soldats français de l'opération "Licorne" face à des "Jeunes Patriotes", partisans de Laurent Gbagbo, en train de manifester violemment © LCIL'affaire tombe mal pour une institution judiciaire dans la tourmente. Deux soldats français condamnés pour un hold-up en Côte d'Ivoire ont en effet été libérés de prison par erreur. Vendredi, la Chancellerie a fait savoir que le garde des Sceaux Pascal Clément avait dépêché une enquête administrative de l'Inspection des services pénitentiaires à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne) pour connaître les circonstances de la libération de ces deux militaires, mardi dernier.
Denis Journaut et Alexandre Valat, poursuivis aux côtés de 10 autres soldats de la force d'intervention Licorne pour vols et recels commis dans une banque dont ils avaient la garde avaient été condamnés le 21 juin à un an d'emprisonnement ferme par le tribunal aux armées. Un appel ayant été interjeté par le parquet général, ils n'étaient pas censés sortir de Fresnes, où ils étaient détenus depuis environ 9 mois au titre de la détention provisoire, sauf à en faire la demande devant la cour d'appel de Paris. Malgré cela, ils ont été remis dehors.
Selon l'avocate de l'un d'eux, Me Françoise Cotta, qui se réjouit de cette libération, "il s'agit probablement d'une erreur du greffe de la prison". Selon elle, les deux militaires ont peu après leur remise en liberté rejoint leur caserne de Mourmelon, où ils se trouveraient toujours actuellement.
Iinsultes"
Du côté de la Chancellerie, où l'incident est jugé regrettable, on indique que "le garde des Sceaux a aussitôt réagi en demandant à l'Inspection des services pénitentiaires de se rendre sur place, afin de voir o est l'erreur". Cette affaire est d'autant plus embarrassante pour le ministère de la Justice que Pascal Clément lui-même s'était impliqué dans le dossier en annonçant dans les médias, au lendemain de la condamnation des 12 soldats, qu'il entendait faire appel d'un jugement qu'il ne trouvait pas assez sévère.
Cette erreur survient en outre dans un contexte exacerbé de fronde contre l'institution judiciaire, lancée par Nicolas Sarkozy. La semaine dernière, le ministre avait estimé que le juge qui a accordé la libération conditionnelle à l'un des meurtriers présumés de Nelly Crémel - en réalité trois magistrats - devait "payer" pour sa "faute". Lundi, il a également déclaré qu'il sentait "monter la colère de beaucoup de
gens" à la suite de la libération de trois caïds présumés du milieu grenoblois, relâchés à la suite d'une erreur de procédure du juge d'instruction. Fâchés de ces attaques répétées, quelque 200 magistrats et avocats se sont réunis vendredi sur les marches du palais de justice de Paris, expliquant qu'ils ne voulaient pas "assumer chaque jour des déclarations d'insultes et de mises en cause".
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