
"Le temps d'épreuve, c'est à dire le nombre d'années incompressible avant la libération conditionnelle, passera de 15 à 18 ans, et 22 ans pour les récidivistes", déclare le ministre de la Justice Pascal Clément dans une interview au Figaro de mercredi. Ces dispositions sont contenues dans des amendements gouvernementaux soumis mercredi à la commission des lois de l'Assemblée nationale en vue de compléter la proposition de la loi sur la récidive.
La mesure fait suite au meurtre de Nelly Crémel, le 2 juin en Seine-et-Marne. L'un des meurtriers présumés, condamné à la perpétuité, avait obtenu une libération conditionnelle après 15 ans d'incarcération, une situation dénoncée par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Avec Sarkozy
Le 22 juin, le ministre de la Justice s'était prononcé pour un allongement de la peine incompressible en cas perpétuité, sans préciser le nouveau plafond qu'il préconisait. Il souligne que les amendements qu'il propose "ont été rédigés dans la solidarité gouvernementale, en étroite concertation avec Nicolas Sarkozy" et ont "pour ambition de répondre au défi que pose la récidive à l'ensemble de la société". Interrogé sur les "empiétements" de Nicolas Sarkozy dans le domaine de la justice, le ministre assure enfin qu'il "ne se sent ni menacé ni influencé par les déclarations de quiconque".
Pour les récidivistes, le ministre annonce également la suppression des "avantages en matière de libération conditionnelle dont bénéficient les détenus ayant des enfants". Actuellement, les condamnés à une peine inférieure à quatre ans peuvent demander à bénéficier d'une libération conditionnelle à tout moment s'ils ont un enfant de moins de 10 ans et exercent l'autorité parentale.
Fichier étendu
Pascal Clément précise aussi que le bracelet électronique mobile "pourra être utilisé dans le cadre de la libération conditionnelle ou d'un suivi socio-judiciaire par le juge de l'application des peines". Pour les libérations conditionnelles, il propose que "l'avocat de la victime vienne s'exprimer devant le tribunal de l'application des peines" qui se prononce sur l'octroi de la mesure.
Le ministre annonce par ailleurs que le fichier national des délinquants sexuels, entré en vigueur le 1er juillet, serait "étendu aux criminels violents". "Tous les six mois, après leur libération ces personnes devront se présenter au commissariat ou à la gendarmerie locale", précise-t-il. D'autre part, les détenus qui ont bénéficié d'une suspension de peine pour raison médicale au titre de la loi Kouchner "devront désormais subir une expertise obligatoire tous les six mois afin de vérifier si les conditions de la suspension de peine sont toujours remplies", indique-t-il.
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