"La France de Pierre de Coubertin est prête à recevoir la flamme olympique" déclare le chef de l'Etat à mi-présentation, avant d'ajouter : "la candidature de Paris c'est la candidature de la France".Il était 3h du matin heure française, 9h à Singapour. La délégation française a fait son entrée devant les délégués du CIO appelés à décider dans la journée du nom de la ville qui accueillera les JO 2012. Henri Sérandour, président du Comité olympique français a vite cédé la parole à Bertrand Delanoë, visiblement tendu. Après une allocution de 10 minutes, il a laissé la place au film réalisé par Luc Besson. Jean-Claude Killy, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile de France, Dominique de Villepin, mais aussi Michel Drucker, et même Catherine Deneuve sortant d'un restaurant où s'étaient retrouvés Jean-Paul Belmondo, Johnny Hallyday ou Jean Galfione, sont apparus successivement dans ce film d'une demi-heure. Ils ont vanté les infrastructures de transport, les dispositifs de sécurité, le rayonnement culturel de Paris et les équipements sportifs prévus. Le film, qui a alterné à rythme soutenu images du passé et de l'avenir sur fond de chansons de Trenet, s'est terminé sur l'image d'une petite fille venant faire part de son rêve d'avoir les Jeux, rejointe par une bande d'enfants sur le parvis des Droits de l'Homme, face à la Tour Eiffel. Avec une couleur musicale "world" : "redemption song" de Bob Marley.
Le président Jacques Chirac est monté à la tribune, à mi-parcours de la présentation . " La France de Coubertin est prête à accueillir la flamme olympique" a-t-il déclaré. "La France, a-t-il ajouté, est profondément attachée aux valeurs de l'olympisme. Ces valeurs de paix, de partage, de respect, d'amitié, de dialogue entre les peuples et entre les cultures. Des valeurs qui sont aussi les siennes". Le président a conclu : "Vous pouvez faire confiance à la France" .
"L'amour des jeux"
Avant de céder la place aux questions, Bertrand Delanoë, très ému, s'est lancé dans de vibrantes images évoquant les "amoureux parisiens s'enlassant comme les anneaux olympiques". "Paris a l'amour des Jeux" a-t-il conclu. Place ensuite aux questions, peu sévères. A celle du Prince Albert de Monaco sur la lutte antidopage, Jean-François Lamour a aisément franchi l'obstacle sur lequel avait buté la précédente candidature de Paris : "La France appliquera le code mondial antidopage dès février 2006" (...) "La compétence en matière de sanction sera de la compétence du Comité international olympique". Le ministre des Sports a également promis un renforcement des moyens du laboratoire de contrôle antidopage de Châtenay-Malabry.
New York et de Niro
Après Paris, c'était au tour de New York. Après le film de Steven Spielberg, la délégation américaine a eu droit à des questions du CIO beaucoup moins amènes que celles posées à Paris. New York 2012, a misé sur le "business" promettant que ces Jeux apporteront des recettes sans précédent qui seront partagées avec le mouvement et les fédérations olympiques. La prestation de New York, entrecoupée d'interventions filmées du président George Bush et de l'ex-président Bill Clinton, ou encore de Robert de Niro, Magic Johnson et Meryl Streep, s'est déroulée en présence notamment de Mohamed Ali. Hillary Clinton, sénatrice de New York, a lancé que "2012 c'est le moment pour New York et le monde entier. On garantit à 100 % des jeux spectaculaires". Le maire de la ville Michael Bloomberg a parlé de l'"héritage éternel" que lègueront ces Jeux.
Verdict à 13h30
Troisième dans l'ordre de passage, Moscou a joué sur la fibre humaniste de l'olympisme. Moscou veut les jeux Olympiques "pour allumer une nouvelle flamme dans une nouvelle Russie", selon les termes du "tsar" de la natation Alexander Popov. "Moscou est une ville à la fois ancienne et jeune qui a l'amour du sport et les Jeux doivent être un élément majeur de notre avenir", a plaidé le maire controversé et sulfureux de la capitale, Youri Luzhkov. Et le vice-président russe du CIO, Vitaly Smirnov, d'insister: "L'attribution des Jeux peut distiller de l'espoir pour des millions de jeunes Russes".
Londres, considéré comme le concurrent le plus sérieux de Paris, a commencé son exposé à 8h30, heure française. "La ville où se parlent 200 langues", veut que sa diversité serve la magie des Jeux, a expliqué Sebastian Coe, président de Londres-2012, en ouvrant sa présentation devant le CIO. Il a insisté sur l'expérience "magique, électrisante, énergisante" que doivent être les Jeux "pour la jeunesse du monde entier". Surprise de la prestation londonienne, Tony Blair s'est exprimé en français pour faire part de son plaisir d'avoir pu rencontrer les membres du CIO, en deux jours à Singapour, et dire "le très grand honneur" que serait pour sa capitale d'accueillir les Jeux. Il a rappelé que Londres bénéficiait du soutien de Nelson Mandela. Plusieurs petits films d'animation ont montré le rôle moteur que les JO peuvent avoir pour la jeunesse, souvent défavorisée, qui y trouve un idéal. "Choisissez Londres et vous ferez passer un message clair à la jeunesse : les JO sont pour vous", a conclu Sebastian Coe.
Madrid sera la dernière ville candidate à se prêter au jeu du grand oral. Puis viendra le vote, électronique et secret. Les membres des pays dont une ville est candidate ne voteront pas tant que leur ville sera en lice. Le président du CIO, Jacques Rogge, qui ne prend pas part au vote, prévoit une finale très serrée, avec un écart d'une demi-douzaine de voix entre l'heureux élu et son ultime rival. Fin du suspense prévue à 13h30.
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