© INTERNESi sa déclaration de politique générale était déjà quasiment calée, le Premier ministre a tenu à consacrer sa journée de mardi à prendre le pouls de la majorité et à afficher sa volonté d'écoute. De fait, la nouvelle de sa nomination à Matignon avait été fraîchement accueillie par certains élus de la majorité, qui lui reprochent notamment d'avoir été l'un des artisans de la dissolution ratée de 1997 et lui préféraient Nicolas Sarkozy.
Tous, "libéraux" comme "sociaux", attendaient en tout cas d'être consultés avant le discours programme du successeur de Jean-Pierre Raffarin, à défaut de peser sensiblement sur sa feuille de route. A moins de deux ans de la présidentielle et des législatives, nombre d'entre eux pensent à leur réélection et, s'ils attendent un nouvel élan, tous ne lui donnent pas le même contenu, en matière économique et sociale notamment.
Tour à tour, Dominique de Villepin a reçu mardi à Matignon les éléphants de la majorité (Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Debré, Christian Poncelet...) à l'heure du petit-déjeuner, puis déjeuné avec les présidents des groupes de la majorité à l'Assemblée et au Sénat (UMP, UDF, radicaux) avant de rencontrer les présidents des commissions. Il était ensuite attendu au Palais-Bourbon pour un entretien en tête-à-tête avec le président de l'Assemblée, Jean-Louis Debré, avant d'aller à la rencontre de l'ensemble des députés UMP.
"Est-ce qu'il entend ? "
Si ses interlocuteurs ont refusé le plus souvent de dévoiler la teneur de leurs entretiens avec le Premier ministre, la plupart, tel le chef de file des députés UMP Bernard Accoyer, ont salué la "détermination" de M. de Villepin "à prendre en compte le ressenti des parlementaires, mais également leurs suggestions pour peu qu'elles aient un intérêt, même modeste, en faveur de l'emploi". Représentant de l'aile "sociale" de la majorité, le sarkozyste Pierre Méhaignerie, qui espère voir retenues ses propositions en faveur notamment d'un coup de pouce à la prime pour l'emploi, s'est montré lui aussi assez satisfait. "Je pense qu'il a une grande qualité : il écoute. Est-ce qu'il entend ? On verra demain", a-t-il lancé.
L'UDF, elle, n'a pas attendu. Elle "ne prendra pas part au vote" de confiance au gouvernement Villepin, a annoncé mardi le député UDF Rudy Salles à l'issue d'une réunion des parlementaires centristes au Sénat. IL a précisé que "cette décision avait été prise unanimement après que l'ensemble des parlementaires aient pu s'exprimer". C'est la première fois de la législature que l'UDF ne vote pas la confiance au gouvernement.
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