Villacoublay 12 juin – Libérée la veille avec son guide après six mois de détention, Florence Aubenas retrouve la France à l'aéroport de Villacoublay où elle est accueillie par sa famille, Jacques Chirac et de nombreux confrères. "C'était des conditions sévères" dit-elle lors d'une conférence de presse improvisée. La présence ou non à ses côtés de journalistes roumains lors de sa détention crée une mini-polémique.DR © DRAprès sa conférence de presse donnée à 16 heures, dans le VIIIe arrondissement de Paris, au Press Club de France, la journaliste de Libération répondra ce soir aux questions de Patrick Poivre d'Arvor au 20h de TF1. Elle est restée près de quarante-huit heures entre les mains des militaires des services secrets de la DGSE ; à présent, Florence Aubenas est à Paris pour tenter de répondre aux nombreuses zones d'ombre qui subsistent sur les conditions de sa détention en Irak et de sa libération.
En attendant, Libération a raconté, mardi matin, les dernières heures de détention et la libération des ex-otages Florence Aubenas et Hussein Hanoun détenus 157 jours en Irak, d'après le récit de la journaliste. "On me disait : 'Vous êtes libérés dans une semaine'. C'est quelque chose que j'avais en permanence dans la tête et qui était sans cesse repoussé, inaccessible", déclare Florence Aubenas, dans des propos recueillis par ses collègues de la rédaction.
"Ils m'ont offert deux bagues et une bouteille de parfum"
Puis, "le samedi 11 juin, vers 11 heures du matin, la porte de la cave s'ouvre et un ordre fuse. 'Numéro 5 et numéro 6, toilette". (...) Cette fois, en haut des marches,le garde déclare: "Today, Paris". Hussein Hanoun doit revêtir une tunique blanche et Florence Aubenas "la tenue traditionnelle des femmes en Irak, la grande robe noire et le voile noir. Dans quelques heures, ils seront libres", détaille Libération. "Ils ont sorti une caisse dans laquelle étaient rangés des sachets en plastique comme à la consigne d'une prison. (...) Ils m'ont rendu mon sac à main avec tous mes papiers, l'argent dans mon portefeuille. Un garde m'a dit: 'Nous avons préparé des cadeaux pour toi'. Ils m'ont offert deux bagues et une bouteille de parfum", se souvient la journaliste.
Du côté français, selon Libération, tout est prêt pour les accueillir. (...) Un passeport a même été établi au nom de Florence Aubenas pour qu'elle puisse quitter le territoire irakien en toute légalité.
Puis vient le moment de quitter cette "prison". Les ravisseurs élaborent un scénario pour tromper la vigilance des Américains et des forces de sécurité irakiennes. C'est aux autorités françaises que les deux otages doivent être remis. Le signal du départ est donné par un message lu par Florence Aubenas dans un enregistrement transmis aux autorités françaises par téléphone.
"C'est fini, c'est fini"
La voiture qui doit les emmener arrive à 16 heures, soit cinq heures après que leur garde leur ait annoncé leur libération. Le scénario, lui, évolue. "Finalement, tu seras la femme du chauffeur. Si quelqu'un te parle, tu te mets à pleurer, on dira que tu es en dépression", explique-t-on à Florence Aubenas. Le monospace ne sera pas contrôlé. Un homme sort bientôt la journaliste du véhicule. "C'est fini, c'est fini". Florence Aubenas se retrouve entre les mains de responsables de la DGSE.
Dès lors, sa famille et le directeur de Libération, Serge July, sont informés de la bonne nouvelle, qui n'est pas rendue publique avant que la journaliste n'ait quitté le sol irakien. Ce sera chose faite le lendemain, après une ultime péripétie à l'aéroport de Bagdad, fermé pour cause de tempête de sable.
A Libération, un bureau couvert de fleurs Florence Aubenas a fait un passage lundi soir au siège de Libération. "Elle est rentrée à Paris en fin d'après-midi et est passée au journal tard vers 21 heures", a indiqué Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction du quotidien. Son amie et collègue Dominique Simonnot raconte qu'elle est arrivée en disant "salut" et a "commencé à distribuer les blagues, à se moquer des gens (...) Elle était telle qu'en elle-même, exactement comme on l'a vue sur le tarmac", a commenté Dominique Simonnot. "On était peu nombreux au journal, à cette heure, on a trouvé très généreux sa façon de raconter les choses, avec ce recul. Il n'y a pas de pathos", a-t-elle expliqué. "Ils l'ont battue pour un oui pour un non", témoigne son amie. La journaliste est allée voir son bureau situé au 7ème étage, sur le plateau France. Son bureau était recouvert de fleurs, "les fleurs que tout le monde a envoyées, celles de l'Ambassade du Koweit, un énorme bouquet de lys".
TF1.fr vous propose de suivre à partir de 16h en direct vidéo la conférence de presse de Florence Aubenas.
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