Grosse pression sur Jacques Chirac

Par , le 11 juillet 2005 à 11h49 , mis à jour le 11 juillet 2005 à 15h24

A trois jours de sa traditionnelle intervention du 14 juillet, le chef de l'Etat reçoit un feu d'artifice de "conseils" plus ou moins amicaux. Et l'UMP est loin d'être la plus indulgente.

[Expiré] [Expiré] Chirac l'Européen © AFP

"J'attends que le président de la République appelle le pays à un véritable sursaut, qu'il dise aux Français la vérité sur les défis que nous devons relever sans tarder, sous peine de déclin durable". Ce n’est pas le chef de l’opposition qui s’exprime ainsi mais le conseiller politique du président de l’UMP, un parti dont l’objectif fondateur était de soutenir l’action du chef de l’Etat. Mais pour beaucoup, à droite, il n’est plus vraiment question de défendre Jacques Chirac mais de prévenir une crise politique et sociale grave qui pourrait survenir avant 2007. Et le même François Fillon d’appeler à un « sursaut gaullien ». Nicolas Sarkozy, lui, file la métaphore médicale pour une classe politique qu’il juge dans le coma. «Réveillez-vous ! » a-t-il lancé dimanche à Perpignan.

Dans son face-à-face permanent avec Jacques Chirac, il n’est pas à douter que le locataire de l’Elysée aura pris également cette admonestation pour lui, tant le discours du ministre de l’Intérieur sonnait comme un réquisitoire contre des années d’immobilisme. "J'appelle à un tout petit examen critique qui ne fera pas de mal à l'image de la France (...) La France ne peut pas faire l'économie d'un travail sur elle-même que les autres ont fait (...) Le statut d'un pays n'est pas gravé dans le marbre", a-t-il martelé.

"Il n'a plus le choix des armes"

Alors que l’an dernier Nicolas Sarkozy devait encaisser tel l’employé un sévère rappel à l’ordre (« je décide, il exécute », il met aujourd’hui son patron sous pression maximale. Quelle sera la réponse élyséenne jeudi ? Nul ne le sait tant l’entourage de Jacques Chirac est avare de confidences sur la teneur de son intervention. Mais comme l'écrit ce matin l’éditorialiste de l’Alsace, Patrick Fluckiger, « le décor de ce 14 Juillet est planté, il ressemble bien plus à un pré où l'on vide ses querelles au petit matin qu'à un parc fleuri pour rencontre entre amis. Nicolas Sarkozy provoque son "chef" en duel, et Jacques Chirac n'a d'autre solution que de relever le gant. Mais il n'a plus le choix des armes. Sarkozy ne s'est pas imposé les mains vides à la porte de l'Elysée. Il a emmené dans ses bagages un arsenal de recettes anglo-saxonnes avec lesquelles il bombarde son adversaire. Non sans succès. »

Comme l’an dernier, Jacques Chirac va-t-il répliquer avec sa traditionnelle défense du «modèle français» ? «Que proposer pour convaincre que les 21 mois qui restent de son quinquennat seront utiles ?, se demande pour sa part Pierre Taribo de l’Est Républicain " Le Président n'est jamais meilleur que dans la difficulté", se rassure son entourage. Vu les nuages qui s'amoncellent, il devrait être très bon."

Reste que cette fois-ci, la marge de manœuvre relève du trou de serrure. Mais pour déplacer les lignes et retrouver une autorité présidentielle, Jacques Chirac pourrait s’élever au dessus du marasme franco-français et endosser les habits qu’il préfère, ceux du vieux sage visionnaire et planétaire. C’est l’avis de Christine Clerc dans le  Télégramme de Brest : « Une fois de plus, et en dépit des humiliations subies face à Tony Blair, c'est sur la scène internationale que Chirac peut reprendre son souffle. Dans le désarroi des attentats de Londres, n'est-ce pas vers lui, le président septuagénaire, que le Premier ministre britannique quinquagénaire se tourne d'abord pour décider de poursuivre la réunion du G8 ou de l'interrompre ? Sur la scène nationale, plus question de descendre dans l'arène ». Mais après plus de quarante ans de combat politique, Jacques Chirac n’est-il pas lassé de la poussière laissée par les gladiateurs qui combattent ?

Par Renaud Pila le 11 juillet 2005 à 11:49
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41 Commentaires

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  • YVES, le 11/07/2005 à 19h31

    Jospin, le sauveur de la France ? Non le fourvoyeur. Rivé sur la ligne de l'élection présidentielle, le si propre Jospin n'a pas voulu entamer les reformes urgentes et incontournables du pays. Il avait poutant une occasion "historique" avec ce regain de croissance qui accomlpagne les législatures de gauche et plombe celles de droite. Donc, à occasion historique, face à un pays baigné d'une douce euphorie, il lui aurait été beaucoup plus aisé d'entamer les réformes de l'état et des comptes sociaux. Hélas non, et avec la crise du 11 septembre l'économie mondiale a replongé, touchant de plein fouet un pays totalement inorganisé pour résister à la récession, et devant en plus entamer des réformes sociales drastiques. Alors après c'est toujours facile de critiquer, mais un fait est certain, depuis 100 ans, le socialisme à la française consiste à dépenser l'argent, au nom du progres social, qui à l'heure du réveil se transforme en désenchantement. Alors, arrivez où nous en sommes, j'ai parfois un peu peur que ce soit la rue qui, tradition française oblige, fasse émerger un ordre nouveau. Mais à quel prix?

