Adam Stacey a pris cette photo alors qu'il se trouvait dans le métro. © DRKhalid, travaille à Londres dans la banque d'affaires Calyon
"Je prends tous les jours le métro pour me rendre à mon travail à la City, près de la station Liverpool Street, où une bombe a explosée. Aujourd'hui, exceptionnellement, j'ai pris le bus car je devais acheter des timbres. Comme nous étions bloqués par ce qui semblait être des embouteillages – il y en a tous les jours à Londres -, je suis sorti du bus pour me diriger à pied vers mon bureau. En arrivant au niveau de la station de Liverpool Street, j'ai eu un mal fou pour rentrer dans notre tour tellement il y avait du monde – beaucoup de policiers notamment – dans la rue. J'ai cru que le métro avait eu un problème technique. Une blague circulait alors : "Les Français se vengent d'avoir perdu les JO de 2012". En effet, c'est EDF qui alimente la ville en électricité… Puis on a appris la nouvelle. J'espère que les auteurs des attentats seront vite retrouvés.
Clemence, travaille dans le marketing à Londres :
"Quel chaos... Quand un policeman a Liverpool Street station m'a dit, ce matin à 09 heures, que le lieu devait être évacué au plus vite, je ne m'attendais pas à ce que la City devienne un tel bazar. Tout le monde essayait de prendre des taxis, c'était fou. Une blague a commencé à circuler, au moment où l'on pensait alors qu'il s'agissait d'une gigantesque panne électrique. On disait : 'C'est un coup des Français qui se vengent d'avoir perdu les JO de 2012'.
Je suis à mon bureau maintenant, mais les sirènes ne cessent pas... Impossible de travailler. On ne parle que de ça. Pendant longtemps, l'un de mes collègues était porté manquant au bureau. On s'est beaucoup inquiété. Finalement, il est arrivé après avoir traversé Londres, à pied, durant une heure et demie. Il n'avait pas pu nous prévenir car les réseaux téléphoniques sont totalement paralysés. Impossible également d'envoyer des textos pour rassurer nos familles.
Mes collègues britanniques sont extrêmement choqués. Ils ont peur. Moi-même je me demande : Comment vais-je rentrer chez moi ce soir ? Aurais-je la force de reprendre le métro demain ?"
Souhil, travaille pour une banque d'affaires à Londres :
Nos bureaux sont en dehors de la City et nous n’avons heureusement pas été touchés. J’étais déjà au bureau quand les explosions se sont produites. Notre direction nous a demandé de ne pas quitter les locaux jusqu’à nouvel ordre et de signaler si des collègues étaient absents. Certains portables ne passent pas.
Ici les traders essaient de limiter les dégâts. Hier, le marché du pétrole était au plus haut, à plus de 60 dollars le baril. Certains prévoyaient une montée rapide à 70 euros, mais les événements de ce matin ont provoqué l'écroulement du prix du baril à 55,5 dollars. Tout le monde est pris de court. Nous essayons de ne pas répéter l’effondrement de la bourse qui s’était produit le 11 septembre dans les instants suivants les attentats, les citoyens réduisant immédiatement leur consommation et leurs déplacements.
Marie, travaille à la City :
"Je travaille dans une banque derrière Liverpool street. Notre manager nous a dit que nous ne pouvions plus sortir et qu’il ne fallait pas s’approcher des fenêtres. Nous sommes dans une cuisine. Les chefs ne veulent plus travailler. Tout le monde commence à paniquer. La police entre dans tous les immeubles. On nous évacue… Je dois partir"
Yannick, à la recherche d'un emploi à Londres :
"11h03, heure anglaise. C'est le chaos... Il y a 2 minutes, l'Etat a confirmé la mort de 2 personnes, 90 blessés a Aldgate Station et bien d'autres ailleurs. Problème technique ou attentat ? La thèse de l'attentat commence à prendre le dessus, trois explosions quasi en même temps ! J'ai entendu ce matin dans un bus 4 Anglais qui parlaient d'une vengeance française pour les Jeux, une information qu'il ne faut pas prendre au sérieux, cela vous montre juste l'état de la psychose anglaise.
Tout le métro Londonien est fermé, les routes principales sont bloquées, les gens on peur de prendre les bus au cas où ils "exploseraient".
A 11h19, on parle de 6 explosions, Tony Blair va faire une annonce à 12h, heure locale, les ambulances sont surchargées de travail, c'est un ballet de civières dans les rues de Londres. Les images du bus explosé sont impressionnantes, tout le toit est arraché et tout le secteur est bouclé".
Luc, 35 ans banquier dans la City :
"Je me trouve dans une salle de marchés d’une grande banque. Les gens sont inquiets et appellent leurs proches. Ils regardent les écrans de télévision. Mais ce qui est impressionnant, c’est le flegme et le calme des Anglais. Il n’y a aucune panique visible sur leur visage. C’est "business as usal". Tout ce que je sais, c’est qu’ils ont évacué certaines banques autour de la station de Liverpool Street. Le quartier où le bus a explosé est le quartier du British Museum, un quartier d'affaires".
Stanislas, travaille à Londres :
"La pression monte au fur et a mesure que nous écoutons les informations. Les anglais sont terrorisés, des hélicopteres font des va et vient depuis 20 minutes. La radio passe en boucle un message disant que personne ne doit bouger de l'endroit ou il se trouve jusqu'a nouvel ordre".
Arnaud, travaille à Londres dans la communication :
"Je suis sorti de mon hôtel vers 9h30, ce matin. Je me dirigeais à pied vers mon lieu de travail lorsque j'ai entendu une énorme explosion. C'est en arrivant sur mon lieu de travail que j'ai compris que l'explosion qui s'est produite était celle du bus qui circulait sur Tavistock Square, là-même où se trouve mon hôtel. J'ai aussitôt appelé ma copine qui était restée à l'hôtel. Je lui ai dit de rester dans sa chambre. En attendant d'en savoir davantage.
Ici, c'est très bizarre : les hélicoptères tournent sans cesse dans le ciel, les ambulances retentissent, le métro a été fermé dans toute la capitale et ils prévoient d'en faire de même avec les bus".
Ghislaine, travaille à la City, le cœur financier de Londres :
"Je travaille à seulement quelques minutes de la station d'Aldgate où il y a eu une explosion. Les stations de métro ont toutes été évacuées à partir de 8h50, heure de Londres. Quand je suis sortie de mon train, ils commençaient l'évacuation des stations. Le métro a complètement été suspendu. Une école primaire juste a coté vient d'être évacuée. Nous sommes tous au bureau et essayons de continuer à travailler tout en allant voir les dernières infos".
photo : Adam Stacey a pris cette photo alors qu'il se trouvait dans le métro londonien (DR)
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