
Passée l'amère déception, la presse française qui souligne un choix politique et économique avec ce succès personnel de Tony Blair dans la victoire de Londres sur Paris pour l'organisation des JO de 2012, met l'accent sur le revers de Jacques Chirac. "Le choix de Londres est politique", insiste le quotidien populaire France Soir qui s'en prend aux méthodes de vote du CIO, notant "des décisions choquantes qui n'ont plus aucun rapport avec le sport et encore moins avec les exigences d'un dossier de candidature". Le journal "regrette l'existence de dés pipés et de promesses non tenues". "Chapeau Tony (...) Comme le succès va au succès, le non va au non. Côté Français, les JO étaient trop vécus comme un opportun paravent pour masquer la panne nationale", écrit Jean-Michel Thénard dans le quotidien Libération.
"Marketing agressif"
"Minée de l'intérieur par son immobilisme, la France n'a même plus la cote sur la scène internationale. Comme si son prestige était fané. Après le non au référendum du 29 mai, la décision du CIO fait figure de guillotine. (...) Tony Blair vole de succès en succès", souligne Yves Thréard dans les colones du Figaro. Dans la Croix, Dominique Quinio souligne que "l'image d'une Grande-Bretagne gagnante se confirme ; celle de la France n'en tire pas le bénéfice espéré, ni le coup de fouet économique tant attendu." "Que retenir ? Que Londres la miraculée, conduite par l'emblématique Sebastian Coe, a su jouer de tous les registres offerts par ces failles, d'un marketing agressif à la plus pure démagogie, qui a consisté à assurer un futur à la jeunesse du monde déshérité. Plus que 'limite'...", relève Claude Droussent dans le quotidien sportif L'Equipe.
"La baraka du charismatique Tony Blair"
"Si la France perd ce jeu, c'est que son rayonnement international s'est gravement détérioré", constate Le Parisien - Aujourd'hui en France. "La France qui patine, c'est une réalité, sur le plan social comme sur le plan économique. En face, la baraka du charismatique Tony Blair, récemment réélu, militant pour une Europe moderne et à qui décidément tout sourit à la tête d'une nation dont la dynamique n'est plus à prouver", écrit François-Xavier Pietri dans La Tribune. "L'autre message de Singapour, c'est que le monde ne veut plus jouer avec nous. C'est une leçon de modestie qui s'adresse à nous tous et au premier d'entre nous", constate Gilles Sengès dans Les Echos.
"Le modèle Blair est en train de s'imposer"
Dans la presse quotidienne regionale, Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées) insiste sur le même ton : "On n'arrive même plus à les compter, les défaites de Chirac". "Après trois déroutes électorales consécutives, puis celle du référendum, Singapour va lui offrir l'ultime humiliation du dîner d'ouverture du G8 dont l'hôte est Tony Blair", commente l'éditorialiste. "Le moderne 'modèle Blair' est en train de s'imposer en Europe sur le vieillissant 'modèle français'", explique Gilles Dauxerre dans la Provence. Dans Sud-Ouest, Bruno Dive martèle qu' "il n'en demeure pas moins que cette victoire de Londres à l'arraché symbolise et accélère la prédominance en Europe et sur la planète des Anglo-saxons, de leur langue, de leur diplomatie et de leur 'modèle' économique." "Mais le président de la République, cette fois, aura du mal à incarner un indispensable sursaut : après la déroute du 29 mai, le KO de Singapour lui a sans doute porté un coup fatal", affirme Olivier Picard dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. "Une page sportive, mais aussi politique, s'est tournée hier", explique l'éditorialiste.
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