
- A droite
Luc Chatel et Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP
"Le président a été clair et combatif. Il a rassuré de manière très convaincante les Français quant à la vigilance et au savoir-faire de la France en matière de lutte contre le terrorisme en coordination avec ses partenaires européens. Pédagogue, Jacques Chirac a proposé aux Français de nouvelles solutions pour aller chercher les emplois là où ils sont, dans les très petites et moyennes entreprises, dans l'innovation industrielle, dans les services à la personne. L'UMP relaiera ce message d'une France rassemblée ambitieuse qui innove et qui crée. Elle continuera à débattre de tous les problèmes de notre pays comme s'en est félicité le Président de la République".
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale
"J'ai été regonflé par les propos tenus par le président de la République. Il a su, par sa détermination et son énergie, redonner confiance aux Français. Il a rassemblé tous les Français sur les véritables enjeux qui feront la France de demain".
Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur et président de l'UMP.
Dans une critique implicite de l'action du président Jacques Chirac, il a déclaré qu'"à force d'immobilisme, à force d'user de la langue de bois, à force d'éluder la réalité des faits, à force d'esquiver les défis, eh bien, on l'a vu, la France gronde. J'essaie de l'entendre", a-t-il affirmé .
Nicolas Dupont-Aignan, député UMP, président de Debout la République, partisan du "non" au référendum
"Le président de la République a reconnu la force positive du non au référendum mais n'a malheureusment pas voulu en tirer toutes les conséquences". "Pas un mot sur l'élargissement sans fin (...) ; refus d'imaginer l'inéluctable renégociation du traité constitutionnel; refus de remettre en cause le statut de la Banque centrale qui explique le chômage de masse contre lequel le président entend lutter".
François Sauvadet, porte-parole de l'UDF
"Il n'a pas été très convaincant, notamment dans le domaine de l'emploi, dans le domaine économique et social. On attendait après le 29 mai un discours plus volontaire, une véritable direction. Ce qui s'est passé, ce n'est pas simplement comme l'a dit le président l'expression d'une inquiétude, c'est une crise beaucoup plus profonde de la société française. Et les réponses n'ont pas été à la hauteur du défi devant lequel le pays est placé. Cela vaut aussi pour l'Europe. On aurait aimé voir affirmer une vraie vision, un projet pour sortir de la crise, et cela n'a pas été au rendez-vous. Quant à la volonté d'associer davantage le Parlement sur les questions européennes, j'avais envie de dire au président: que ne l'a-t-il fait plus tôt, notamment quand nous le demandions avec force à l'UDF sur la question de la Turquie. De plus, on aurait aimé aussi davantage d'engagement face à la situation du déficit chronique dans lequel vit la France. En revanche, le président a eu des mots justes pour exprimer notre solidarité à l'égard du peuple anglais et à l'égard des victimes du terrorisme".
Jean-Marie Le Pen, président du Front National
"Jacques Chirac s'est déclaré content de lui, malgré les échecs qui se multiplient sous ses pas. On pouvait espérer, puisqu'il a affirmé avoir compris la leçon du 29 mai, qu'il en tirerait une proposition politique susceptible de réduire la fracture entre l'opinion publique et la classe politique. Cela aurait dû le conduire au minimum à proposer le renouvellement de l'Assemblée nationale après le rétablissement de la proportionnelle. Hélas, M. Sarkozy avait raison quand il a dit que cette allocution traditionnelle n'avait pas de raison d'être".
- A gauche
François Hollande, premier secrétaire du PS
"J'ai eu le sentiment que Chirac était un président en fin de règne. Il s'en tient aux déclarations générales, aux voeux pieux. Il est devenu un commentateur de la vie politique et internationale qui insiste ainsi sur les atouts et les faiblesses de la France, sur les chances et les limites de l'Europe, sans apporter aucune solution. Ainsi, en matière de chômage, il découvre, après dix ans passés à l'Elysée, l'urgence de traiter le mal et même les gisements d'emplois qui n'auraient pas été jusque-là utilisés ou mis au jour. Et sur la recherche, alors qu'il l'a mise à mal avec le gouvernement Raffarin sur le plan budgétaire, il en fait une priorité avec l'annonce de la création d'un haut conseil et d'un agence. Qui peut croire que ces réponses sont à la hauteur de la situation ? A écouter Jacques Chirac, on ne l'entend déjà plus..."
Jean-Michel Baylet, président du PRG
"Le pays va mal. Mais Jacques Chirac fait du Raffarin et positive. Toujours content de lui, il pourrait entonner la chanson : 'Tout va très bien madame la Marquise'".
Dominique Strauss-Kahn, député PS du Val d'Oise
"Alors que des millions de Français souffrent du chômage, manquent de ressources et craignent pour leur avenir, Jacques Chirac nous donne l'image d'un président affaibli, ayant nommé un gouvernement dont le crédit est déjà évanoui et qui se raccroche à tous les lieux communs à la mode. Je relève une triple erreur : erreur sur le passé à propos de la baisse de l'impôt sur le revenu, erreur sur le présent dans le diagnostic sur le chômage il n'aborde même pas la question centrale du pouvoir d'achat, enfin, aveu d'erreur sur l'avenir dans la politique concernant la recherche et l'enseignement supérieur menée depuis trois ans".
