© TF1Grand oral crucial pour Dominique de Villepin. Après sa série d'entretiens, lundi, avec les partenaires sociaux, et mardi, avec les politiques, le nouveau Premier ministre prononce ce mercredi à 15 heures son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Sur cette déclaration, dans laquelle il doit dévoiler les pistes qu'il entend suivre en matière économique et sociale, Dominique de Villepin a obtenu du Conseil des ministres l'autorisation d'engager la responsabilité de son gouvernement.
A propos des outils qu'il compte employer pour gagner la "bataille pour l'emploi", déclarée priorité absolue de son gouvernement, le nouveau Premier ministre est resté jusqu'à présent plutôt discret. Les objectifs chiffrés (création de 800.000 emplois en un an) et les moyens (poursuite de la baisse des charges pour les entreprises, relance de l'économie sociale) évoqués lundi par La Lettre de l'Expansion ont été démentis par Matignon.
Les "pistes" de Villepin, les inquiétudes des syndicats
Donnant simplement quelques pistes sur sa politique dans un entretien au Journal du Dimanche, le Premier ministre s'est voulu à la fois volontariste et rassurant : "Nous ne changerons pas notre modèle social. Il s'agit de l'adapter à l'évolution du monde", a-t-il déclaré, en promettant des "décisions avant l'été" dans la lutte contre le chômage. Demandant à être jugé "sur ses actes" et promettant des "résultats rapides", le successeur de Jean-Pierre Raffarin ne s'est pas référé au modèle anglo-saxon : "il y en a d'autres. Regardez le Danemark et ses mesures tout à fait originales, plus respectueuses de l'exigence sociale", a-t-il souligné. Mais cette comparaison a elle aussi été jugée dangereuse, dès lundi, par la CFE-CGC qui a mis en garde contre l'importation de modèles sociaux étrangers "clefs en main"...
Les centrales syndicales, méfiantes face à un gouvernement qui pourrait donner une tournure plus libérale à sa politique, ont entrepris de se concerter toute la semaine. Elles ne se sont pas privées lundi d'affirmer fermement leur position lors de leur passage à Matignon. "Si le gouvernement imagine que la réponse au malaise social, c'est donner plus d'insécurité, il s'est complètement planté", a déclaré au sortir de sa rencontre avec le Premier ministre le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, qui a ouvert la série d'entretiens. "On lui a dit très clairement qu'il était temps de faire taire les ultras, ceux de la majorité et ceux du gouvernement", a renchéri Jacques Voisin (CFTC). Si le gouvernement cherche à remettre en cause le droit du travail, "ce sera la rue", a-t-il averti. A prendre également comme un coup de semonce : l'appel à une journée d'initiatives et d'actions avec manifestations et arrêts de travail pour défendre l'emploi industriel et les salariés, lancé pour ce mercredi par la confédération CGT et huit fédérations CGT.
Dominique de Villepin devrait avoir moins de mal à convaincre les députés. Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Bernard Accoyer s'est dit vendredi dernier "persuadé" que l'ensemble des élus UMP voterait la confiance au gouvernement Villepin. Certains députés, furieux que Jacques Chirac n'ait pas nommé Nicolas Sarkozy à Matignon, avaient pourtant menacé mardi de ne pas voter la confiance au gouvernement Villepin. Mais c'était avant de savoir que le président de l'UMP entrait au gouvernement, et retrouvait le ministère de l'Intérieur... Après l'Assemblée, le Sénat sera appelé jeudi à approuver cette déclaration de politique générale par vote.
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