© TF1Depuis le drame du 1er août et le crash d'un Canadair en Haute-Corse, qui a coûté la vie aux deux pilotes, les 10 appareils restants de la Sécurité civile sont maintenus au sol à Marignane et en Corse pour des inspections. Une immobilisation qui est survenue alors que les risques d'incendies sont à leur maximum dans tout le Sud-Est. Au cours du week-end dernier notamment, des départs de feu tous azimuts, attisés et propagés par un vent violent, ont rendu la tâche très difficile aux pompiers et provoqué, outre les hectares brûlés, plusieurs destructions d'habitations. D'où la colère et l'incompréhension des victimes des incendies devant l'absence des Canadair, relayées par le président socialiste du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco.
L'annonce faite mercredi par le ministère de l'Intérieur devrait largement soulager ces inquiétudes : les dix Canadair de la Sécurité civile "vont reprendre leurs activités opérationnelles dès jeudi", a indiqué un communiqué. "Les inspections menées sur chacun des dix Canadair sont désormais achevées et font apparaître qu'ils peuvent être remis en service". Même si les incendies étaient éteints mercredi dans le Sud-Est, cette annonce de la reprise des vols a été saluée avec "satisfaction" par les représentants des pompiers en Corse, et par Jean-Louis Bianco comme "une très bonne nouvelle car il y a toujours des risques". Ce dernier a cependant souligné que si les Canadair avaient pu agir lundi, son département "n'aurait pas connu le plus grand incendie de son histoire". Plus de 2.500 ha y ont été parcourus par les flammes.
Les conditions de la reprise des vols
Quelques heures avant le communiqué du ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer les pilotes à Marigane jeudi matin, avait déclaré qu'il autoriserait les Canadair à voler, à une double condition: "un avis écrit de la société Bombardier", le constructeur canadien, et "un accord des pilotes de Canadair après qu'ils aient vu un membre de la Commission d'enquête".
Le porte-parole de la Sécurité civile, Eric Soupra, a indiqué que les pilotes avaient entendu mercredi un responsable du BEAD (bureau enquête accident du ministère de la Défense) lors d'une réunion à la base aérienne de Marignane. Aucun représentant des pilotes n'était joignable mercredi après-midi pour commenter cette information. La semaine dernière, l'un d'eux, Alain Huet, représentant de l'intersyndicale des pilotes de bombardiers d'eau de Marignane, avait déclaré qu'ils ne reprendraient pas l'air sans "un résultat net et précis de ce qui s'est passé" lors du crash.
Les enquêtes ouvertes, l'une judiciaire sous l'autorité du procureur de la République de Bastia, l'autre administrative conduite par le bureau enquête accident du ministère de la Défense sur les causes de cet accident sont toujours en cours. Précisant que l'enquête judiciaire serait "longue", le procureur de Bastia, Jean-Jacques Fagni, a démenti mardi des informations de presse selon lesquelles "une pièce douteuse, peut-être contrefaite" aurait été retrouvée sur les lieux. "Le procureur a démenti car il avait les éléments pour démentir", a insisté mercredi Nicolas Sarkozy. Tous les débris de l'avion bombardier d'eau devaient être hélitreuillés d'ici jeudi et déposés provisoirement dans un hangar militaire pour y être "examinés dans des conditions plus satisfaisantes qu'à flanc de montagne", selon le magistrat qui n'écarte aucune hypothèse, y compris celle d'un "problème de maintenance". La Sécurité civile écarte pour sa part celle de l'erreur de pilotage.
Photo : Canadair au sol - archives
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