Des femmes de ménage poursuivies pour covoiturage

Par Isabelle BOUSSAGUET, le 27 juillet 2005 à 12h00 , mis à jour le 27 juillet 2005 à 12h32

Des femmes de ménage françaises travaillant au Luxembourg ont décidé de faire du covoiturage pour se rendre à leur travail. Une initiative économique que n'a pas apprécié leur ancienne compagnie d'autobus qui les assigne au tribunal pour " concurrence déloyale ".

Les petites voitures arrivent en tête du palmarès des voitures volées

L’histoire est à peine croyable et pourtant elle se passe en France, en Lorraine plus précisément, non loin de la frontière luxembourgeoise. Là-bas, une dizaine de femmes de ménage ont choisi le covoiturage pour se rendre quotidiennement à leur travail au Luxembourg. Ce moyen leur permet d’économiser du temps et de l’argent par rapport à l’autobus qui assure ce trajet. Jusque là rien d’anormal. Sauf que leur ancien transporteur, qui s’estime victime de « concurrence déloyale », a décidé de porter plainte et réclame des dommages et intérêts aux travailleuses.
« Juridiquement, c’est une aberration totale. A ce compte là toutes les personnes qui pratiquent le covoiturage peuvent s’attendre à être traduites devant les tribunaux », ironise Me Cécile Klein-Schmitt qui assure la défense des femmes de ménage..

La compagnie Transports Schiocchet réclame aux salariées de la société de nettoyage Onet, une condamnation à une astreinte de 5000 euros par « infraction » constatée au motif que le covoiturage constitue une « concurrence déloyale et parasitaire ». Le transporteur a chiffré son manque à gagner à près de 2 millions d’euros.
Mais ce n’est pas tout. Il réclame à la justice la saisie des véhicules des femmes de ménages, histoire de mettre définitivement fin à ce covoiturage qui l’indispose. Jamais à cours d’arguments, l’autocariste poursuit également le mari de l’une d’elles qui participait au transport et donc à ce « trafic » qui lui nuit.

Les employées d’Onet sont stupéfaites. Jamais elles n’auraient imaginé que leur nouveau moyen de transport les amènerait devant les tribunaux. Ce système était pour elles la solution toute trouvée pour faire des économies et avoir des horaires convenables car avec l’autobus, il leur arrivait de rentrer chez elles à minuit. « Outre le fait que cela nous revient beaucoup moins cher, notre temps de transport est passé de 1h30 à 30 minutes par trajet » explique Mme Logiudice, l’une des femmes de ménage.

Mme klein-Schmitt, pour qui toute cette histoire est surréaliste, estime que le transporteur a peu de chance d’obtenir gain de cause. Mme Logiudice, de conclure : « J’aurais été la première a continuer a prendre l’autocar, plus sûr et moins fatiguant que la voiture, si l’autocariste avait bien fait son boulot. »

(Photo d'ouverture : photo d'archives)

Par Isabelle BOUSSAGUET le 27 juillet 2005 à 12:00
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51 Commentaires

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  • Gotics, le 27/07/2005 à 19h35

    Je conseille aux femmes de ménage de porter plainte contre l'autocariste pour monopole sur la ligne de bus qu'elles empruntées. Là, elles auraient plus de crédibilité.

  • Nazim, le 27/07/2005 à 18h48

    Ce qui est scandaleux c'est qu'un tribunal est jugé la plainte recevable et qu'un avocat ai accépté de plaider pour la compagnie. A moins qu'une de ces ménagères prenait une rémunération en échange, ce qui s'appelle un taxi clandestin.

  • Nicole, le 27/07/2005 à 17h56

    Celle là c'est la meilleure de l'année, on aura tout vu et pourquoi pas assigner en justice les cyclistes, les motos et les piétons aussi? C'est du n'importe quoi!!! quelle honte

  • Sabrina, le 27/07/2005 à 17h31

    TOUT SIMPLEMENT DEBILE ! Ces bonnes femmes ont bien intérêt de se retourner contre ce débile mentale qui ne cherche visiblement qu'à vouloir se débarasser d'elles...et en prétendant avoir un pactole à la clé avec ça !

  • David, le 27/07/2005 à 17h08

    Joli coup de pub pour la compagnie de bus.....

  • Patrice, le 27/07/2005 à 17h05

    Ben oui, c'est pas de la concurrence libre et non faussée. Elles devraient former une entreprise déposée à la chambre du commerce et payer des impôts sur ce mode de transport.

  • Michel, le 27/07/2005 à 16h59

    Etrange approche commerciale que celle de cette compagnie de transport... Plus personne va prendre ces bus quelle que soit l'issue... Ils méritent la faillite. Manque plus que la SNCF attaque en justice tous les Français qui utilisent la voiture..

  • Cyrille, le 27/07/2005 à 16h53

    A mon avis, vu le comportement de ce patron, les 2 millions d'euros sont dûs à autre chose que 4 ou 5 personne en co-voiturage, et ca va pas s'arranger, car pour un coup de pub, c'est un coup de pub. J'espère que la justice sera compréhensive pour elles et agressive pour ce patron qui doit mettre ces emplyées dans un état de culpabilité immorale. Et pourtant je suis moi même patron.

  • Nathalie, le 27/07/2005 à 16h43

    A ce compte, la France rejoindrait les Etats Unis dans leur course aux proces et si le convoiturage est un delit prejudiciable aux societes de transport, ce transporteur devrait egalement poursuivre en justice toutes les societes faisant beneficier leurs employes d'un vehicule de fonction et tout etre humain qui se deplace en vehicule personnel pour se rendre sur son lieu de travail! On croit rever en lisant de pareilles inepties!

  • Cédric, le 27/07/2005 à 16h31

    Ce sujet devrait apparaitre dans votre rubrique "insolite"!! Incroyable!!

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