© lciLe père de Charlotte, un Américain qui s'est vu mardi retirer la garde l'enfant, temporairement confiée à sa mère française résidant dans le Var, a déclaré que sa fille demeurerait auprès de lui, dans un entretien publié mercredi par Var Matin. "Charlotte restera avec moi. Je sais profondément que si Charlotte retournait en France, je ne la verrais plus jamais", affirme David Washington.
Il avait obtenu en mai 2004 la garde provisoire de la fillette, âgée de presque cinq ans, au terme d'une procédure devant les tribunaux français qui, s'alignant sur un jugement américain, avaient appliqué la convention de La Haye sur les enlèvements internationaux d'enfants. Dans l'espoir d'obtenir un droit de garde, Sophie Maumousseau, la mère de l'enfant, avait alors demandé le divorce. En mars 2003 et après trois ans de vie commune, elle avait quitté les Etats-Unis avec sa fille en signifiant à son mari qu'elle ne reviendrait pas.
Mardi, le juge aux affaires familiales de Draguignan (Var) a décidé d'établir la résidence de la fillette en France, auprès de sa mère, dans le village varois des Adrets-de-l'Estérel, jusqu'à l'aboutissement de la procédure de divorce. Cette décision est contestée par David Washington : "La justice américaine a décidé, avant toute chose, avant que Charlotte ne me soit renvoyée sur la base de la Convention de la Haye, que j'avais, seul, la garde de ma fille. Le tribunal en France sait ça. Sa décision n'implique rien", a-t-il affirmé au quotidien. En "France tout spécialement, les pères ne sont rien. On ne ressent pas pour eux la même sympathie que pour les mères, et encore moins lorsque le père est issu d'une minorité", regrette-t-il.
Application délicate de la décision de justice
Selon Me Lionel Escoffier, l'un des avocats de David Washington, "il y a de très fortes chances" pour que celui-ci fasse appel de la décision du juge dans les quinze jours qui lui sont impartis pour accomplir cette démarche à partir de la notification. L'appel n'est cependant pas suspensif de la décision du juge des affaires familiales.
Mardi, une source proche du dossier a estimé qu'il y avait toutefois très peu de chances que la justice américaine fasse exécuter cette décision, en raison notamment de son caractère provisoire et de l'absence de convention bilatérale entre la France et les Etats-Unis déterminant la compétence de l'un des deux juges nationaux en cas de divorce d'un couple binational. Sophie Maumousseau a pour sa part exprimé le souhait que "le gouvernement français (l')aide à appliquer cette décision. Elle a indiqué qu'elle ne se rendrait aux Etats-Unis qu'avec "des garanties du ministère et de l'ambassadeur des Etats-Unis".
Photo : David Washington, le père de Charlotte (Archives).
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