
Dix jours après le rejet massif du traité constitutionnel européen par les Français, Dominique de Villepin a déclaré mercredi, dans son discours de politique générale, que "la France, pays fondateur, tiendra toute sa place au sein de l'Union" européenne et qu'elle "respectera ses engagements". Le Premier ministre a également affirmé devant les députés que "l'aventure ne s'arrête pas" avec le non français à la Constitution européenne et que "notre rêve européen sortira renforcé des épreuves".
"L'Europe s'est construite sur l'économie et le pragmatisme. Désormais, les peuples réclament plus d'humanité, plus de protection : davantage de sécurité dans leur travail, une attention accrue aux questions d'environnement, une meilleure défense des valeurs de respect et d'égalité des chances", a-t-il noté. "Le sens de l'Europe se trouve dans ses valeurs. Il ne se construit pas par la seule force du marché", a-t-il affirmé.
Dominique de Villepin a plaidé pour une "politique économique forte" de l'Europe, la défense de la "préférence européenne, comme le font tous les autres grands blocs économiques". Il a appelé de ses voeux de "nouvelles perspectives comme l'harmonisation fiscale" ou "l'union avec l'Allemagne dans des domaines choisis ensemble".
"Connaître les règles du jeu"
"Les Françaises et les Français n'ont pas peur de l'Europe, ils veulent connaître les règles du jeu et participer à leur définition (...) et savoir où va (l'Europe)", a souligné le chef du gouvernement. "L'élargissement rapide du continent a surpris nos compatriotes. Ils en comprennent la légitimité et la nécessité historiques, mais ils en craignent les conséquences économiques et sociales", a-t-il estimé en invitant les Européens à se "donner le temps" pour "mieux se connaître" après l'entrée de dix nouveaux pays dans l'UE le 1er mai 2004.
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