  • Ricardo, le 11/07/2005 à 18h52

    Pour J.Chirac, cette fine de quinquennat ressemble de plus en plus au "crépuscule des dieux". dans ce cas, qu'attendre de son allocution du 14 juillet? Pas grand chose. le président , faute d'avoir une"certaine idée de la France", proposera à la France les soins palliatifs en lieu et place de la "médecine de cheval" dont elle a besoin. Mais rassurez-vous, tous le trouveront excellent dans l'adversité... et le malade pourra dormir tranquille.

  • Patrice, le 11/07/2005 à 18h31

    Pour réformer la France, il faut avoir le courage d'affronter tous les corporatismes... les syndicats comme le medef ! Qui en a le courage ? Chirac ! faites moi rire... Qui aura le courage de dire qu'à moins d'être cinglé, on ne baisse pas les impôts dans un pays sur-endetté. On commence par équilibrer les comptes. Exactement l'inverse de ce qu'à fait chirac. Qui nous diras qu'il vaut mieux risquer de perdre son emploi en trois minutes, avec la possibilité d'en avoir un autre la semaine suivante, plutôt qu'avoir un préavis d'un ou 2 mois, mais attendre 1 ou 2 ans avant de travailler ? Chirac est un radical des anées 1950... Ses centres d'intérêts sont ceux des politiciens de la 4e république : agriculture, afrique, monde arabe... Je suis de gauche (et commerçant indpendant), je préfèrerais et de loin un aznar, un blair ou l'actuel premier ministre danois plutôt que de continuer comme ça... Quand à sarkozy, s'il renoncait à vouloir importer le communautarisme à la yankee, son discours serait presque supportable ! NB : il y a un parti communiste aux usa. Il ne pèse presque rien mais il existe. Le mac carthisme est fini (maintenants, ils s'en prennent aux musulmans...)

  • MB, le 11/07/2005 à 18h20

    Ca serait super s'il pouvait annoncer sa démission jeudi!!

  • Reisor, le 11/07/2005 à 18h00

    A l'imbécile ou menteur Fred de Paris: c'est faux, le parti communiste n'est pas interdit aux USA, mais les américains ne sont pas assez débiles pour en avoir un.

  • DUBOC, le 11/07/2005 à 17h43

    C'est vrai, Jacques Chirac n'est pas au mieux de sa forme et la France non plus mais n'oublions quand même pas le Chirac qui a tenu tête à Bush et qui ne nous a pas entraînés dans le bourbier de l'Irak. On ne vous remerciera jamais assez pour cela M. Chirac !

  • Pascal, le 11/07/2005 à 17h00

    Etonnant quand meme, ici dés que cela va pas, c'est forcement la gauche (attention je dis pas l'extreme gauche) qui est en tort... Mais attendez donc, si mes souvenirs sont exactes, lors de la présence de jospin que l'on a si proprement foutu à la porte, il y avait la croissance, et grace aux 35 heures, mesure tellement horrible pour bon nombre de personnes ici, création de 400 000 emplois selon l'INSEE, organisme que l'on peut pas vraiment considérer comme corrompu (pour ne citer que ca, on pourrai aussi parler des emplois jeunes qui fournissaient à defaut d'un cdi, un emploi aux jeunes qui ont du beaucoup apprécier de se le voir retirer!!!) . Depuis que la droite est là avec ses mesures tellement necessaires, la croissance n'existe plus, le chaumage à explosé, et vous me dites qu'il faut continuer dans cette voie??? Vous n'avez pas l'impression qu'il y a comme un leger souci là???

  • Bozeil, le 11/07/2005 à 16h41

    Sarko président, enfin un homme qui a envie de faire bouger les choses et non faire des courbettes pour plaire à tout le monde, ne pas s'incliner devant toute cette masse de je m'en foutistes qui critiquent, font la greve mais incapables de se prendre en main pour une France meilleure....allez au boulot pour de vrai et non un simili rythme ponctué de RTT, greve....on va où??? droit dans le mur!!!! un jeune au pouvoir ne fera pas de mal...

  • Chancerel, le 11/07/2005 à 15h59

    Après avoir reculé devant toutes les réformes qui étaient néssaires et d'avoir agi par réformettes, voir les retraites, le chef de l'état est certainement très affaibli. La rue dicte sa loi ce n'est pas normal

  • Phil, le 11/07/2005 à 15h48

    Chichi il est temps de révéler aux Français : Pourquoi avoir toujours reculer devant les réformes et se plier aux diktats des syndicats . Bien sûr Chichi, tu es le président de tous les français, mais pas de 3 % des français ou de 8 % de la population active . Chichi, tu as encore deux ans pour montrer que tu ne veux pas plaire, mais engager ton pays vers une véritable modernité . On est nombreux à l'attendre et à descendre dans la rue s'il le faut .

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