© INTERNEAbdelhamid Aissaoui, 41 ans, Algérien, était suspecté de se livrer à des activités occasionnelles d'imam dans diverses mosquées de la région Rhône-Alpes, en particulier celle du 7ème arrondissement de Lyon gérée par l'association culturelle des musulmans de France, et d'y tenir des propos radicaux. Arrêté lundi soir à la gare de Lyon Perrache, au cours d'un des contrôles mis en place dans le cadre du plan Vigipirate à son niveau "rouge", il a été expulsé samedi après-midi après que l'OFPRA eut rejeté définitivement sa demande d'asile selon la procédure d'urgence.
Son expulsion entre dans le cadre des mesures d'expulsions ou de déchéances de nationalité évoquées récemment à plusieurs reprises par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, contre les tenants de "discours violents et intégristes". Déjà condamné à 4 ans de prison pour sa participation à la tentative d'attentat contre le TGV à Chasse-sur-Rhône (Isère) le 26 août 1995, puis à l'interdiction du territoire français le 26 janvier 1999, Abdelhamid Aissaoui faisait partie de la dizaine d'imams radicaux ciblés par les Renseignements généraux.
"Un "imam occasionnel", je ne sais pas ce que c'est"
"Cet homme n'était pas l'imam officiel de la mosquée et un "imam occasionnel", je ne sais pas ce que c'est", a réagi dimanche Azzedine Gaci, le nouveau président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes (CRCM) et membre de l'UOIF, proche des Frères musulmans. Moins catégorique, Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon, ancien président de CRCM, a indiqué : "il est possible qu'Aissaoui ait remplacé l'imam deux ou trois fois. Abdelkader Bouziane, un autre imam expulsé, avait aussi fait des remplacements dans cette mosquée". La mosquée où Abdelhamid Aissaoui aurait prêché de temps en temps, selon les Renseignements Généraux (d'où le terme "d'imam occasionnel" utilisé par le ministère de l'Intérieur), a "toujours été très indépendante et très autonome" et "il était difficile de savoir qui était l'imam", selon le recteur de la grande mosquée de Lyon.
Néanmoins les deux hommes se rejoignent pour souligner que ce nouveau cas d'imam expulsé repose la question de la formation et du statut des imams. "On ne peut pas en permanence critiquer et montrer du doigt les imams extrémistes, sans aider ceux qui font leur travail correctement, qui encouragent les musulmans à vivre en paix avec leur environnement et qui se sentent blessés par ces affaires", a plaidé Kamel Kabtane. Il a appelé les responsables politiques à prouver qu'il y avait "une véritable volonté politique d'aider la communauté musulmane à former ses imams".
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