
"Tous ceux qui dans notre pays ont des intentions qui ne correspondent pas aux valeurs de notre pays, aux valeurs républicaines, au respect de la démocratie doivent être éloignés de notre territoire". Dénués de toute ambigüité, ces propos, mercredi, du directeur général de la police nationale Michel Gaudin, illustrent la détermination du ministère de l'Intérieur près de quinze jours après les sanglants attentats de Londres.
D'après le travail des Renseignements généraux (RG), "une dizaine d'imams, majoritairement maghrébins, mais aussi Turcs", installés dans les régions de Lyon, Marseille ou Paris, sont susceptibles de subir les foudres du ministère de l'Intérieur qui a récemment parlé d'expulsions ou déchéances de nationalité ceux qui prônent un "discours violent et intégriste".
"Jeunes en échec social"
Une source policière citée par l'AFP affirme que les religieux sous surveillance sont "des salafistes et de zélateurs du Turc Metin Kaplan", condamné en juin à la prison à vie dans son pays. Une dizaine de "référents idéologiques", français pour partie, ont également été repérés. Ils useraient de leur "charisme" pour s'entourer de "jeunes en situation de déshérence et d'échec social", comme avait pu le faire une "cellule" installée dans le XIXème arrondissement de Paris, démantelée au printemps dernier et qui était composée de candidats au djihad en Irak.
Sur les 1.500 lieux de culte musulmans répertoriés en France, "un peu moins d'une quarantaine" sont sous influence salafiste, avec "des discours qui vont d'un fondamentalisme classique à des thèses plus violentes", incitant à la haine raciale ou au djihad, selon une source policière. Ces trois dernières années, les autorités françaises ont expulsé 40 personnes dont 10 imams radicaux. Depuis le début de l'année 2005, 11 personnes ont dû quitter le territoire, dont un imam.
Une attention particulière est actuellement portée sur certains d'entre eux qui sont entrés en contact avec des islamistes condamnés à la fin des années 90 et récemment sortis de prison. Les intégristes "savent qu'on prête attention aux prêches et sont prudents. Cela se passe dans les couloirs des lieux de culte, dans les associations", dit un policier. Outre les imams, sont également surveillés des associations et des commerces souvent installés dans les banlieues sensibles, magasins de téléphonie, librairies, sociétés de sécurité, restauration rapide etc. Les associations de labellisation de la viande halal sont l'objet de toutes les attentions.
Un arsenal répressif |
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