© INTERNE« Il fallait suivre ». Le maire de la Courneuve le reconnaît sans sourciller. Depuis la deuxième visite de Nicolas Sarkozy dans sa ville il y a un mois, les services de l’Etat n’ont pas chômé pour répondre dans l’urgence aux difficultés que connaît cette ville de 35 000 habitants, secouée par la mort par balles du jeune Sidi Ahmed le 19 juin dernier. « Pas moins de quatre réunions par semaine à la préfecture » explique Gille Poux. Il faut dire que le ministre de l’Intérieur avait donné le ton lors de sa rencontre avec les associations : « je suis ici pour m'engager, profondément ». Et une méthode puisqu’il avait directement désigné le maire comme « le pilote » des actions à venir : « il est communiste, moi pas vraiment, mais c'est celui qui s'impose.» Pour épauler le maire, le ministre comptait sur la détermination du représentant de l’Etat en la personne du préfet de Seine-St-Denis.
Mercredi après-midi, dans la grande salle de la mairie, Nicolas Sarkozy devait dressser un premier bilan des mesures annoncées début juillet. Et à la mairie, on affiche sa satisfaction. « Objectivement, les choses avancent grâce à une mobilisation sans précédent de l’Etat », affirme Gille Poux. La présence dans les quartiers d’une compagnie de CRS supplémentaire a entraîné une baisse très sensible de la délinquance. « Moins 20% sur le mois de juin et le mois de juillet devrait confirmer l’amélioration » explique le maire qui précise qu’une plus forte présence policière n’a pas créé de tensions avec la population. Seule la vingtaine de véhicules brûlés le 14 juillet vient ternir le tableau.
"Un travail en profondeur"
Sur le volet emploi des propositions Sarkozy, le mois de juillet a permis également de faire bouger les lignes. «Je suis satisfait car nous sommes allés au-delà des 46 offres d’emploi annoncées par Nicolas Sarkozy lors de sa visite. C’est un travail en profondeur pour prendre en compte la difficulté générale des jeunes à trouver du travail ». Résultat : en quatre semaines, la moitié des 350 jeunes chômeurs de la Courneuve se sont vus proposer un entretien à l’ANPE ; plus de 100 jeunes ont déjà été reçus et une trentaine a déjà trouvé un emploi. Dans une France enkylosée par le chômage, une telle réactivité est assez rare pour être soulignée.
Parmi les autres pistes lancées par le ministre de l’Intérieur, celle de l’internat urbain demande beaucoup plus que quelques semaines. « L’échéance est de deux ou trois ans, précise le maire. Mais dès la rentrée, nous espérons mettre en place un système d’internes-externes qui permettrait aux jeunes qui ont des difficultés à étudier chez eux de disposer de salles d’études après les cours. »
Il y a encore quelques semaines, le nom de la Courneuve donnait des cauchemars dans les couloirs des ministères tant ses quartiers difficiles étaient synonymes de paupérisation et de blocages. La mobilisation récente des services de l’Etat et du maire vont-ils en faire bientôt un modèle de rénovation urbaine pour les 300 cités sensibles répertoriées en France ? Trop tôt pour le dire mais il est sûr que les médias tenant avec cette ville un laboratoire de la méthode Sarkozy, le ministre aura à cœur de montrer à l’opinion que non seulement son « nettoyage » n’est pas qu’une formule choc mais aussi que la répression n'est pas le seul instrument.
| 257 emplois à pourvoir, selon Sarkozy |
Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi à La Courneuve que "257 emplois directs ont été recueillis" auprès de diverses entreprises au bénéfice des jeunes de la ville. Le ministre a précisé que "158 de ces emplois sont à pourvoir immédiatement et 99 à formaliser en septembre 2005". Il s'agit d'embauches, à destination des jeunes du bassin d'emploi de La Courneuve, en CDD (contrat à durée déterminée) et en CDI (à durée indéterminée). "Au 25 juillet, 21 entreprises et structures se sont mobilisées sur cette opération", a précisé M. Sarkozy, opération qu'il avait annoncée le 29 juin au cours de sa précédente visite. Parmi ces entreprises, figurent notamment Peugeot, EDF, Carrefour, ADP, Air France, Cap Gemini, Eurocopter, Geodis, RATP, Védior bis, et Veolia Environnement. Par ailleurs, "45 à 65 contrats en alternance sont à pourvoir immédiatement et 26 en septembre 2005" a ajouté le ministre, en précisant que "à terme, 513 jeunes pourront se voir proposer une solution en terme d'emplois et de contrats d'insertion". |
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