Esclavage domestique : la France condamnée

le 26 juillet 2005 à 15h58 , mis à jour le 26 juillet 2005 à 16h04

La Cour européenne des droits de l'homme a condamné mardi la France pour n'avoir pas suffisamment réprimé un cas d'esclavage domestique dont avait été victime entre 1994 et 1998 une jeune Togolaise employée sans rémunération par un couple parisien.

henriette © INTERNE

Même si elle reconnaît ses progrès en la matière, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné la France mardi pour non respect de "l'interdiction du travail forcé" dans l'affaire Siliadin, du nom d'une jeune Togolaise exploitée quinze heures par jour pendant cinq ans par un couple de Parisiens aisés. La juridiction du Conseil de l'Europe "relève que l'esclavage et la servitude ne sont pas en tant que tels réprimés par le droit français" et estime que la législation française en vigueur à l'époque n'a pas assuré à la jeune fille"une protection concrète et effective contre les actes dont elle a été victime".

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    Publié le 06/11/2009 Esclavage domestique : du sursis pour un couple
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Les juges étaient saisis du cas de Siwa-Akofa Siliadin, prénommée de façon usuelle "Henriette", et âgée aujourd'hui de 26 ans. La plaignante, arrivée en France en France en 1994 à l'âge de 15 ans, avait été employée sans aucune rémunération jusqu'en juillet 1998 comme "bonne à tout faire" par une famille aisée auprès de laquelle elle avait été placée avec la promesse d'une scolarisation et d'une régularisation de sa situation administrative.

L'article 225-14 modifié

Le 15 mai 2003, la cour d'appel de Versailles avait condamné les époux à verser 15.245 euros de dommages et intérêts à la jeune femme, considérant, conformément à l'article 225-13 du code pénal, le couple coupable d'avoir fait travailler une "personne dépendante et vulnérable" sans la rémunérer. Elle avait en revanche estimé que ses conditions de travail et d'hébergement n'étaient pas incompatibles avec la dignité humaine tel que prévu par l'article 225-14.

La Cour européenne des droits de l'homme prend note du durcissement de la législation française introduit par la loi du 18 mars 2003 dans les domaines relevant du travail forcé ou de l'esclavage. Les articles 225-13 et 225-14 du code pénal punissent désormais de cinq ans de prison et de 150.000 euros d'amende le fait de profiter de l'état de vulnérabilité ou de dépendance d'une personne pour en obtenir des services non ou insuffisamment rémunérés ou pour lui imposer des conditions de travail ou de vie "incompatibles avec la dignité humaine".

le 26 juillet 2005 à 15:58
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6 Commentaires

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  • FRECHET, le 26/07/2005 à 17h47

    On devrait entendre plus souvent la chanson de Pierre Perret " LILY" à la radio : une sorte de " mémoire permanente " de ce qu'il y a de déguelasse encore souvent chez nous, le pays des Droits de l'Homme, comme on aime à le répeter à tout bout de champ!...

  • Sophie, le 26/07/2005 à 17h19

    Il est evident que ce sont que les familles aisées, ne voulant pas en "lacher un"! qui se servent de ce type de personne comme Cendrillon...... pour ma part je cherche une femme de ménage déclarée????? y a quelqu'un? :o)

  • Pascal, le 26/07/2005 à 17h06

    Hum!!!15245 euros pour 4ans de travail soit 317 euros par moi, je trouve que ces tortionnaires s'en sorte plus que bien!!! Mais bon on commence à bien connaitre la justice française "liberté, egalité et surtout beaucoup de pognons!!!!

  • Clamart, le 26/07/2005 à 16h56

    A EDCFC Navrant comme réflexion Niveau 0 La douleur de cette victime ne mérite pas ce genre de propos, hors de propos

  • COLASSIN, le 26/07/2005 à 16h37

    Honte à ces sales profiteurs. Honte à ces femmes qui veulent une bonne gratis prodeo. La veulerie humaine n'a parfois pas de bornes et surtout chez les "gens aisés". Jeannine - Bruxelles

  • Rdd, le 26/07/2005 à 16h22

    Bien fait !!! Savoir que la plupart de ces tarés sont nos supérieurs dans les entreprises vous donne à peine une petite idée de nos conditions de travail.

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