© AFPtf1.fr : L'UNEF estime que 46 universités françaises réclament pour la rentrée prochaine des frais d'inscriptions complémentaires illégaux. Comment les étudiants peuvent-ils les distinguer des frais obligatoires ?
Bruno Julliard, président de l'UNEF : La loi autorise les universités à demander, en plus des droits nationaux fixés par le gouvernement, des sommes donnant droit à des prestations facultatives, déterminées et non indispensables à la poursuite des études. En principe, ces frais supplémentaires doivent être clairement distingués des frais obligatoires au moment du règlement du chèque par l'étudiant, ce qui n'est pas toujours le cas. L'étudiant ne doit pas se contenter d'un explicatif flou du type : "support pédagogique supplémentaire" ou "prestations matérielle". Pas question non plus de payer des "droits de gestion administrative" : l'université reçoit de l'argent de l'Etat pour cela. Mais les intitulés sont parfois plus douteux.
tf1.fr : Que conseillez-vous aux étudiants qui s'inscrivent ?
B.J. : Je leur dis : "Soyez vigilants". Tout étudiant, surtout les nouveaux inscrits, devrait se renseigner auprès des anciens ou des syndicats pour vérifier que les frais correspondent bien à une prestation. Ainsi est-il légal de réclamer aux étudiants, s'ils le veulent, 10 euros pour 1000 photocopies ou 30 euros pour le prêt d'un ordinateur portable. En revanche, une université ne doit pas faire payer l'accès à une salle informatique ou à un parking qui, dans les faits, seraient en libre service. Idem pour les bibliothèques qui peuvent d'ailleurs être considérées comme une mission fondamentale de l'université. Il est aussi scandaleux de faire payer "une aide à l'orientation professionnelle" ou à "la mobilité internationale", qui sont aussi des missions habituelles de l'université. Les inscrits ne doivent pas accepter de payer ces sommes, même si on leur donne l'assurance qu'elles leur seront remboursées.
tf1.fr : En refusant de payer ces sommes, les étudiants ne s'exposent-ils pas à des refus d'inscription ?
B.J. : A Grenoble 2, où nous avons dénoncé des frais illégaux, des milliers d'étudiants ont refusé de mettre la main à la poche et, à ma connaissance, aucun n'a essuyé un refus d'inscription. Dans le cas inverse, nous aurions soutenu des recours administratifs. Mais l'UNEF souhaite un règlement politique de ce dossier. Gilles de Robien a publiquement condamné les frais d'inscriptions illégaux. Le ministre a promis d'y mettre fin dès cette rentrée. Nous serons très attentifs en septembre, prêts à la mobilisation. Cela ne règlera pas le problème du financement des universités qui est à l'origine de cette pratique illégale. C'est pourquoi nous réclamons également au ministre des mesures budgétaires fortes pour assurer l'accès de l'enseignement à tous.
"La vie étudiante de plus en plus onéreuse" |
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(Image d'archives AFP)
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