Yann Wehrling, secrétaire national des Verts
"Chirac a été exagérément optimiste et vide de proposition. Son discours était en complet décalage avec le sentiment des Français et leur mécontentement. C'est la méthode Coué : tout va bien dans le meilleur des mondes. Il n'y a eu aucune proposition autre que les promesses du gouvernement. Jacques Chirac ose parler de créer 500 000 emplois en trois ans, alors qu'il est président depuis bien plus d'années que ça. Le pompon, c'est quand le chef de l'Etat dit : la France va bien, la preuve c'est que nous avons eu ITER. Pour les Verts, c'est la preuve que la France est capable de détourner son argent pour autre chose que l'emploi et le développement durable".
- Syndicats
Jacky Dintinger, le secrétaire général de la CFTC
"Je me félicite de l'accent mis par le président sur la question du développement économique et de la recherche, dès lors que ces facteurs conditionnent largement l'avenir. Il s'est également montré assez précis dans son affirmation que la France n'entendait en aucune façon devenir une succursale des pays anglo-saxons. Mais je reste sur ma faim dès lors que le président n'a pas ouvert de perspectives en terme de solidarité et de justice sociale, là je suis déçu".
Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU
"Il n'a annoncé en aucune manière une nouvelle politique, ce qui confirme l'après-référendum et la nomination du nouveau gouvernement. Le chef de l'Etat ne se pose pas la question d'une nouvelle politique qui se baserait sur les salaires et le pouvoir d'achat. Le seul élément concret de l'intervention concerne la recherche, mais le président a confirmé des orientations combattues par les chercheurs eux-mêmes, car elles couronnent une conception utilitariste de la recherche".
Rémi Jouan, secrétaire national de la CFDT
"Je n'ai trouvé rien de neuf dans l'intervention, que j'ai perçue avant tout comme un discours de justification. Le président n'a formulé aucune nouvelle proposition, n'a rien avancé de neuf, tout ce qu'il a pu dire, nous le savions. Il s'est pas expliqué sur le retard pris et les erreurs commises sur le front de l'emploi. Il est clair qu'aujourd'hui on est dans l'urgence. Mais alors que le président invoque un aspect psychologique pour mobiliser les Français, on peut douter que c'est avec le contrat nouvelle embauche qu'on obtiendra des résultats".
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO
"Jacques Chirac s'est contenté de confirmer les orientations du gouvernement sur l'emploi, son intervention a fait un peu pschittt . Il n'a pas dit un mot sur les salaires alors que la relance du pouvoir d'achat commande très largement la possibilité d'agir sur la croissance et de relancer la création d'emploi. Si j'ai noté des points positif" comme la référence à la recherche et à l'innovation, ainsi que la volonté exprimée de veiller à ce que ne ressurgissent pas les directives européennes sur le temps de travail et sur les services (Bolkestein), j'ai noté des incohérences dès lors qu'au Parlement, le gouvernement s'en prend aux garanties en matière de temps de travail".
Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l'Unsa
"Tout ce qui a été dit sur la recherche et l'innovation nous intéresse et va dans le sens de ce que demande l'Unsa, de même que la volonté de mise en commun des différentes acteurs du service public de l'emploi. En revanche, il est étonnant que le président soit discret au point de ne pas évoquer le contrat nouvelle embauche alors que le droit qui serait donné à l'employeurs de licencier pendant deux ans dans ce cadre est inacceptable".
Jean-Louis Walter, secrétaire général de la CFE-CGC
"C'est une immense déception. Il n'y a rien à l'horizon en matière de développement, d'innovation, rien pour les classes moyennes face à l'impôt. En matière d'emploi, nos systèmes ne seraient pas incitatifs à l'emploi: cela nous surprend grandement car les partenaires sociaux et l'assurance chômage ont fait des choses sensationnelles qui n'ont certes pas rencontré le succès escompté car les entreprises n'embauchent pas".
Maurad Rabhi, secrétaire confédéral de la CGT
"On n'a pas appris grand chose, l'intervention est restée très plate puisque aucune proposition concrète pour résorber les difficultés des Français n'a été avancée. Ce n'est pas en rapprochant l'Unedic et l'ANPE que l'on va faire diminuer le taux de chômage. Le chef de l'Etat s'est contenté de brosser chaque dossier, il a meublé, sans dire un mot sur le pouvoir d'achat ou les moyens concrets de relancer la croissance. Face à une situation difficile, M. Chirac s'est contenté d'une 'positive attitude'".
Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA
"Je suis satisfait des propos déterminés du président sur la Politique agricole commune. Sa fermeté sur le budget de la PAC, vis-à-vis des velléités britanniques de changer la donne, va dans le bon sens. C'est le respect de la parole donnée. Ce discours positif a remis les points sur les i sur l'intérêt de l'agriculture pour la France, l'Europe et le monde".
(photo : Jacques Chirac lors de son intervention)
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