
Il fallait prendre en compte le non des français au référendum, il fallait changer de gouvernement, il va falloir désormais changer aussi de politique. C'est ce qu'a affirmé Nicolas Sarkozy, coiffé de sa casquette de président de l'UMP, lors de son discours aux cadres du parti ce samedi. "Changer les hommes, c'est une étape. Elle était indispensable. Elle ne sera pas suffisante si elle ne s'accompagne pas d'un triple tournant: dans notre manière de faire de la politique, dans notre stratégie économique, dans l'appréciation que nous devons porter sur notre modèle social et ses nécessaires évolutions", a déclaré le ministre de l'Intérieur.
Comme le fera plus tard dans l'après-midi le Premier ministre, Nicolas Sarkozy a joué le rapprochement avec son possible rival pour la présidentielle de 2007 : "Le président de la République a choisi Dominique de Villepin comme Premier ministre. C'est son choix, c'est sa responsabilité, c'est sa décision. Dans la Ve République, c'est le président qui désigne le Premier ministre. Et peu importe qu'il ait pu exister d'autres possibilités", a-t-il déclaré.
Un congrès d'investiture
Mais l'annonce la plus importante de ce discours fut celle de la tenue d'un congrès des adhérents de l'UMP en janvier 2007 pour désigner le candidat qui sera soutenu par son parti à l'élection présidentielle. Pour désigner celui ou celle "qui parmi nous pourra le mieux rassembler", a-t-il déclaré.
"D'ici à juin 2006, nous organiserons chaque mois une convention thématique pour préparer notre projet législatif 2007. En septembre 2006, un conseil national donnera les investitures à nos candidats aux législatives et à la plupart de ceux qui le seront pour les municipales de 2008".
"Chef de la majorité"
Reprenant un à un les thèmes qu'il avait développés dans sa déclaration de politique générale à l'Assemblée, Dominique de Villepin s'est par ailleurs félicité d'avoir "la chance immense" de compter dans son gouvernement Nicolas Sarkozy, "un homme d'énergie, de talent", avec lequel il a "un lien de cœur et d'estime".
Soulignant qu'en tant que Premier ministre, il était "chef de la majorité", il a indiqué avoir "une responsabilité particulière qui est celle du rassemblement". "Croyez bien que je serai fidèle, tout comme vous, à cette exigence", a-t-il promis. "Tout au long de notre histoire, chaque fois que notre mouvement a soutenu le gouvernement, nous avons gagné", a-t-il lancé dans ce qui pouvait s'apparenter à une mise en garde.
(Image LCI : Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, main dans la main samedi à la réunion des cadres de l'UMP)
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