© INTERNELe conflit couvait depuis plusieurs jours. Il a éclaté mardi soir avec la publication d'un communiqué de l'UDF : Gilles de Robien est suspendu de ses responsabilités dans les instances exécutives du parti. Il en était jusqu'alors l'un des cinq vice-présidents, membre du comité exécutif et du Bureau politique. Motif de la sanction : sa participation au gouvernement. Gilles de Robien, actuel ministre de l'Education nationale, est en effet le seul membre UDF de l'équipe de Dominique de Villepin. Il était aussi le seul ministre UDF dans les gouvernements Raffarin, où il était chargé des Transports et de l'Equipement.
"Gilles de Robien, ayant choisi de participer au gouvernement en contradiction avec les décisions des instances compétentes de l'UDF, le Comité exécutif réuni le 14 juin a constaté à l'unanimité que cette situation entraînait sa suspension de ses responsabilités dans les instances exécutives de l'UDF", a indiqué François Sauvadet, porte-parole de l'UDF.
Pour un député UDF joint par tf1.fr mercredi matin , "cette suspension est logique et la conséquence d'une décision personnelle de Gilles de Robien. Mardi soir, lors du comité exécutif , aucun des trente participants ne s'est élevé contre, deux d'entre nous voulaient même aller plus loin. Et puis cette affaire, sincèrement, les Français s'en fichent". L'unité est donc apparemment revenue chez les centristes, après les débats internes qui ont suivi le vote de confiance au gouvernement Villepin. "Chez nous, on débat, c'est normal" affirme cet élu. 9 députés sur 31 avaient enfreint la consigne du parti en votant la confiance.
"Je suis UDF et je suis au gouvernement"
Mardi matin, lors de son point de presse hebdomadaire, François Sauvadet avait demandé à Gilles de Robien de "clarifier sa position" sur sa présence au gouvernement et d'expliquer que c'était "un choix personnel", en ne participant plus "aux instances dirigeantes" du parti. "C'est d'une simplicité angélique. Je suis UDF et je suis au gouvernement", avait répliqué le ministre quelques heures plus tard . La crise était dès lors presque consommée...
L'entourage de François Bayrou a toujours considéré la présence de Gilles de Robien au gouvernement Raffarin comme n'engageant pas l'UDF, qui a toujours conservé sa liberté de parole. François Bayrou avait annoncé le 31 mai, deux jours avant la formation du gouvernement de Dominique de Villepin, que l'UDF avait décidé "de ne pas participer" à la nouvelle équipe gouvernementale, après "en avoir délibéré avec (ses) responsables". Devant la "crise gravissime" de la France, il fallait "une démarche différente et une rupture. Au lieu de cette rupture, c'est la continuité qui a été choisie", avait alors déclaré le président de l'UDF. Mercredi dernier, il avait refusé de voter la confiance à Villepin qui venait de prononcer son discours de politique générale. Après la nomination de Robien au poste de l'Education nationale, Bayrou avait affirmé dimanche que ce dernier participait au gouvernement à "titre personnel".
Le président de l'UDF, qui sera de nouveau le candidat de son parti en 2007, n'a cependant pas opté pour une option radicale, ce qu'aurait constitué l'exclusion pure et simple de Gilles de Robien. Même s'il dénonçait il y a quelques jours "la logique de l'UMP", se déclarant "de plus en plus loin des choix qui sont faits" au sommet de l'Etat, Bayrou a choisi ainsi de ménager ses relations avec le gouvernement et le principal parti de la majorité dont sont issus tous les autres ministres.
"Toute la confiance" de l'exécutif Gilles de Robien a "toute la confiance du président de la République et du Premier ministre" pour son "travail remarquable", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, au lendemain de la suspension des instances dirigeantes de son parti du seul ministre UDF de l'équipe Villepin. La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, à sa sortie du conseil des ministres, a "déploré" la décision de l'UDF ; quant à Gilles de Robien, il a éludé les questions d'un "Je ne sais pas de quoi vous parlez". Côté UDF, Maurice Leroy a jugé que son parti avait "tiré les leçons de ce qui s'était passé".
Photo d'ouverture : Gilles de Robien, au côté de François Bayrou - archives
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