L'UDF sanctionne Robien

le 14 juin 2005 à 21h06 , mis à jour le 15 juin 2005 à 13h15

Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement, a été exclu mardi des instances dirigeantes de son parti pour sa présence au sein de l'équipe de Dominique de Villepin.

Bayrou Robien © INTERNE

Le conflit couvait depuis plusieurs jours. Il a éclaté mardi soir avec la publication d'un communiqué de l'UDF : Gilles de Robien est suspendu de ses responsabilités dans les instances exécutives du parti. Il en était jusqu'alors l'un des cinq vice-présidents, membre du comité exécutif et du Bureau politique. Motif de la sanction : sa participation au gouvernement. Gilles de Robien, actuel ministre de l'Education nationale, est en effet le seul membre UDF de l'équipe de Dominique de Villepin. Il était aussi le seul ministre UDF dans les gouvernements Raffarin, où il était chargé des Transports et de l'Equipement.

"Gilles de Robien, ayant choisi de participer au gouvernement en contradiction avec les décisions des instances compétentes de l'UDF, le Comité exécutif réuni le 14 juin a constaté à l'unanimité que cette situation entraînait sa suspension de ses responsabilités dans les instances exécutives de l'UDF", a indiqué François Sauvadet, porte-parole de l'UDF.

Pour un député UDF joint par tf1.fr mercredi matin , "cette suspension est logique et la conséquence d'une décision personnelle de Gilles de Robien. Mardi soir, lors du comité exécutif , aucun des trente participants ne s'est élevé contre, deux d'entre nous voulaient même aller plus loin. Et puis cette affaire, sincèrement, les Français s'en fichent". L'unité est donc apparemment revenue chez les centristes, après les débats internes qui ont suivi le vote de confiance au gouvernement Villepin. "Chez nous, on débat, c'est normal" affirme cet élu. 9 députés sur 31 avaient enfreint la consigne du parti en votant la confiance.

"Je suis UDF et je suis au gouvernement"

Mardi matin, lors de son point de presse hebdomadaire, François Sauvadet avait demandé à Gilles de Robien de "clarifier sa position" sur sa présence au gouvernement et d'expliquer que c'était "un choix personnel", en ne participant plus "aux instances dirigeantes" du parti. "C'est d'une simplicité angélique. Je suis UDF et je suis au gouvernement", avait répliqué le ministre quelques heures plus tard . La crise était dès lors presque consommée...

L'entourage de François Bayrou a toujours considéré la présence de Gilles de Robien au gouvernement Raffarin comme n'engageant pas l'UDF, qui a toujours conservé sa liberté de parole. François Bayrou avait annoncé le 31 mai, deux jours avant la formation du gouvernement de Dominique de Villepin, que l'UDF avait décidé "de ne pas participer" à la nouvelle équipe gouvernementale, après "en avoir délibéré avec (ses) responsables". Devant la "crise gravissime" de la France, il fallait "une démarche différente et une rupture. Au lieu de cette rupture, c'est la continuité qui a été choisie", avait alors déclaré le président de l'UDF. Mercredi dernier, il avait refusé de voter la confiance à Villepin qui venait de prononcer son discours de politique générale. Après la nomination de Robien au poste de l'Education nationale, Bayrou avait affirmé dimanche que ce dernier participait au gouvernement à "titre personnel".

Le président de l'UDF, qui sera de nouveau le candidat de son parti en 2007, n'a cependant pas opté pour une option radicale, ce qu'aurait constitué l'exclusion pure et simple de Gilles de Robien. Même s'il dénonçait il y a quelques jours "la logique de l'UMP", se déclarant "de plus en plus loin des choix qui sont faits" au sommet de l'Etat, Bayrou a choisi ainsi de ménager ses relations avec le gouvernement et le principal parti de la majorité dont sont issus tous les autres ministres.

