© AFPCe n'était donc pas une déclaration "à chaud", mais une conviction publiquement "assumée". Faisant face aux critiques, Bertrand Delanoë a réaffirmé mardi matin sur Europe 1 que les règles fixées par le Comité international olympique (CIO) n'avaient "pas été respectées par Londres" pour la désignation du pays organisateur des JO de 2012.
Et le maire de Paris de dénoncer le "forcing de Londres" avec, dans le désordre, un Tony Blair qui, "contrairement aux règles, a reçu des dizaines de membres de CIO dans sa suite" ou une capitale britannique "qui a promis des billets d'avions et des dollars aux comités nationaux olympiques". Autant d'abus qui, selon Bertrand Delanoë, auraient dû être sanctionnés par le CIO. Mais celui-ci aurait fait preuve de mansuétude, se contentant d'une "petite tape sur les mains de Sebastian Coe", l'ancien athlète et patron du projet londonien.
"Des petits politiciens qui n'y connaissent rien…"
Résultat, selon le candidat malheureux : le combat entre Paris et Londres ne s'est pas joué à armes égales. "Vous rentrez sur un terrain, l'arbitre vous fixe des règles, et une seule équipe les respecte", dénonce-t-il. Mais, au détour d'une phrase, il reconnaît : "Rien ne me permet de dire qu'il y a eu de la corruption". Changement de cap par rapport à ses propos, prononcés la veille, lorsqu'il affirmait, sybillin, que le comité d'organisation avait "fait un choix, notamment par rapport à la corruption" ? De nombreux observateurs y avaient vu une accusation à peine voilée contre la candidature londonienne qui, elle, n'aurait pas été aussi exemplaire.
Se défendant d'apparaître comme un mauvais perdant, Bertrand Delanoë a une nouvelle fois reconnu, mardi, la victoire londonienne, tout en ajoutant : "Cela n'interdit pas, après avoir salué le vainqueur, après avoir démontré à quel point j'étais solidaire des Londoniens, de faire une analyse". Le maire de Paris n'a pas apprécié "l'entreprise de dénigrement de Paris et de notre candidature" provenant d'une partie de "la droite parisienne", des "choses inadmissibles" dites notamment par le patron de l'UMP dans la capitale, Claude Goasguen, qui, selon le maire, "ne connaît rien au dossier et dénigre Paris en croyant servir sa carrière politique". "Et vous voulez qu'aujourd'hui je ne défende pas notre travail face à des petits politiciens qui n'y connaissent rien ? ", s'est-il enflammé sur Europe 1.
Jean-Claude Killy, ancien champion de ski et actuel membre du Comité international olympique (CIO), y est allé de son petit conseil amical en direction du maire de Paris : "Je suis un sportif et quand on perd une compétition on s'en tient là, on salue le vainqueur et dit que l'on fera mieux la prochaine fois".
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