© DRRetrouvez notre dossier consacré aux régulateurs de vitesse
Hicham Draa contre-attaque. Au lendemain de la remise d'un rapport d'experts à la justice, l'automobiliste, qui affirme avoir été victime d'une panne du régulateur de sa Renault Vel Satis, s'est défendu vendredi d'être "un affabulateur" lors d'une conférence de presse. "Plusieurs personnes ont rencontré le même problème. Je suis indigné du comportement de Renault, de cette obstination à dire qu'il n'y a pas eu de problème", a-t-il déclaré au cabinet de son avocat Me Abed Bendjador, à Tours. Ce dernier a renchéri : "Les conclusions des experts ne nous étonnent pas. On s'y attendait un peu". Et de souligner "la complexité du sujet - nous sommes dans un domaine très complexe avec l'électronique, l'informatique" et "l'intervention préalable de Renault dans son centre qui laisse toujours une suspicion". Avant de conclure : "La situation mérite pour l'instant analyse. Nous apprécierons ensuite".
Les experts chargés de contre-expertiser la Vel Satis avaient remis la veille leur rapport au tribunal de grande instance de Bourges. Ils "avaient pour mission de s'assurer de l'absence de toute intervention susceptible d'avoir altéré les conditions d'examen du véhicule, de se prononcer sur la réalité des faits rapportés par le conducteur et d'examiner toutes les hypothèses envisageables", avait rappelé un communiqué du TGI, tout en précisant "qu'il ne peut être fait aucun autre commentaire de source judiciaire".
Un rapport repoussé à deux reprises
Mais un communiqué du constructeur avait rapidement pallié cette absence de commentaire de source judiciaire, alors même que le texte du rapport n'était pas encore dévoilé. "Les investigations sur un plan technique du véhicule Vel Satis (...) et les essais de ce véhicule sur piste écartent tout dysfonctionnement qui aurait pu se produire sur la fonction régulation de vitesse", indiquait Renault. "Les experts judiciaires relèvent par ailleurs que 'l'examen de l'ensemble des calculateurs ne révèle pas d'indices pouvant être à l'origine d'une manipulation de ces derniers, antérieure à (leurs) investigations", ajoutait le communiqué. Ces résultats "confirment les investigations et les essais routiers menés par 40 ingénieurs et techniciens Renault qui travaillent sur le régulateur de vitesse depuis huit mois", soulignait pour sa part le directeur qualité de la marque, Yann Vincent.
Ces conclusions, attendues depuis des mois, avaient déjà été repoussées à deux reprises. Christian Handurand et Philippe Mussy, experts auprès de la cour d'appel de Bordeaux et de Grenoble, devaient remettre leur rapport avant le 15 janvier. Mais ils avaient demandé un report de quatre mois puis d'un mois supplémentaire "en raison de la complexité des équipements électroniques de la voiture et pour finaliser la rédaction du rapport". Avant eux, le 5 octobre dernier, soit deux jours à peine après les faits, le constructeur avait déjà procédé à une première expertise dans son technocentre de Guyancourt (Yvelines). Au bout de quelques heures d'analyse à peine, un expert indépendant n'avait constaté "aucun dysfonctionnement, tant sur les organes électroniques, mécaniques ou hydrauliques".
Le constructeur avait alors pris les devants en introduisant, le 10 octobre, un référé devant le Tribunal de grande instance de Bourges afin d'obtenir la saisine d'un expert automobile agréé auprès des tribunaux. Renault avait par ailleurs annoncé qu'il comptait intenter "une action en justice". Jeudi, commentant la remise du rapport de contre-expertise, le directeur qualité de Renault a assuré que "la confiance et la satisfaction de nos clients restent au centre de nos préoccupations" et indiqué que la marque travaillait à "rendre encore plus simple l'utilisation de ce dispositif" et ouvrait une plateforme de renseignements téléphoniques.
Photo d'ouverture : le conducteur de la Renault Vel Satis, lors de sa conférence de presse à Tours - DR
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