"Toute la confiance" de l'exécutif

Gilles de Robien a "toute la confiance du président de la République et du Premier ministre" pour son "travail remarquable", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, au lendemain de la suspension des instances dirigeantes de son parti du seul ministre UDF de l'équipe Villepin. La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, à sa sortie du conseil des ministres,  a "déploré" la décision de l'UDF ; quant à Gilles de Robien, il a éludé les questions d'un "Je ne sais pas de quoi vous parlez". Côté UDF, Maurice Leroy a jugé que son parti avait "tiré les leçons de ce qui s'était passé".

Photo d'ouverture : Gilles de Robien, au côté de François Bayrou - archives

le 14 juin 2005 à 21:06
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11 Commentaires

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  • Christophe, le 15/06/2005 à 13h40

    Pour F. Bayrou, les 55 % de non au référendum, le chômage, la crise du politique, il n'y a qu'un seul responsable : De Robien. Il ne faut pas s'étonner que F. Bayrou est fait 7% aux dernieres présidentielles.

  • Patrice, le 15/06/2005 à 12h55

    On devrait ouvrir une école maternelle à l'assemblée nationale. On y mettrait tous ceux qui veulent jouer à "t'es plus mon copain", comme Sarkozy, Chirac, Hollande, Bayrou et autres.

  • Laurent, le 15/06/2005 à 09h57

    Politique quand tu nous tiens. Il semble évident que les ambitions de François Bayrou pour 2007 sont aujourd'hui les seuls et uniques soucis de l'Etat Major de l'UDF. Partant du principe que seul celui qui ne fait rien ne fait pas d'erreur, Monsieur Bayrou souhaite attendre sagement 2007. Le fait que Monsieur de Robien participe au gouvernement va à l'encontre de ce principe et risque donc de faire de Monsieur Bayrou un "collaborateur" même indirect de Jacques Chirac. Il n'y a pas de doute, la campagne électorale pour 2007 a bien été lancée.

  • Philippe, le 15/06/2005 à 09h14

    Bayrou devient fou et minable à se réfugier dans ses positions d'attaque systématiques, de non implication dans le concret et de démagogie. Il se retrouve à la table des besancenot, mélenchon etc. Répugniant.

  • Jacques, le 15/06/2005 à 09h03

    J'ai plus beaucoup de sympathie pour l'UMP (après 25 ans de militantisme au sein des partis gaulliste) mais il faut bien reconnaitre que depuis les dernières élections présidentielles M. BAYROU (animé par l'unique ambition personnelle moteur de son action politique) n'a eu de cesse de jouer contre son camps, puisqu'il semble désireux de se passer de l'UMP, qu'il se rassure les electeurs UMP seront se rappeler de lui en 2007, les français sont trop intelligents pour le porter au 2ème tour, mais si les divisions le favorisaient les electeurs UMP sauront se souvenir de son mépris et de ses trahisons.

  • Leclercq Denis, le 15/06/2005 à 08h50

    Je pense que dans cette histoire Monsieur De Robien aurait dû avoir un peu de courage politique et un peu d'amour propre en démissionnant des instances dirigeantes de son parti comme aurait dû le faire un autre personnage politique dans un autre parti avant qu'on le démissioner.Les grands hommes ont disparu....En tout cas bravo Mr Bayrou pour votre honnêteté et votre courage.Ne regrettez pas Monsieur De Robien :il vous fait perdre tout crédit en s'alliant à des loosers qui n'auront rien à proposer d'original et vont une fois de plus décevoir la population.Préparons les chemises noires.....

  • Philippe, le 15/06/2005 à 05h35

    Les chiens aboits , la caravane passe!

  • Sebastien, le 14/06/2005 à 23h47

    Ouais, c'est bien pitoyable tout ça...

  • Chris, le 14/06/2005 à 22h52

    Enfin ! Bon, allez François, maintenant on attend la troisième voie Made in France.

  • Claude P, le 14/06/2005 à 22h37

    Je pense que la liberté de pensée au PS comme à l'UDF n'a d'égal que la mégalomanie de leurs présidents

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