
Affaibli par le "non" au référendum, par la crise sur le budget de l'UE et par la défaite de Paris face à Londres pour les JO de 2012, Jacques Chirac devait absolument convaincre les Français pour leur rendre la confiance. C'est ce qu'il a essayé de faire ce jeudi en début d'après-midi pendant 50 minutes lors de la traditionnelle interview du 14 juillet à l'Elysée.
Interrogé par Arlette Chabot pour Francetélévisions et Patrick Poivre d'Arvor pour TF1, le chef de l'Etat s'est montré plutôt offensif sur la forme. Sur le fond, il a abordé tous les sujets de politique intérieure : lutte contre le chômage, rivalité entre Villepin et Sarkozy à l'intérieur du gouvernement, échéance électorale de 2007, développement de la recherche... Concernant la politique internationale, il est revenu sur les conséquences du "non" au référendum sur la Constitution européenne, sur son bras-de-fer avec Blair sur la PAC et sur les moyens de lutter contre le terrorisme.
Voici les principaux extraits de son intervention
Emploi
"Il y a trop de Français qui ne sont pas incités ou encouragés par des procédures adaptées à prendre des emplois qui existent ou qui peuvent se créer. Il faut à prendre à bras-le-corps la question mais il faut faire autre chose que par le passé. Les 35 heures nous ont coûté extrêmement cher et ont été très, très, très préjudiciable.
Modèle britannique
"Je ne crois pas que le modèle britannique soit un modèle que nous devions envier et copier".
Impôts
"L'objectif de baisse de l'impôt sur le revenu pendant mon mandat reste le même, mais faut s'adapter aux moyens dont nous disposons".
ISF
"Je suis tout à fait opposé à la suppression de l'ISF mais il y a incontestablement un problème qui doit être étudié, celui des délocalisations de capitaux ou d'entreprises".
Recherche
"J'ai décidé la mise en place d'un Haut comité scientifique. Il faut rassembler toutes nos énergies (...) C'est par l'ambition et le rassemblement que nous sortirons de la difficulté. Cela suppose que les politiques donnent l'exemple et qu'ils soient unis et rassemblés dans le seul objectif de servir les Français".
Récidive
"Sur la récidive, c'est un bon débat. Des dispositions législatives ont été prises à ce sujet et qui vont être mises en place avant la fin de l'année. J'ai exclu, pour la première fois, du décret de grâces du 14 juillet, tous les récidivistes".
Troisième candidature à l'Elysée ?
"Vous le saurez le moment venu. Jusqu'à présent, j'ai assumé mes fonctions comme je croyais devoir les assumer, tant sur le plan intérieur que sur le plan international".
Villepin
"J'ai toute confiance dans le Premier ministre pour régler concrètement les problèmes de la France."
Sarkozy
Le président de l'UMP a été nommé ministre, et ceci je m'en réjouis parce que c'était dans le cadre d'une synthèse de toutes les personnalités de la majorité au sens large du terme pour s'engager (...) notamment dans la lutte contre le chômage et la projection dans l'avenir de notre économie".
Europe
"Je ne me suis pas senti humilié par le 'non' des Français. Ce n'est pas le message d'une France morose, d'une France qui aurait baissé les bras (...) C'est à partir des interrogations que l'on peut trouver l'impulsion qui s'impose. J'ai puisé énergie et ambition dans le résultat pour avancer dans des domaines d'avenir tels que 'industrialisation, la recherche, l'innovation. Cette pratique du référendum doit dorénavant plus fréquemment utilisée".
PAC
"Je ne suis pas disposé à faire la moindre concession sur la politique agricole commune"
Terrorisme
"Aucun pays dans le monde n'est à l'abri d'attentats. Avec le terrorisme, il faut toujours adapter, en permanence, les moyens. On ne sait pas ce qu'ils vont inventer de nouveau car ils ont une mentalité, une psychologie différente de la nôtre".
JO 2012
"J'ai un grand regret après l'échec de la candidature de Paris".
(photo : Jacques Chirac lors de son intervention)
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