
Le tribunal d'application des peines d'Arras a ordonné vendredi la remise en liberté conditionnelle de Lucien Léger, le plus ancien détenu de France. Par ce jugement, il est admis à la libération conditionnelle à compter du 16 août, avec obligation de résidence et de suivi par un travailleur social. Le tribunal a motivé sa décision par "un examen très exhaustif des problèmes posés par la réadaptation et la réinsertion" du détenu, a indiqué son avocat, Me Jean-Jacques de Félice. Mais Lucien Léger va toutefois devoir rester en prison, le parquet ayant fait appel. Une audience devrait avoir lieu à la cour d'appel de Douai (Nord) dans les deux mois.
Me de Félice s'est dit "satisfait du contenu du jugement", mais a regretté l'appel du parquet, qui selon lui "n'était pas nécessaire". "Je considère que c'est malheureusement une décision liée au climat très tendu dans une opinion publique chauffée à blanc sur ces questions", a-t-il déclaré. Il a relevé que le procureur de Douai, consulté parce que Lucien Léger résiderait dans son ressort s'il sortait de prison, avait émis un avis favorable à la libération du détenu.
Lucien Léger, 68 ans, en prison depuis 41 ans est actuellement détenu à Bapaume, dans le Pas-de-Calais. Il avait été condamné en 1966 à Versailles à la réclusion à perpétuité pour le meurtre en 1964 de Luc Taron, 11 ans, enlevé le 27 mai à Paris et retrouvé mort dans les bois de Verrières-le-Buisson, dans l'Essonne. Une quinzaine de demandes de libération conditionnelle lui ont déjà été refusées. Il a par ailleurs demandé à la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg, qui doit se prononcer dans les prochains mois, de condamner la France pour "traitement inhumain".
Rejet de la demande de liberté de Nathalie Ménigon |
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Photo : Lucien Léger (archives)
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Le même tribunal d'application des peines d'Arras a rejeté vendredi la demande de libération conditionnelle de l'ancienne membre du groupe terroriste Action Directe Nathalie Ménigon. Le tribunal a suivi l'avis du substitut du procureur d'Arras qui avait demandé son maintien en détention lors d'une audience le 20 juin au centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais), où Nathalie Ménigon, 48 ans, est incarcérée. Le parquet avait mis en avant les failles du projet de réinsertion et l'absence de repentir de l'ancienne terroriste.
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