© INTERNEFévrier 2005. Scolarisées respectivement dans des lycées de Montreuil-sous-Bois et Romainville (Seine-Saint-Denis), Khalidiatou, 16 ans, et Soukhouna, 18 ans, partent pour les vacances en Gambie et au Sénégal. Mais, le 7 mars, à la rentrée des classes, ni l'une ni l'autre ne regagnent leur établissement.
Dès lors, élus, camarades et associations se mobilisent pour retrouver leur trace et obtenir leur retour dans l'Hexagone. Après plusieurs mois d'une insupportable attente, les deux filles refont leur apparition dimanche 17 juillet. Heureux épilogue. "C'est avec une grande satisfaction que j'ai appris leur retour. Elles sont suivies par les services sociaux mais on ne sait pas exactement ce qui s'est passé", a expliqué mardi la professeur principal de Khalidiatou au lycée Jean-Jaurès de Montreuil. Une place lui a été "réservée à la rentrée", a indiqué la proviseure, précisant que la jeune fille pourrait choisir entre "un redoublement" ou "un passage en première si elle se sent à l'aise".
"Les jeunes filles ont déclaré à leur retour que tout allait bien"
La fin du cauchemar pour les jeunes femmes et leurs amis a été rendue possible grâce à la mobilisation de l'appareil d'Etat de deux pays, la France et le Sénégal. Alertées notamment par des manifestations du comité de soutien des jeunes filles, les autorités ont réagi face aux rumeurs faisant état de risques d'un mariage forcé ou d'une excision pour les deux lycéennes. A la demande du Quai d'Orsay, le consul de France à Dakar a "pris contact avec les autorités locales" et a "pu tracer par où elles étaient passées et discuter avec le maire de leur village d'origine". L'épouse - française - du président sénégalais Abdoulaye Wade est également intervenue en contactant le corps préfectoral sénégalais.
Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, Soukhouna aurait été mariée avec un Gambien en juin 2005. Mais pour l'heure, aucun document signé ne fait état de cette union. Selon le tribunal de Bobigny et la police de Montreuil, "les jeunes filles ont déclaré à leur retour que tout allait bien et qu'elles n'avaient subi aucun mariage forcé ou sévices". Mais pour le Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles (Gams), qui a suivi le dossier et s'emploie à prévenir les mariages forcés, ces affirmations ne sont pas encore avérées. Les deux lycéennes pourraient subir des examens médicaux dans les jours qui viennent.
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