
25 juillet 1995 – 25 juillet 2005 : dix ans après l'attentat du RER St Michel, qui avait fait huit morts et 117 blessés, une cérémonie de recueillement réunissant une vingtaine de personnes a eu lieu ce lundi à la station. Un bref hommage a été rendu par Françoise Rudetzki, déléguée générale de l'association SOS Attentats devant la plaque commémorative, sur le quai du RER B. Une minute de silence a été observée, et une gerbe de fleurs a été déposée au nom de la RATP, en présence de sa présidente, Anne-Marie Idrac.
Malgré les dix années écoulées depuis cette attaque, la plus meurtrière jamais menée sur le sol français par des islamistes depuis la guerre d’Algérie, les victimes ont gardé de graves séquelles physiques et psychologiques. Ce mardi, Jeanne rentrait du travail à l'heure de pointe, vers 17H30, dans la voiture 6 d'un RER B reliant la Gare du Nord à St-Rémy-les-Chevreuses (Yvelines). Elle se tient "à un mètre" d'une bonbonne de gaz remplie d'explosifs et de mitraille, cachée sous un siège. La quinquagénaire se souvient la voix tremblante d'une "explosion terrifiante", attribuée plus tard au Groupe islamique armé (GIA) algérien. Elle est grièvement brûlée et blessée, notamment à une jambe. Handicapée à vie, elle a "la vie sauve, car le corps d'une femme, projeté sur moi, m'a protégée", explique-t-elle.
Dans l’attente de l’extradition de Ramda
L'attentat, deux semaines après l'assassinat à Paris de l'imam modéré Abdelbaki Sahraoui, avait été le premier jalon d'une campagne qui devait durer jusqu'en novembre de la même année et faire au total 10 morts et 250 blessés. Malgré un procès et la condamnation d'un suspect en 2002, confirmée l'année suivante en appel, des zones d'ombre subsistent sur cet attentat, d'autant que Paris attend depuis presque dix ans l'extradition de Grande-Bretagne de l'Algérien Rachid Ramda, 35 ans, alias Abou Fares, détenu à Londres depuis novembre 1995. Le cas Ramda a d'ailleurs été évoqué par Dominique de Villepin ce même lundi lors de sa rencontre avec Tony Blair, dont le pays est à son tour victime d’attentats ; mais une nouvelle fois, tout en disant comprendre les Français, le Premier ministre britannique a dit ne pas pouvoir se prononcer sur une procédure judiciaire en cours.
Le 6 avril, le ministre britannique de l'Intérieur, Charles Clarke avait pourtant donné son feu vert à cette extradition. La décision a été rendue publique début juin. Toutefois, un appel des avocats de Ramda a été déposé début juillet devant la Haute Cour de Justice. En attendant, le suspect est toujours en prison en Grande-Bretagne, pour une période indéterminée. "Les Britanniques sont confrontés aujourd'hui au terrorisme, on espère qu'ils seront compréhensifs et qu'ils vont extrader Ramda dans les plus brefs délais, afin qu'il soit jugé en France", souhaite Françoise Rudetzki.
En France, Rachid Ramda, a été considéré comme le grand absent au procès des principaux responsables des attentats de 1995, Boualem Bensaïd et Smain Aït Ali Belkacem, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en octobre 2002. Ramda est actuellement sous le coup de quatre mandats d'arrêt de la justice française : le premier délivré peu après son arrestation à Londres pour "association de malfaiteurs terroriste" et les trois autres pour les trois attentats de 1995 dans le RER et le métro parisien.
Photo d'ouverture : la gerbe de fleurs déposée lundi dans le RER B - DR
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