© AFPA quatre jours de l'intervention présidentielle du 14 juillet, Nicolas Sarkozy a fait entendre sa petite musique dimanche en appelant la France à faire son "examen critique", après "tant de résultats décevants". Intervenant à Perpignan en clôture de l'université d'été du Parti radical, petite formation associée à l'UMP, qui l'a applaudi avec chaleur, le ministre de l'Intérieur a, dans un discours de 45 minutes, appelé tous azimuts la droite au sursaut.
"Le premier problème de la vie politique, c'est l'ennui fondamental qu'elle génère (..) par ses discours sirupeux. Réveillez-vous, arrêtez le conformisme !", a lancé Nicolas Sarkozy, venu à Perpignan un jour après le Premier ministre.
Discrimination positive
S'il n'a jamais cité Jacques Chirac, qui tentera de reprendre la main le 14 juillet, après l'échec du référendum et de la candidature de Paris aux JO, le président de l'UMP ne l'en a pas moins visé à plusieurs reprises. "La déception des Jeux olympiques doit nous amener à nous poser des questions sur la façon dont nous défendons les dossiers, dont nous présentons nos idées", a-t-il affirmé quatre jours après le plaidoyer raté de Jacques Chirac à Singapour.
Face à ses difficultés économiques, sociales, la France ne "peut pas faire l'économie d'un travail sur elle-même que les autres ont fait". "Le statut d'un pays n'est pas gravé dans le marbre", a-t-il martelé. Prenant le contrepied de Jacques Chirac, qui réfute le modèle libéral anglais, le président de l'UMP a loué le chemin parcouru par la Grande-Bretagne qui a su "se moderniser" en révisant "en profondeur ses valeurs" et en "abandonnant des tabous".
En prônant des "quotas" afin de faciliter l'intégration de jeunes issus de l'immigration ou de quartiers sensibles, Nicolas Sarkozy a fait aussi entendre sa différence avec Jacques Chirac et Dominique de Villepin, opposés à toute idée de discrimination positive. Il a toutefois suggéré d'y recourir sur une durée limitée, et ménageant son public, très attaché aux valeurs républicaines, s'est dit prêt à parler de "volontarisme républicain" plutôt que de discrimination positive.
Pas "une vache sacrée"
Sur la laïcité, le ministre de l'Intérieur n'a pas reculé d'un pouce, affirmant que la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat - chère aux radicaux - n'était pas "une vache sacrée" et pouvait supporter des "adaptations". En 2004, M. Sarkozy avait hérissé une partie de son camp, à commencer par les radicaux, en suggérant de toiletter la loi afin, notamment, de permettre à l'Etat de financer la construction d'édifices religieux.
Le Parti radical, malgré des effectifs réduits, reste fort d'une vingtaine de parlementaires, de deux ministres -Jean-Louis Borloo et François Loos - et de réseaux importants, notamment chez les francs-maçons. Fidèle à l'adage selon lequel une élection se gagne au centre, il entend prendre toute sa place dans la bataille de 2007, alors que Nicolas Sarkozy est orienté droite toute. Plus direct, le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a demandé à Nicolas Sarkozy de mettre plus de social dans son programme. "Tu auras besoin de cette sensibilité pour gagner", a-t-il lancé.
(Nicolas Sarkozy dimanche à Perpignan/AFP/ERIC CABANIS)
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