
Lors d’un débat de censure sans surprise mardi à l’Assemblée, le Premier ministre a fustigé le "fatalisme" et la "résignation" de la gauche et l'opposition stigmatisé la politique économique et sociale du g ouvernement. Le texte déposé par le groupe socialiste pour protester contre la décision du Premier ministre de recourir aux ordonnances pour l'application de son plan d'urgence pour l'emploi n'a recueilli que 174 voix. Il lui en fallait 289, la majorité absolue, pour être adoptée. Seuls les socialistes, les communistes, les radicaux de gauche et les Verts l'ont votée.
Le débat de censure a été marqué par des attaques particulièrement virulentes contre le président Jacques Chirac et le gouvernement de la part de Jean-Marc Ayrault et Jacques Bruhnes (PCF) mais également de la part du président du groupe UDF, Hervé Morin. Toutefois, les centristes n'ont pas voté la censure. Les trois hommes, dans des termes pratiquement identiques, ont dénoncé une "crise de régime" et un système "à bout de souffle" et réclamé une réforme des institutions.
"J'entends vos canons, mais quelle est votre vision ?"
Dans sa réponse, Dominique de Villepin a qualifié la motion de censure de "choix incongru" face à l'enjeu de la bataille pour l'emploi et a accusé la gauche de "céder à la fuite en avant" et de "donner de la canonnière". "J'entends vos canons, mais quelle est votre vision, quelle est votre politique ? Personne, ici, ne le sait", a lancé le chef du gouvernement pour qui cette motion était "déconnectée de la vie, de la réalité, du peuple".
"En déposant une motion de censure, vous avez fait un choix incongru, un choix incompréhensible pour beaucoup de Français. Vous prétendez censurer un gouvernement qui, depuis 35 jours, s'efforce d'apporter des réponses pragmatiques à leurs attentes, un gouvernement qui veut répondre à l'urgence tout en préparant l'avenir, un gouvernement qui entend concilier initiative et solidarité", a-t-il souligné
Selon M. de Villepin, les Français ne demandent ni "immobilisme", ni "idéologie", ni "polémiques" mais attendent "un gouvernement responsable, qui assume ses choix et ses décisions". "C'est ce que je fais aujourd'hui à la tête d'un gouvernement de service public", a-t-il martelé. A la veille du choix de la ville qui accueillera les JO de 2012, il a lancé : "faisons preuve tous ensemble d'esprit olympique, c'est-à-dire d'esprit français". "Que proposez-vous de votre côté ?", a-t-il lancé aux intervenants de l'opposition. "Au lieu d'un projet, je ne vois qu'un réquisitoire".
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