 45 minutes. "On verra bien s’il obtient des résultats. Ce qui est sûr, c’est qu’il sait leur parler " glisse une jeune fille de la barre Balzac.

Dans la mairie, la centaine d’habitants s’impatiente depuis une heure et accueille plutôt fraîchement le ministre de l’Intérieur. "Pourquoi a-t-il fallu attendre la mort d’un petit garçon pour qu’il vienne ?" lâche le responsable d’une association sportive. Dès son arrivée à la tribune, Nicolas Sarkozy reconnaît l’évidence : "si Sidi Ahmed n’était pas mort, je serais venu, mais moins rapidement, mais je serais venu car je vais faire le tour de France des quartiers ." Après quelques minutes, un jeune homme veut l'interrompre, il le tance : "Ce sont des mesures que je vous annonce, vous ferez le malin après !" A l'assistance muette, il résume sa politique : "ce sera la main tendue et la punition". Et à celui qui lui reproche sa stratégie de communication permanente et sa volonté de "nettoyer", il explique : "la première fois que les gens me voient, ils disent qu'est-ce qu'il vient faire, le show ? La seconde fois, c'est un plus sérieux et la troisième fois, on discute concret". Il y a déjà un peu de concret dans cette seconde rencontre avec notamment 46 emplois à pourvoir immédiatement. "Je veux voir si ceux qui me réclamaient du boulot tout à l'heure sont prêts à se lever le matin" affirme-t-il. Icham le chômeur qui assiste à la réunion "officielle" écoute sagement le ministre.

"C'est un arriviste"

18h40, Nicolas Sarkozy regarde sa montre, un autre rendez-vous l’attend. "Il n’y a eu que trois questions" lance une femme en colère. "Je reviens dans un mois" rassure le ministre. "Qu’aurait-on dit si je n’avais pas parlé avec les jeunes dehors ? Le dialogue, on le fait ou on le fait pas" ajoute-t-il. Dernières poignées de main avant de monter dans la Vel Satis et ultime volonté de ne pas décevoir les Courneuviens. "On se revoit dans un mois, et à la cité des 4000 cette fois". "Vous avez vu l’attente un peu, glisse Nicolas Sarkozy aux journalistes, je crois que c’est important de faire tout ça, hein", comme s’il éprouvait le besoin de justifier un tel déploiement d’énergie et de mots, "les mots du quotidien" explique-t-il.

Le cortège démarre à vive allure. "Il a pensé à tout. Ça fait paniquer de voir à quel point c'est un arriviste. Ce n'est pas un ministre de l'Intérieur qu'on veut voir, c'est un ministre de l'Education", commente un jeune engagé dans un mouvement associatif. Samia, elle, ne panique pas. Pour cette lycéenne de 17 ans, le président de l'UMP "agit et a eu le courage de venir". "En quelques jours, il a déjà changé les choses, il a raison de vouloir nettoyer le quartier", et ce mot ne la choque pas. Pendant sa visite, le "nettoyage" se poursuit, de nombreux automobilistes ont vu leur coffre fouillé par la police.

Par Renaud PILA, à la Courneuve le 30 juin 2005 à 12:23
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19 Commentaires

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  • CED, le 01/07/2005 à 01h41

    Je ne suis pas particulièrement de droite mais je dis bravo Sarko. On peut dire ce qu'on veut sur les motifs de ses actions mais au moins il a l'ENORME mérite de faire bouger les choses. Tout ce qu'il entreprend n'est pas forcément apprécié mais au moins il tire la France vers le haut. Et à tous ceux qui critiquent sans meme savoir de quoi ils parlent souvent je dis bravo, continuez de jeter des pierres et enfoncez encore un peu plus notre cher Pays...La France c'est chaque un d'entre nous qui la construisons...ou detruisons...

  • Loulette, le 30/06/2005 à 23h10

    J'en ai franchement marre (et je ne dois pas être la seule) de voir Sarkosy tous les jours et d'entendre parler lui. Je ne serais pas publier car je vais émettre une critique envers les médias, mais s'il vous plait ne jouer pas le même rôle que le médias américain pou Bush. La phrase de Goebbels prend tous son sens ici. A force de voir et de revoir sarkosy les gens vont s'y habituer et vont oublier qu'il fait parti de l'UMP, à chaque évenement, sarkosy est là pour "donner la solution", ses conseillers en communication sont de véritables machines de guerre, et les médias qui ont pourtant bien d'autres sources d'informations importante se concentrent sur lui.Il n'a même pas daigner dire un mot sur le réchauffement climatique, surla necessité de prendre soin de la santé publique des Français alors que nous savons ce qu'il se passe.

