
Les visages souriants de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, libérés samedi après-midi après 157 jours de détention, faisaient la Une d'une majorité de quotidien nationaux et régionaux lundi. Les ex-otages, Florence et Hussein, apparaissaient côte à côte sur deux photos à la Une de Libération où figurait un sobre "merci" en bas de page. Vingt pages étaient consacrées à la libération des ex-otages. Serge July, dans son éditorial intitulé "Merci à vous", a salué la mobilisation qui a entouré les otages, "la résistance de Florence et Hussein" et "les compétences des fonctionnaires" chargés de les sortir de leur enfermement.
"Des réseaux criminels au nom de convictions politiques ou religieuses, ou simplement par appât du gain, sévissent, prospérant sur le chaos", s'indignait pour sa part Dominique Quinio dans La Croix alors que dans le Figaro, Pierre Rousselin soulignait que "l'élan de solidarité auquel nous avons assisté témoigne de l'attachement de tous à un journalisme de terrain, au contact direct avec la réalité qu'il s'agit de comprendre. Mais pour Pierre Laurent, dans l'Humanité, "le statut des journalistes reporters en zones de conflit n'est plus assez protégé par les conventions internationales".
"Pourquoi les ravisseurs ont-ils relâchés Florence Aubenas et Hussein Hanoun ?"
"Enfin !", clamait France Soir en titre tandis que Le Parisien, tout aussi soulagé, revenait sur les "conditions de détentions sévères" que la journaliste et son guide ont subi durant leur détention. En région, Jacques Camus dans La République du Centre a estimé que "Florence Aubenas a été conforme à son image : celle d'une femme libérée, dans tous les sens du terme, dont le sens aigu du devoir journalistique n'altère pas celui de la dérision". "Il n'y a pas eu de rançon, ont affirmé le porte-parole du gouvernement, et l'ancien ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier. Alors pourquoi les ravisseurs ont-ils relâché Florence Aubenas et Hussein Hanoun ? Et pourquoi, même, les avaient-ils enlevés ?", s'est interrogé pour sa part Gilles Dauxerre dans La Provence. "Quel que soit le prix payé, le sourire radieux de la jeune femme libérée le justifie amplement", calculait enfin Jean-Philippe Mestre dans son éditorial du Progrès.
"La volonté de témoigner"
"Paradoxe de cette sale guerre : pourquoi s'en prendre à des journalistes comme Florence Aubenas, Christian Malbrunot ou Georges Chesnot ? C'est pourtant grâce à leur plume, grâce aux caméras et aux micros que l'Irak n'a pas encore été "classé" dans les archives du Pentagone, à côté du Vietnam...", a estimé Jean-Claude Kiefer dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Gérard Noël dans La Liberté de l'Est pensait que "les cyniques diront qu'il s'agit des risques du métier". "C'est faire peu de cas de la passion d'informer, de la volonté de témoigner même dans les endroits les plus exposés de la planète, car c'est une manière de dire aux peuples opprimés, brisés, humiliés que leur sort n'est pas indifférent aux hommes de bonne volonté", écrivait-il.
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