Pas de tabou contre le chômage

le 05 juin 2005 à 18h50 , mis à jour le 05 juin 2005 à 21h16

Le gouvernement s'est réuni au grand complet dimanche à Matignon pour un "séminaire" largement consacré à la lutte contre le chômage. Dominique de Villepin a dit vouloir y consacrer toute l'énergie de son équipe, "sans tabou". Il a également insisté sur "l'exigence d'unité et de collégialité qui s'impose" au gouvernement.

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La "bataille pour l'emploi" promise par Dominique de Villepin a sans doute commencé dimanche, à 18h30 à Matignon. C'est à cette heure en effet qu'a débuté un séminaire gouvernemental qui devait durer une heure et demie, et aux allures de grandes manoeuvres. L'ensemble des membres de l'équipe "resserrée" du nouveau Premier ministre y avaient été invités. A cette occasion, Dominique de Villepin a prononcé un "discours de mobilisation" - terme guerrier en accord avec le vocabulaire utilisé tant par le Premier ministre que par le chef de l'Etat depuis que, au lendemain du "non" massif des Français au référendum européen, la lutte contre le chômage a été décrétée première des priorités de la politique nationale.

C'est Jean-François Copé qui s'est fait l'écho auprès des journalistes de cette séance de mobilisation, alors que les ministres devaient continuer à discuter de leur "feuille de route" autour d'un repas informel. "Notre priorité absolue, a déclaré le Premier ministre, c'est la bataille de l'emploi. Nous ne sommes pas le premier gouvernement à se mobiliser pour l'emploi mais je veux, a-t-il dit, que nous soyons le premier gouvernement qui y consacre toute son énergie, sans tabou, en mobilisant l'ensemble de la Nation", a insisté le porte-parole. "C'est bien la mobilisation contre le chômage qui est engagée et c'est là-dessus que se concentre toute l'énergie de notre gouvernement", a-t-il ajouté en soulignant que "parce que notre tâche est difficile, elle nous impose des devoirs particuliers".

En attendant la déclaration de politique générale...

Premier des devoirs : une équipe soudée. "Le Premier ministre a insisté sur l'exigence d'unité et de collégialité qui s'impose", a indiqué Jean-François Copé, en écho aux propos tenus par Jacques Chirac en Conseil des ministres. Deuxième devoir : organiser le travail rapidement. Dominique de Villepin "a fixé nos priorités d'action et l'esprit dans lequel il entend que l'ensemble du gouvernement travaille. Il a souhaité que nous ayons régulièrement ce type d'échanges pour faire le point sur les avancées et ainsi en rendre compte aux Français", selon le porte-parole qui n'est pas entré dans les détails en précisant que "le grand rendez-vous, c'est celui de la déclaration de politique générale de mercredi".

Dominique de Villepin s'étant engagé à rendre confiance aux Français en cent jours (ce qu'il a rappelé ce dimanche, selon Jean-François Copé, en évoquant sa volonté de "recréer une dynamique de confiance" d'ici septembre), cette entrée en matière rapide apparaît nécessaire. D'autant plus que les Français restent méfiants (68% d'entre eux jugent qu'ils n'atteindra pas son objectif, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche) et que la gauche, qui pourtant se déchire, ne se fait pas faute d'exprimer ses doutes. "Rien ne va se passer en 100 jours", a prédit le porte-parole du PS Julien Dray sur Radio J. Quant à François Hollande, il a ironisé sur France 2 sur les "onze cent jours" qu'il a fallu au gouvernement pour "découvrir que l'emploi est la première priorité".

Photo d'ouverture : quelques-uns des participants du séminaire se livrant à l'exercice obligé des photographies d'avant-réunion. On reconnaît, de gauche à droite, Philippe Douste-Blazy, Nicolas Sarkozy et Thierry Breton - DR

le 05 juin 2005 à 18:50
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