  • Onfroy michel, le 30/06/2005 à 22h36

    Bravo monsieur SARKOSY continuer dans ce sens là.Pas beaucoup de ministres de l'interieur principalement (de gauche) n'aurait fait cela.

  • Peter, le 30/06/2005 à 20h16

    Sarko ...ce n'est que du show. Le pire est que toute une masse de personnes le suivent. Le phénomène sarko est similaire au phénomène "star" ...il ne brille que par moment...c'est - à - dire lorsque les projecteurs sont sur lui......

  • Valéry, le 30/06/2005 à 19h36

    Le petit Nicolas démagogue en premier lieu. Il se rend à la Courneuve dix minutes pour parler avec un habitant de cette banlieue, il y a quelques temps il était à Perpignan. Il ne résoud rien, il fait sa PUB. Les problèmes de la Courneuve et de Perpignan ne sont pas nouveaux et les journalistes devraient ne plus le suivre dans ses déplacements publicitaires. Les gens de la Courneuve ne sont pas tous des assassins ni des dealers, il y a même beaucoup de gens biens, mais voilà pour un criminel, c'est toute un cité qui est dans l'actualité. Les journalistes parlent toujours au conditionnel, mais les choses ditent sont toujours reçues comme acquises et ça tous les médias le savent. Il ne me semble pas que la violence résolve quoi que ce soit et SARKOSY est un violent qui sommeil. Il est plus dangereux que LE PEN. Les dictateurs sont toujours de petits hommes par la taille, pensez-y.

  • Bruce, le 30/06/2005 à 18h54

    *populiste

  • Valérie, le 30/06/2005 à 18h22

    Moi c'est pas sur l'article que je fais un commentaire mais sur les personnes qui se permettent de critiquer la seule personne qui essaie de faire bouger la france. On se plaint mais dès qu'on touche aux cités tout le monde hurle! Facile de critiquer, essayez vous de faire quelque chose qu'on rigole et qu'on vous critique sans vous laissez une chance! Courage Monsieur SARKOSY il y a quand meme certaines personnes qui croivent en vous!

  • Martin, le 30/06/2005 à 18h12

    A dominique, matignon : ce que vous voulez comme président pour la France, c'est un démagogue qui pratique une politique pro-arabe à l'étranger, et ne laisse les choses empirer dans le pays. Ne chercher plus : votez chirac en 2007. Et s'il ne se présente pas, penchez pour son disciple de villepin.

  • Chris, le 30/06/2005 à 18h00

    Sarkozy proche des banlieues et du peuple on croit réver ! Le parcours de Sarkozy : Elevé dans le XVI eme arrondissement de Paris par un père marchand d'art aristocrate hongrois (ça casse l'image de l'immigré parti de rien qu'il essaie de nous faire gober) et une mère avocate. Participe au concours hippiques et aux rallyes ... Vie professionnelle comme avocat d'affaire (défendre les victimes ça ne l'interessait pas trop à l'époque il préférait organiser l'optimisation fiscale de ses semblables nantis) Député maire de Neuilly depuis ! Sarkozy est la plus grosse arnaque de la vie politique française ! et dire qu'il y en a pour gober qu'il veut autre chose que le pouvoir ? ça rend admiratif des hommes du marketing politique dont le leitmotiv est "ne pas prendre les électeurs pour des imbéciles mais ne pas oublier qu'ils le sont"

  • Greg, le 30/06/2005 à 17h49

    Message pour Yvon, Montreuil-bellay: Evidemment qu'il n'y serait pas alle seul, mais bon, meme si il n'y avait pas de problemes dans ce trou à rats, je ne vois vraiment pas pourquoi quelqu'un voudrait y aller... De plus, il y va pour essayer de trouver des solutions et non pour aller à l'affrontement. Mais bon, il est vrai que critiquer est beaucoup plus facile que d'essayer de faire changer les choses...

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