
Le tribunal correctionnel de Bonneville rendait mercredi en début d'après midi son jugement sur les responsabilités dans la catastrophe du tunnel du Mont-Blanc qui a fait 39 morts le 24 mars 1999. Gérard Roncoli, responsable français de la sécurité du tunnel, a été condamné à trente mois de prison, dont 24 mois avec sursis. C'est le seul à être condamné à de la prison ferme. Gilbert Degrave, le chauffeur belge du camion à l'origine de l'incendie, a écopé de 4 mois de prison avec sursis.
La société française ATMB (Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc), concessionnaire du tunnel avec son homologue italienne SITMB, a été condamnée à 100.000 euros d'amende tandis que, Rémy Chardon, son ancien président, écope de deux ans de prison avec sursis et à 15.000 euros d'amende. SGTMB, société de gestion française du tunnel, a été condamnée à 50.000 euros d'amende tandis que la SITMB est condamnée à 150.000 euros.
Appel du maire de Chamonix
A défaut d'avoir obtenu la preuve d'une défaillance du moteur du camion, le tribunal correctionnel de Bonneville a décidé la relaxe du constructeur suédois Volvo. Enfin, Daniel Claret-Tournier, régulateur côté français, est condamné à 16 mois avec sursis et son homologue italien, Marcello Meyseillier, à un an avec sursis.
Michel Charlet, maire DVD de Chamonix, a été condamné à six mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende. Il a annoncé peu après qu'il ferait appel "pour le principe". "Le fait de condamner un maire juste parce qu'un accident a eu lieu sur sa commune, alors qu'il n'a aucune compétence sur l'infrastructure, est inacceptable", a-t-il estimé. "Aujourd'hui, 4500 camions passent chaque jour sous le Mont-Blanc malgré mon avis défavorable", a-t-il expliqué, estimant que cela montrait qu'il n'avait "aucune compétence" sur le tunnel du Mont-Blanc.
La justice leur reprochait, à des degrés divers, la faiblesse du système de sécurité du tunnel, qui a permis à un feu de camion chargé de farine et de margarine de se transformer en un piège qui a asphyxié 39 personnes. Les seize personnes physiques ou morales étaient poursuivies pour "homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité".
"Condamnations équilibrées"
"Il y a un équilibre des sanctions: il n'y a pas que les lampistes condamnés, tous les niveaux de responsabilité sont concernés", a observé Me Alain Jakubowicz, avocat de l'Association de défense des familles des victimes. "Les condamnations sont plus équilibrées que le réquisitoire, avec au moins le symbole d'une peine de prison ferme. On ne peut qu'apprécier", a estimé André Denis, président de l'association.
A défaut d'appel du jugement pénal, certaines familles des victimes avaient annoncé leur intention de se tourner au civil vers la justice italienne, dont la jurisprudence est l'une des plus généreuses en la matière, pour demander des dommages et intérêts. La Société italienne du tunnel du Mont-Blanc (SITMB) a déjà accepté de verser 13,5 millions d'euros à un "fonds de solidarité" à répartir entre les 238 ayants droits.
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