© DRLe 18 juillet 2004, le temps était à l'orage entre la France et Israël. Après plusieurs agressions antisémites, Ariel Sharon invitait alors les Juifs de l'Hexagone à émigrer d'"urgence". La déclaration avait évidemment provoqué une crise diplomatique entre les deux pays.
Un an après, les nuages se sont dissipés et la météo semble tendre vers l'éclaircie. La disparition de Yasser Arafat, mis à l'écart par Sharon mais soutenu par Paris, la décision d'évacuer les colonies dans la bande de Gaza et l'élection de Mahmoud Abbas à la tête de l'Autorité palestinienne ont en effet contribué à changer les relations pour "repartir sur de nouvelles bases".
Un chiffre qui tombe à pic
Cette détente, entamée par le voyage de Jean-Pierre Raffarin en Israël en mars dernier, est donc consacrée par celui d'Ariel Sharon à Paris. Arrivé mardi soir, le Premier ministre israélien repartira jeudi, après avoir notamment déjeuné avec Jacques Chirac puis dîné avec Dominique de Villepin mercredi.
"En accueillant à Paris le Premier ministre, c'est un message de confiance que la France adresse à son ami : la conviction que la paix est possible" a déclaré Jacques Chirac dans un récent entretien au quotidien israélien Haaretz. "Le temps est venu pour tourner une nouvelle page avec Paris" souligne pour sa part un proche d'Ariel Sharon. La publication lundi du chiffre de la baisse des agressions antisémites (-48%) est également tombée à point, deux jours après l'attaque contre une école juive du XVIIIe arrondissement de Paris.
Voir plus loin que le retrait de Gaza
Au menu des entretiens : le retrait de la bande de Gaza, prévu à la mi-août, et la consolidation du "partenariat" franco-israélien. Pour Ariel Sharon, interrogé par Le Monde, ce retrait n'est toutefois qu'une "étape préliminaire" avant l'application de la "feuille de route", le plan de paix international visant à la création par étapes d'un Etat palestinien indépendant. "Pour entrer totalement dans ce plan, il faut un arrêt total du terrorisme, la confiscation des armes, le démantèlement des organisations terroristes" a-t-il précisé, en regrettant que Mahmoud Abbas n'ait pas engagé "d'action sérieuse contre le terrorisme".
De son côté, la France devrait tenter de convaincre son hôte d'offrir aux Palestiniens une perspective politique après le retrait de Gaza. "Il est essentiel que les Palestiniens aient un horizon, une lumière au bout" note un diplomate du Quai d'Orsay. Paris devrait ainsi réitérer sa proposition d'une conférence internationale basée sur la Feuille de route du Quartette (Etats-Unis, Russie, Onu, UE) pour le retrait par étapes des territoires palestiniens occupés en 1967.
Au-delà de ces différences de vues, la France souhaite également améliorer "en profondeur" les relations non seulement entre les deux Etats mais aussi entre les sociétés des deux pays, en proposant notamment la création d'une Fondation franco-israélienne.
(Ariel Sharon à son arrivée à l'aéroport d'Orly mardi soir)
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