Frais d'inscription : "Un conseil, soyez vigilants !"

Par Propos recueillis par David STRAUS, le 28 juillet 2005 à 13h55 , mis à jour le 29 juillet 2005 à 10h38

L'université peut-elle réclamer des frais de bibliothèque ? Ou d'accès aux salles informatiques ? Bruno Julliard, président de l'UNEF, donne quelques conseils aux nouveaux inscrits. Il souhaite que les abus disparaissent avant la rentrée.

[Expiré] [Expiré] etudiants dans bibliothèque de l'iep Paris (AFP) © AFP

tf1.fr : L'UNEF estime que 46 universités françaises réclament pour la rentrée prochaine des frais d'inscriptions complémentaires illégaux. Comment les étudiants peuvent-ils les distinguer des frais obligatoires ?

Bruno Julliard, président de l'UNEF : La loi autorise les universités à demander, en plus des droits nationaux fixés par le gouvernement, des sommes donnant droit à des prestations facultatives, déterminées et non indispensables à la poursuite des études. En principe, ces frais supplémentaires doivent être clairement distingués des frais obligatoires au moment du règlement du chèque par l'étudiant, ce qui n'est pas toujours le cas. L'étudiant ne doit pas se contenter d'un explicatif flou du type : "support pédagogique supplémentaire" ou "prestations matérielle". Pas question non plus de payer des "droits de gestion administrative" : l'université reçoit de l'argent de l'Etat pour cela. Mais les intitulés sont parfois plus douteux.

tf1.fr : Que conseillez-vous aux étudiants qui s'inscrivent ?

B.J. : Je leur dis : "Soyez vigilants". Tout étudiant, surtout les nouveaux inscrits, devrait se renseigner auprès des anciens ou des syndicats pour vérifier que les frais correspondent bien à une prestation. Ainsi est-il légal de réclamer aux étudiants, s'ils le veulent, 10 euros pour 1000 photocopies ou 30 euros pour le prêt d'un ordinateur portable. En revanche, une université ne doit pas faire payer l'accès à une salle informatique ou à un parking qui, dans les faits, seraient en libre service. Idem pour les bibliothèques qui peuvent d'ailleurs être considérées comme une mission fondamentale de l'université. Il est aussi scandaleux de faire payer "une aide à l'orientation professionnelle" ou à "la mobilité internationale", qui sont aussi des missions habituelles de l'université. Les inscrits ne doivent pas accepter de payer ces sommes, même si on leur donne l'assurance qu'elles leur seront remboursées.

tf1.fr : En refusant de payer ces sommes, les étudiants ne s'exposent-ils pas à des refus d'inscription ?

B.J. : A Grenoble 2, où nous avons dénoncé des frais illégaux, des milliers d'étudiants ont refusé de mettre la main à la poche et, à ma connaissance, aucun n'a essuyé un refus d'inscription. Dans le cas inverse, nous aurions soutenu des recours administratifs. Mais l'UNEF souhaite un règlement politique de ce dossier. Gilles de Robien a publiquement condamné les frais d'inscriptions illégaux. Le ministre a promis d'y mettre fin dès cette rentrée. Nous serons très attentifs en septembre, prêts à la mobilisation. Cela ne règlera pas le problème du financement des universités qui est à l'origine de cette pratique illégale. C'est pourquoi nous réclamons également au ministre des mesures budgétaires fortes pour assurer l'accès de l'enseignement à tous.

"La vie étudiante de plus en plus onéreuse"

Bruno Julliard : "Les frais obligatoires eux aussi sont en hausse ces dernières années. Ainsi, les droits nationaux décidés par le ministre ont-ils augmentés de 30% en dix ans. S'il n'y a plus de différence entre les différentes filières, il coûte plus cher de s'inscrire en master qu'en licence. L'UNEF souhaite une homogénéisation."
"Les étudiants doivent aussi faire face à une augmentation de l'adhésion à la Sécurité sociale qui est passée cette rentrée de 180 à 186 euros. L'UNEF est favorable au maintien de ce régime spécifique mais s'inquiète de la hausse constante des primes. A cela, il faut ajouter la flambée des loyers et l'augmentation de 3% du ticket de restaurant universitaire. Globalement, le coût de la vie étudiante s'est renchéri de 4%, soit plus que l'inflation."
"Nous réclamons des mesures d'urgences visant à accroître le nombre de bénéficiaires des bourses et la revalorisation de leur montant dès la rentrée prochaine. Nous attendons avec impatience le rapport parlementaire sur les aides sociales pour les étudiants prévus pour décembre prochain."

