© INTERNELe parquet a requis vendredi quatre ans de prison dont un an ferme, 130.000 euros d'amende et une privation des droits civiques d'au moins deux ans au tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) contre l'ex-élu RPR Didier Schuller, jugé depuis fin juin pour "trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux".
Didier Schuller, 58 ans, se voit reprocher d'avoir illégalement fait financer entre 1988 et 1995 son activité politique à Clichy par des entreprises "amies", en échange de marchés de l'Office HLM des Hauts-de-Seine (OPDHLM-92), dont il était le directeur général.
"S'il a tout perdu, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même ! "
La fuite de Didier Schuller, entre 1995 et 2002, avait été au cœur des deux élections présidentielles finalement remportées par Jacques Chirac, dont Didier Schuller s'est présenté en marge de son procès comme un "fantassin". Mais dans ses réquisitions, la représentante du parquet, Paule Arrault, n'a pas parlé des conditions de sa fuite, qui aurait été, selon les dires de l'ex-élu, organisée par Me Francis Szpiner, un avocat proche de Jacques Chirac.
La représentante du parquet a estimé que les déclarations de l'ex-élu des Hauts-de-Seine n'était qu'un "écran de fumée" pour cacher ses responsabilités personnelles. "C'est un personnage vantard et fanfaron, imbu de sa personne. Il aime la richesse et le paraître, il a besoin d'être reconnu. Cet aspect de sa personnalité éclaire les délits qu'il a commis. Il se pose en victime mais s'il a tout perdu, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même", a-t-elle dit. Elle a rappelé que l'ex-élu avait lui-même reconnu à l'audience avoir utilisé "plus de six millions de francs" obtenus par des moyens illicites pour financer ses activités politiques et souligné qu'il avait aussi utilisé l'argent pour son train de vie. "De tout cela et de tout le battage médiatique autour de cette affaire, la démocratie ne risque pas de sortir grandie. Il faut espérer que tous les hommes politiques ne sont pas des MM. Schuller", a-t-elle conclu.
Jugement à la rentrée
En revanche, la relaxe a été requise pour le député-maire (UMP) de Levallois-Perret Patrick Balkany, poursuivi pour complicité de trafic d'influence dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine. "Qu'il ait laissé faire M. Schuller, c'est probable, que tel Ponce Pilate, il s'en soit lavé les mains, c'est possible, mais il n'y a pas dans le dossier trace d'actes positifs de complicité", a considéré la représentante du parquet.
L'élu, âgé de 56 ans, est soupçonné d'avoir "conseillé" à la compagne de Didier Schuller, Christel Delaval, d'avoir eu recours à des entrepreneurs proches du RPR pour se faire rémunérer alors qu'elle ne se consacrait qu'à la carrière de son compagnon, entre 1989 et 1995. Deux ans de prison avec sursis et 60.000 euros d'amende ont été requis à l'encontre de Christel Delaval.
Des peines allant d'un de prison avec sursis à six mois fermes ont été demandées contre les autres prévenus. Le tribunal va entendre la semaine prochaine les plaidoiries de la défense. Le jugement sera rendu en septembre ou en octobre prochain.
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