© LCIDepuis le début du quinquennat de Jacques Chirac, la réforme de l'ISF est un serpent de mer. Il faut dire que le chef de l’Etat ne veut pas en entendre parler. Il est, selon certains ministres, tétanisé par le souvenir de sa défaite à la présidentielle de 1988, qu’il attribue pour une grande part à sa décision de supprimer deux ans plus tôt l’impôt sur les grandes fortunes, l’ancêtre de l’ISF. Mais depuis des années, une partie des parlementaires de l’UMP et de l’UDF recommencent chaque année leur guérilla à l’Assemblée pour modifier cet impôt qu’ils jugent anti-économique. Il touche désormais une fraction croissante des propriétaires dont la valeur des biens a explosé récemment avec la hausse de l’immobilier.
La semaine dernière, des députés notamment sarkozystes sont revenus à la charge sur le sujet. Opposé à toute précipitation sur un sujet explosif, Matignon a réussi à contenir une nouvelle fois l’offensive en faisant échouer l’adoption d’un amendement. Mais il n’a pas fallu attendre longtemps pour voir se rouvrir la boîte de pandore. Dès lundi, le ministre de l’Economie Thierry Breton a affirmé dans le Figaro vouloir « évaluer les inconvénients de l’ISF avant de choisir ceux qu’il conviendrait de corriger ». Une « réforme n’est pas à l’ordre du jour » ont immédiatement réagi les services du Premier ministre. Mais Dominique de Villepin est conscient qu’il ne plus reporter sine die une réforme tant attendue. Il espère tout au moins gagner un peu de temps et faire taire la cacophonie.
Ainsi, il a déclaré mardi matin aux députés UMP qu'une réforme de l’ISF pourrait être menée à la fin de l'année en fonction d'"évaluations" qui seront conduites d'ici là, a rapporté le président du groupe UMP. Bernard Accoyer a précisé à l'issue de la réunion du groupe que d'éventuelles modifications ne seraient pas inscrites dans le projet de loi de finances pour 2006, qui est débattu à l'automne, "puisque les évaluations sont prévues pour être conduites jusqu'à la fin de l'année". "C'est après la discussion budgétaire que cette problématique pourrait être abordée, (...) dans le cadre d'une loi de finances rectificative par exemple, s'il y a lieu", a précisé le président du groupe UMP.
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