Corse : des enfants jouent avec une bombe

le 24 juillet 2005 à 08h51 , mis à jour le 24 juillet 2005 à 09h17

Trois enfants ont découvert et manipulé au risque d'être tués, samedi près d'Ajaccio, un engin explosif qui visait un relais de France Télécom et dont le dispositif de mise à feu n'a pas fonctionné.

carte corse © INTERNE

Les faits se sont déroulés samedi à Porticcio, une station balnéaire corse extrêmement fréquentée. "Nous sommes passés très près du drame", a déclaré le procureur de la République d'Ajaccio, José Thorel. Une fille et deux  garçons, âgés d'environ 15 ans, se promenaient à proximité d'une fête foraine quand ils ont aperçu  un engin. Les deux garçons se sont exclamés : "Oh, une bombe!" avant de s'en approcher tandis que la fille s'en est prestement écartée, a raconté une source policière. Elle a raconté avoir vu ses  deux amis "tirer une prise" sur l'engin et elle a immédiatement avisé une  patrouille de gendarmes qui passait non loin, selon les premiers témoignages des  enfants.

"Cet engin, un bidon de 5 litres rempli d'un mélange explosif, sur lequel était fiché un pain d'explosif relié à un minuteur électrique était éminemment dangereux et instable, un léger coup pouvait déclencher une impulsion électrique qui l'aurait fait exploser et les enfants auraient sûrement été tués au vu de l'importance de la charge", a expliqué un responsable de la police. "Dans tous les cas, c'est un miracle, car n'importe quelle manipulation pouvait remettre en route le minuteur, qui n'avait pas fonctionné pour une  raison indéterminée, mais, cette fois, avec un temps de retard de zéro", a estimé un responsable de la police.

L'hypothèse la plus probable, selon ces sources, est que l'engin était  destiné à exploser dans la nuit de vendredi à samedi, mais il n'est pas totalement exclu qu'il ait pu être déposé dans la journée. La tentative d'attentat n'a été ni signée, ni revendiquée. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie et a confié l'enquête à la  Direction nationale antiterroriste (DNAT) et à la police judiciaire d'Ajaccio. L'acte intervient au lendemain de la visite en Corse du ministre de  l'Intérieur Nicolas Sarkozy qui a annoncé que l'Etat poursuivait sa politique de  fermeté à l'égard des "poseurs de bombes cagoulés", qu'il a qualifiés de "lâches" devant les élus de l'Assemblée de Corse.

le 24 juillet 2005 à 08:51
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