© afpLors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Dominique de Villepin a assuré mercredi avoir entendu les "souffrances" des Français, "leurs impatiences et leurs colères", et qu'il entendait "fixer les repères, tracer la voie, remettre la France en marche". Pour lui, le vote du 29 mai au référendum européen, qui a vu la victoire du non, "n'est pas l'expression d'une France contre une autre". Rendant hommage à son prédécesseur, le nouveau locataire de Matignon a d'abord assuré que "le cap des lois votées par le Parlement sera tenu". Ce sera le cas, "dans un esprit de dialogue", pour la réforme de l'école. Le nouveau Premier ministre s'est ensuite lancé dans l'énumération des principales mesures, économiques pour la plupart, dont il veut marquer son mandat. "S'inspirer d'expériences réussies dans l'Union, bien entendu, a-t-il précisé plus tard, revenir sur les acquis fondamentaux, certainement pas !"
Pour les moyens budgétaires, le constat est là : le gouvernement, a-t-il reconnu, dispose de "marges de manœuvre budgétaire étroites". Mais il s'est aussitôt dit convaincu de "les reconquérir pas à pas". Cela impliquera, comme on le pressentait, une "pause dans la baisse de l'impôt sur le revenu", promise par Jacques Chirac en 2002.
Un nouveau contrat de travail
Du point de vue économique, Dominique de Villepin a annoncé trois mesures pour "libérer la capacité d'embauche des très petites entreprises", notamment la mise en place à compter du 1er septembre d'un nouveau type de contrat de travail à durée indéterminée : "le contrat 'nouvelle embauche'", conciliant "plus de souplesse pour l'employeur et de nouvelles sécurités pour le salarié". Plus généralement, il a confirmé sa volonté de "parvenir à la suppression des charges patronales de Sécurité sociale au niveau du Smic à l'horizon 2007".
Sur l'emploi, plus particulièrement, auquel la France consacrera "un effort supplémentaire de 4,5 milliards d'euros en 2006", Dominique de Villepin va proposer le versement par l'Etat d'une prime de 1000 euros aux personnes "au chômage depuis plus d'un an et bénéficiant de minima sociaux" qui reprendront une activité. Il a demandé en contrepartie que les "dispositifs" existant pour sanctionner les "abus" de certains chômeurs soient "appliqués par le service public".
"Grands chantiers"
Il compte par ailleurs demander à l'ANPE de recevoir "individuellement" les 57 000 jeunes au chômage depuis plus d'un an "avant la fin septembre" pour leur proposer un emploi en entreprise, un contrat d'apprentissage ou un contrat non marchand. Les jeunes prenant un emploi dans un secteur "connaissant des difficultés de recrutement" bénéficieront d'un crédit d'impôt de 1000 euros. Pour accélérer l'entrée en vigueur, le Premier ministre va demander au Parlement en juin l'autorisation de prendre par ordonnances "avant le 1er septembre" des mesures d'ordre législatif sur l'emploi.
Précisant un autre pan de son modèle économique, le Premier ministre a expliqué qu'il voulait "relancer les grands chantiers d'infrastructures", notamment ferroviaires et routiers. Il s'est toutefois engagé à ce que "les dépenses n'évoluent pas plus vite que l'inflation en 2006" et à employer "tous les instruments" pour favoriser "l'investissement et le pouvoir d'achat". La lutte contre l'inflation sera réalisée, notamment, en "menant à son terme la réforme de la loi Galland afin de faire profiter les consommateurs d'une baisse des prix de la vie quotidienne".
15 000 places de crèche
Du point de vue social, en matière de logement, le Premier ministre a indiqué que "les cessions de terrain aux bailleurs sociaux seront exonérées de plus-values". "15 000 places de crèches supplémentaires seront prochainement créées", a-t-il aussi promis.
S'adressant à son ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin l'a exhorté à poursuivre la "lutte difficile" contre les violences, les trafics et à "mieux protéger nos concitoyens contre les multirécidivistes". '"Aujourd'hui, a-t-il conclu, notre plus grand risque, c'est l'immobilisme et la division" et "notre premier devoir, le rassemblement". Un appel au rassemblement lancé, au-delà de sa propre majorité, aux élus de l'opposition.
En fin de journée, Dominique de Villepin a obtenu la confiance de l'Assemblée nationale par 363 voix contre 178 et 4 abstentions. Le groupe UMP, qui détient à lui seul la majorité absolue, avait appelé à voter la confiance au gouvernement, alors que le PS et le PCF avaient appelé à voter contre, et que l'UDF avait choisi de ne pas participer au vote.
(Photo AFP : Dominique de Villepin à l'Assemblée)
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