© INTERNEIl y a une semaine, Gilles de Robien a publiquement condamné les frais d'inscriptions illégaux dans les universités. Le ministre a promis d'y mettre fin dès cette rentrée. Jeudi, l'Union nationale des étudiants de France lui fournit une première liste des moutons noirs. Et, si l'on en croit cette étude, le troupeau est de moins en moins immaculé. Quarante-six établissements sur 76 recensés – cinq universités ont échappé à la radiographie -, se seraient mis en infraction avec la loi. Celle-ci, rappelle le syndicat, n'autorise les frais supplémentaires que s'ils concernent des prestations facultatives et non indispensables pour la poursuite des études.
La poussée de fièvre a commencé à Grenoble 2. De nombreux étudiants ont alerté l'Unef sur le fait que l'université fait payer, selon les niveaux, entre 200 et 1200 euros, en plus des droits d'inscriptions fixés nationalement. "Des milliers d'étudiants ont été sensibilisés et ont refusé de mettre la main à la poche", a expliqué jeudi Bruno Julliard, président de l'UNEF. Mais le syndicat assure que "plus de 60% des universités sont aujourd'hui hors-la-loi et s'exposent à des recours contentieux". Trente-six d'entre elles pratiquent des dépassements de 7 à 50 euros, généralement affectés à des frais de fonctionnement.
Essentiellement en master
Mais dix autres, dont Grenoble 2, Aix Marseille 3, Saint-Etienne, Chambéry, Perpignan ou Toulouse 1, demandent des frais supplémentaires de 50 euros à 3500 euros, selon l'Unef qui précise qu'il existe dans ces cas une "volonté politique de faire payer aux étudiants le coût de leurs études et de les faire contribuer au développement de l'université". Le syndicat constate que ces établissements se situent pour la plupart en province ou dans la banlieue parisienne.
Toulouse 1 réclame ainsi 359 euros en 2e année de master (bac+5) et Aix-Marseille 3, 3500 euros en 2e année de master professionnel. De leur côté, l'université de Saint-Etienne facture 531 euros supplémentaires aux étudiants de master de droit des affaires (santé), celle de Chambéry 498 euros aux étudiants de sciences économiques et de gestion et Perpignan la même somme aux masters d'histoire de l'art. En queue du tableau des mauvais élèves, Montpellier 2, Paris 11 et Poitiers font payer 7,60 euros supplémentaires.
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