Laurent Fabius, candidat au rassemblement (LCI/2005) © LCI/2005)Laurent Fabius a pris le ton du président. Du candidat à la présidence, à tout le moins. Devant 2000 cadres et militants socialiste, réunis dans ses terres du Grand-Quevilly, le député de Seine-Maritime a énuméré ses "lignes d'action" pour les mois à venir: "Une République nouvelle, un Etat à l'autorité tranquille, une Europe politique et solidaire ; un PS porteur d'un projet volontaire et crédible pour progresser et protéger ; une gauche rassemblée".
A la table d'honneur de ce banquet avaient pris place, outre des fabiusiens de longue date, les anciens ministres Marie-Noëlle Lienemann et André Laignel, qui ont rallié M. Fabius. A quatre mois du congrès du PS, sans doute au Mans, le dirigeant socialiste a critiqué "les attaques injustes contre d'autres formations" de gauche venues du PS pendant la campagne référendaire, sans citer nommément le premier secrétaire François Hollande.
"Si on pense vraiment que ses propres alliés sont des passéistes, des populistes, voire des xénophobes, alors avec qui bâtira-t-on le rassemblement?", s'est interrogé l'ex-numéro 2 du PS, évincé de la direction le 4 juin dernier. Selon Fabius, "ces comportements peuvent inquiéter s'ils indiquent un flottement stratégique, ils inquièteraient encore davantage s'ils annonçaient un changement d'alliances".
"Un projet socialiste"
Laurent Fabius a promis, par opposition à Lionel Jospin en 2002, que "notre projet sera socialiste", c'est-à-dire selon lui : "un emploi, un logement, un savoir". Il a brocardé le gouvernement de Villepin, dont "l'échec est déjà inscrit au bout du chemin". La premier objectif est selon lui une "progression du pouvoir d'achat" et "des rattrapages salariaux dans le secteur public comme dans le privé".
Le dirigeant socialiste s'est aussi fait l'avocat de "la social-écologie, c'est-à-dire la prise en compte simultanée des exigences sociales, économiques et environnementales pour bâtir un développement vraiment durable". Au passage, il a refusé, en matière d'immigration, "le recours à des quotas, ce qui serait à [s]es yeux inacceptable".
Réaffirmant, à propos de la construction européenne, ses positions défendues pendant la campagne référendaire, il a demandé à "certains dirigeants" de ne pas "chercher à justifier a posteriori leur propre 'oui' par un blocage envers envers toute solution alternative future". A son arrivée dans la salle, l'élu local avait été ovationné aux cris de "Laurent, Laurent!", mais aussi de "Fabius, président".
(Image LCI : Laurent Fabius lors de son banquet)
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