(Image d'archives AFP)

Par Propos recueillis par David STRAUS le 28 juillet 2005 à 13:55
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14 Commentaires

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  • Seb, le 29/07/2005 à 14h52

    C'est marrant, y'a pas eu autant de chahut l'an dernier quand les droits d'inscription de paris 6 ont augmenté de 50 euros pour financer le passage à la lmd signé par les syndicats. la fac n'a pas assez de pognon, c'est clair, l'état dépense deux fois plus pour un étudiant de "grande" école que pour un étudiant de faculté. j'ai du mal à y trouver une raison. pour le rigolo de dallas, on a pas trop de pb pour trouver du taffe ici non plus en sortant d'un master, faut juste avoir le bon. ici, la majorité des jeunes font des études (ce qui n'est pas le cas aux USA), du coup les diplomes sont moins recherchés. pis si tu veux comparer les chiffres d'ambauche à la sortie de harvard ou du mit, compare avec polytechnique, l'ens, hec ou l'ena, qu'on parle de la même chose.

  • Yann Germain, le 29/07/2005 à 11h56

    Il faut absolument sauvegarder la gratuité des universités !

  • Eliot, le 29/07/2005 à 11h21

    Tout à fait d'accord avec Mathieu de Toulouse, c'est à l'université de s'adapter au monde du travail et non pas l'inverse. Les syndicats à l'instar de l'UNEF font plus de la politique que de la défense des intérêts étudiants. Désolé, mais I.B.M. a davantage besoin d'informaticiens que de sociologues, n'en déplaise à certains!

  • THOMAS, le 29/07/2005 à 11h03

    J'entend dire et lis beaucoup de bétises, par ex que le budget de harvard en recherche est égal voire supérieur au budget de la France c'est n'importe quoi, nous avons d'excellentes universités qui souffrent d'un manque d'argent, c'est vrai, mais c'est une politique d'accés aux études pour tout le monde et il faut bien se débrouiller comme on peu d'autant que les boursier peuvent peu ou prou récupérer ces petits frais, la solidarité et un certain sens du partage ne circulent pas assez, que dire de la loi des 35 heures et de la notion de partage du travail qu'elle devait créer ! allez on est pas trop mal !

  • Patrice, le 29/07/2005 à 10h42

    Nazim, Dublin : Si les entreprises n'ont pas voulu reconnaître ta formation, pourquoi jettes-tu la faute à l'université ? Ou alors il fallait aller aux EU et débourser 30.000 euros pour tes études. Si le populisme, c'est vouloir donner à chaque jeune français la possibilité de suivre les études de son choix, je suis fier d'être populiste. Quant aux étudiants touristes, la plupart de dépasse pas la première année.

  • Nazim, le 29/07/2005 à 10h11

    Exactement Rob, moi miserable titulaire d'une maitrise en France (dans des conditions lamentables de travail et d'etude, au nom de l'agalite des chances et du populisme sauvage), je n'ai pas eu une seule opportunite d'emploi stable, digne de mes etudes. J'ai du m'expatrier dans un systeme anglo-saxon qui a su reconnaitre ce que je suis... A bon entendeur, hello!

  • JC, le 29/07/2005 à 10h01

    Tout à fait d'accord avec Matthieu. Cela dit on s'écarte un peu du sujet.

  • Jean, le 29/07/2005 à 09h16

    Le problème ne vient pas du fait que les universités réclament de l'argent, le problème est l'ILLEGALITE de cette pratique. A peine inscrits, les étudiants sont littéralement pris en otages par un système qui les oblige à payer toujours plus selon des taux parfois usuriers (photocopies à 1 euro, disquettes (piratées !) à 20 euros (exemples connus), etc. En français cela porte un nom: c'est de l'escroquerie. L'enseignement, quel qu'il soit, est censé éduquer les jeunes et les préparer à leur entrée dans la vie, pas leur apprendre à voler !

  • Pierre, le 29/07/2005 à 08h55

    Bien joué Rob, d'ailleurs à part les fils à papa, y a pas beaucoup d'américains dans les labos de recherche de universités américaines : 80% des doctorants (thésards) sont étrangers... et vive la fuite des cerveaux. La question n'est pas de suivre l'exemple américain ou pas, elle est de consacrer une part importante de nos moyens sur l'avenir.

  • Jean-Marie Dautelle, le 29/07/2005 à 08h44

    J'habite aux Etats-Unis depuis bientot 7 ans. J'ai maintenant 6 enfants (4 du meme age, quadruplets). Et bien que ma situation professionelle et financiere soit bonne (salaire annuel a 6 chiffres apres impots!), je compte rentrer en France bientot car je n'aurai pas les moyens de payer pour les etudes universitaires de mes enfants ici (environ 20-30000$ par an et par enfant). Il est rassurant de voir qu'en France on se preoccupe de maintenir l'acces a l'universite abordable pour tous et pour toutes.

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