Valeo : contrefaçon dérobée, départ négocié

Par P.M., le 10 juin 2005 à 16h05 , mis à jour le 10 juin 2005 à 16h12

L'équipementier automobile s'est récemment séparé de son responsable de la lutte anti-contrefaçon. L'intéressé est suspecté d'avoir commis un acte "pénalement répréhensible" dans le cadre de ses fonctions.

automobile chaine montage © INTERNE

Placée sous le feu des projecteurs médiatiques, il y a quelques semaines, pour avoir porté plainte contre une stagiaire chinoise pour "intrusion frauduleuse dans un système automatique de données", la société Valeo fait une nouvelle fois parler d'elle.

Libération, qui dévoile l'affaire, écrit jeudi que l'équipementier automobile s'est récemment séparé de son responsable de la lutte anti-contrefaçon au motif qu'il se serait livré à "un acte pénalement répréhensible". Au contraire, l'intéressé, Nicolas L., affirme qu' "un salarié est censé prendre toute mesure pour défendre l'utilisation abusive des actifs" de son entreprise. Explications.

Le salarié éconduit dit à Libération avoir déniché, en septembre 2004, sur un salon de pièces mécaniques à Francfort, le stand d'une société de Dubaï (Emirats-arabes-unis) proposant des pièces contrefaites. Il affirme avoir dérobé plusieurs de ces pièces ainsi que "le cahier de salon", un document sensible qui présente "les cartes de visite des gens venus sur le stand". "Le genre d'infos que la police et les douanes recherchent désespérément", insiste-t-il.

"Rien à déclarer"

Selon lui, "beaucoup d'entreprises chinoises" apparaissaient sur ce cahier (Valeo possède neuf usines dans le pays), de même que "des plaquettes d'entreprises identifiées comme potentiellement dangereuses". A son retour, il informe donc sa hiérarchie. Surprise : une semaine plus tard, il est mis à pied à titre conservatoire. Une procédure de licenciement est même engagée.

Protégé par son statut de membre du comité d'entreprise, Nicolas L. obtient le soutien de l'instance ainsi que celui de l'inspection du travail qui s'oppose à son licenciement. Finalement, il a négocié son départ le mois dernier. Curieusement, "les pièces et les documents" qu'il avait subtilisées "auraient été renvoyés aux contrefacteurs", écrit Libération. Interrogée, la direction de Valéo affirme n'avoir "rien à déclarer" .

Par P.M. le 10 juin 2005 à 16:05
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

11 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Stephane, le 14/06/2005 à 12h27

    Regle numéro 1 avant de transmettre ce genre de doucment dangereux : faire une photocopie et la conserver. S'il l'avait fait, il aurait pu alerter les actionnaires de Valeo, la DGSE ou la DST (une grosse partie du boulot des "espions" modernes est la lutte contre le piratage industriel), sur la possible existence d'accords secrets de piratage autorisé.

  • Pol, le 13/06/2005 à 22h11

    C'est vraiment le monde à l'envers ! il ne faut pas s'étonner que les gens ne restent plus fidèles à leur entreprise.

  • Lui, le 13/06/2005 à 16h42

    Le mot "Valeo" veut dire en latin" Je vais bien" or en ayant affaire de loin ou de près avec cet équipementier automobile on remarque très vite que Valeo est très malade, tous les sites sont très mal dérigés et c'est vraie les employées sont des pions jettables, . Le monde est plein de sites Valeo mais dans chaque site tout le monde se méfier de tout le monde, du coup il n'y a jamais d'espris d'équipe....

  • Russell, le 12/06/2005 à 05h53

    Vivant en Asie, je puis dire que c'est la Direction de Valéo qui devrait être licenciée car elle n'a rien compris aux manières asiatiques qui sont "sans règles"

  • Justicier, le 11/06/2005 à 03h35

    Tout betement, ce licencié a mis le nez dans un accord secret passé entre dubai et des plus haut places que lui chez valeo...Et ce responsable n'a rien de mieux a faire que de voler comme un voleur des documents ? La prochaine fois, il suivras la procedure a la place de mettre en peril un partenariat secret entre valeo et les pays du golfe...Il s'est pris pour james bond....

  • Lionel, le 11/06/2005 à 02h00

    Je travaille dans une entreprise privee francaise affecte a la region Asie et suis surpris de l'action de Valeo car me concernant ce genre de pratique est une consigne, pour sur non ecrite de ma herarchie, mais la collecte de renseignement n'a pas de limite, ne plus est la legalite. Alors concernant cette personne deux possibilites : Valeo est vraiment trop honnete, ou alors cette personne etait dans la ligne de mire pour d'autre raisons et Valeo profite de ce fait pour le licencier. Me concernant quand je reviens avec ce genre de renseignement on me donne une prime.

  • Robert, le 10/06/2005 à 22h08

    Oui, je confirme, nous sommes traités comme des moins que rien. Cadre dans une SSII c'est l'usine, et pour tout remerciement "si vous n'êtes pas content X personnes attendent dehors. J'ai travaille des semaines de 50 heures, comme beaucoup pour finir les prjets et ce pour toutes les boîtes pour qui j'ai bossé, maintenant je ne le ferai plus. Le seul remerciement que l'on m'a donné c'est encore plus de travail avec O% d'augmentation depuis 6 ans.

  • Martine, le 10/06/2005 à 19h46

    La finance c est pareil : un monde de requins

  • Baptiste, le 10/06/2005 à 18h26

    Il est incontestable que ce salarié a commis des infractions. S'il peut prouver que sa hiérarchie encourageait ce genre de pratique, alors il pourra être blanchi. Sinon, il a tort et sa société a bien fait de le mettre à la porte.

  • XXX, le 10/06/2005 à 17h25

    Bonjour. Je confirme car je travaille moi-même chez un constructeur de voitures de luxe et c'est la chaise musicale! :( En 2 ans, j'ai eu nombre de collègues qui sont partis, ont démissionné voire encore mieux... Un responsable pourrissait tellement leur vie qu'ils partaient! Le monde de l?automobile... j?ai jamais vu plus rapace !

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience