
L'ex-conseiller général RPR Didier Schuller a déclaré mardi à la presse, à l'issue de la première journée d'audience du procès des HLM des Hauts-de-Seine où il est poursuivi pour trafic d'influence et abus de biens sociaux, qu'il était "l'un des multiples fantassins de celui qui est devenu président de la République", à savoir Jacques Chirac. "Ce procès est une affaire qui nous ramène à la période de l'élection de 1995", a ajouté cet ancien proche de Charles Pasqua, dont la fuite en République dominicaine entre 1995 et 2002 avait nourri toutes les spéculations sur la connaissance qu'il avait du financement du RPR. Un peu plus tôt dans la journée, toujours dans les couloirs du palais de justice de Créteil, il avait laissé entendre qu'il s'expliquerait devant le tribunal correctionnel sur son départ précipité, indiquant : "Je ne suis pas parti pour rien, on m'a fait partir (...) Je veux tout dire".
Mais en-dehors de ces déclarations tonitruantes faites dans les couloirs du tribunal, l'audience de ce mardi a été plutôt technique. Parmi les demandes soulevées par la défense, l'avocat de Didier Schuller a réclamé que soit jointe aux débats la procédure "Schuller-Maréchal", une tentative de manipulation visant le beau-père du juge d'instruction Eric Halphen, qui avait été annulée par la cour d'appel de Paris en 1995. "Cette affaire, c'est ce qui avait provoqué la défaite d'Edouard Balladur à la présidentielle de 1995. Ce sont aussi ces événements qui m'ont conduit à quitter le territoire national", a expliqué Didier Schuller pour justifier que soit examinée cette procédure dans le cadre de son procès. Mais dans un jugement rendu à la reprise de l'audience, vers 15H30, le tribunal a rejeté cette requête.
La procédure "Schuller-Maréchal" ne sera pas jointe aux débats
Didier Schuller est poursuivi dans ce dossier phare des dérives du financement politique du RPR de même que Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret, et son ancienne compagne, Christel Delaval. A leurs côtés, sept chefs d'entreprises accusés d'avoir illégalement financé entre 1988 et 1995 la campagne de Didier Schuller à Clichy, en échange de marchés de l'office public HLM du département, dont Didier Schuller était le directeur général et Patrick Balkany, le président. "Les entreprises qui se voyaient attribuer des marchés par l'office faisaient des dons spontanés, apportaient une contrepartie financière" à Didier Schuller, a résumé au cours de l'instruction l'un des prévenus, Jean-Paul Schimpf, homme d'affaires et ami de Schuller.
"Certains chefs d'entreprise ont parié sur mon élection à la mairie de Clichy, espérant avoir un retour d'ascenseur lorsque je serais maire", a admis Didier Schuller. Sur les comptes en Suisse de sa mère, sur lesquels il avait procuration, les enquêteurs ont retrouvé 1,03 million d'euros d'origine douteuse et 2,7 millions d'euros sur un compte "Jungle", notamment destiné à financer sa fuite aux Caraïbes. La justice lui reproche aussi d'avoir fait financer son journal de campagne, "Le Clichois", par des entreprises "amies" qui payaient à prix d'or des encarts publicitaires.
Après cette première journée d'audience, le procès ne reprendra que le 27 juin. Il se poursuivra jusqu'au 15 juillet.
Photo d'ouverture : l'arrivée de Didier Schuller au tribunal, mardi - DR
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