Charlotte : le bras-de-fer ne fait que commencer

le 17 août 2005 à 12h11 , mis à jour le 17 août 2005 à 17h22

Le père de la petite fille, qui s'est vu retirer mardi la garde de l'enfant, affirme que celle-ci restera avec lui aux Etats-Unis, en dépit de la décision d'un juge de la confier à sa mère.

Charlotte père (Var) © lci

Le père de Charlotte, un Américain qui s'est vu mardi retirer la garde l'enfant, temporairement confiée à sa mère française résidant dans le Var, a déclaré que sa fille demeurerait auprès de lui, dans un entretien publié mercredi par Var Matin. "Charlotte restera avec moi. Je sais profondément que si Charlotte retournait en France, je ne la verrais plus jamais", affirme David Washington.

Il avait obtenu en mai 2004 la garde provisoire de la fillette, âgée de presque cinq ans, au terme d'une procédure devant les tribunaux français qui, s'alignant sur un jugement américain, avaient appliqué la convention de La Haye sur les enlèvements internationaux d'enfants. Dans l'espoir d'obtenir un droit de garde, Sophie Maumousseau, la mère de l'enfant, avait alors demandé le divorce. En mars 2003 et après trois ans de vie commune, elle avait quitté les Etats-Unis avec sa fille en signifiant à son mari qu'elle ne reviendrait pas.

Mardi, le juge aux affaires familiales de Draguignan (Var) a décidé d'établir la résidence de la fillette en France, auprès de sa mère, dans le village varois des Adrets-de-l'Estérel, jusqu'à l'aboutissement de la procédure de divorce. Cette décision est contestée par David Washington : "La justice américaine a décidé, avant toute chose, avant que Charlotte ne me soit renvoyée sur la base de la Convention de la Haye, que j'avais, seul, la garde de ma fille. Le tribunal en France sait ça. Sa décision n'implique rien", a-t-il affirmé au quotidien. En "France tout spécialement, les pères ne sont rien. On ne ressent pas pour eux la même sympathie que pour les mères, et encore moins lorsque le père est issu d'une minorité", regrette-t-il.

Application délicate de la décision de justice

Selon Me Lionel Escoffier, l'un des avocats de David Washington, "il y a de très fortes chances" pour que celui-ci fasse appel de la décision du juge dans les quinze jours qui lui sont impartis pour accomplir cette démarche à partir de la notification. L'appel n'est cependant pas suspensif de la décision du juge des affaires familiales.

Mardi, une source proche du dossier a estimé qu'il y avait toutefois très peu de chances que la justice américaine fasse exécuter cette décision, en raison notamment de son caractère provisoire et de l'absence de convention bilatérale entre la France et les Etats-Unis déterminant la compétence de l'un des deux juges nationaux en cas de divorce d'un couple binational. Sophie Maumousseau a pour sa part exprimé le souhait que "le gouvernement français (l')aide à appliquer cette décision. Elle a indiqué qu'elle ne se rendrait aux Etats-Unis qu'avec "des garanties du ministère et de l'ambassadeur des Etats-Unis".

Photo : David Washington, le père de Charlotte (Archives).

le 17 août 2005 à 12:11
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13 Commentaires

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  • Jacques, le 17/08/2005 à 17h22

    Vivant actuellement une procédure de divorce, je ne peut que confirmer ce que dit le père de Charlotte: en France, les pères ne sont rien et on ne ressent pas pour eux la même sympathie que pour les mères. J'ai été pour ma part autorisé (condamné?) à ne voir ma fille que 9 heures tous les 15 jours pendant 3 mois puis 1 week-end sur 2 vacances incluses (au lieu de la moitié d'entre elles). J'ai fait appel mais les délais sont extrèmement longs et mon appel ne sera pas traité avant la fin de l'année. Je comprends que beaucoup de pères soient démunis et se trouvent face à un véritable mur. Il faut tenir moralement et financièrement. Monsieur Washington, je suis de tout coeur avec vous et avec votre fille.

  • Christian, le 17/08/2005 à 17h15

    Tas raison mon gars !! T'occupes pas de l'avis de la presse et de gens "bien pensant". Ils savent rien, connaissent rien de ta vie, mais faut qu'ils donnesnt leurs avis. Courage et reste bient chez toi aux states.

  • Alex, le 17/08/2005 à 16h28

    Bonne chance mr Washington, la justice americaine a juger en premier c est donc elle qui doit etre respectee. de plus vous avez raison les peres ne sont pas grand chose en france mais je ne pense pas que votre minorité soit en cause. Good luck buddy

  • Sabrina, le 17/08/2005 à 16h05

    Sincèrement, que fallait-il s'attendre : une mère vivant en couple et ayant un enfant de cette union au état unis, s'enfuie avec l'enfant en France pour couper les ponts avec son mari ( et qui l'est toujours d'ailleurs). Ca s'appelle un enlèvement. Si le contraire auvait-eu lieu à savoir le mari qui s'enfui avec l'enfant aux état unis, on aurait crié à l'injustice ! Alors il faut être réaliste. Elle a prit un risque à faire ce qu'elle a fait. Préférer s'enfuir avec l'enfant au lieu de faire les choses "dans les rêgles de l'art" (demande de divorce et de garde partagée etc...) Je ne vais pas m'émouvoir devant l'histoire cette mère qui se fait passer pour victime devant les médias français. La vraie victime c'est cette pauvre petite qui a subi l'interpellation dans son école à la surprise de tous dans une agressivité indigne d'une équipe de police et qui souffre de la guerre entre ses deux parents !

  • Mag, le 17/08/2005 à 15h55

    C'est une histoire terriblement facheuse pour la petite, le père la retient comme "son otage" s'il pense ne jamais la revoir c'est qu'il n'a pas la fibre autant paternelle qu'il le pretend, la petite a besoin de sa maman et vice et versa, c'est de la part du papa un acte d'égoïste, se rend-il compte que s'il la "retient" avec lui elle ne reverra que très ponctuellement sa maman ! c'est un homme à finalement ne pas connaître, je lui souhaite bon courage quand sa fille sera en âge de comprendre ce qu'il lui fait subir en ce moment même, je souhaite à sa maman de retrouvée sa petite puce et qu'elle vive enfin dans la sérénité, courage à toute la famille

  • Papy Mougeot, le 17/08/2005 à 15h44

    Sa fille a grandi en France...la déraciner maintenant dans un pays si différent du nôtre me paraît irresponsable. Je me fous de savoir qui de la mère ou du père a raison ou a tort...il faut penser à l'enfant ! Quant aux reflexions du père...no comment..

  • Jim, le 17/08/2005 à 15h42

    Je suis bien d'accord avec ce monsieur. Pourquoi un juge français serait il compétent dans cette affaire, plus qu'un juge américain ? Dieu sait que je ne suis pas pro-américain, mais après tout, c'est bien cette femme qui a décidé de quitter son mari en enlevant son enfant. Car la Convention de la Haye est catégorique sur le sujet, c'est bien un enlévement.

  • Choune, le 17/08/2005 à 15h37

    M. Washington aurait raison de faire appel. C'est la mère qui, en premier, a enlevé l'enfant non ? Et pourquoi ce serait toujours la mère qui aurait la garde ? Les pères sont-ils si peu considérés que ça ? Au moment de concevoir l'enfant le père était nécessaire... et maintenant, ils se tirent dans les pattes. Ca m'a toujours fait sourire ces histoires. Un enfant n'est-il pas autant au père qu'à la mère ? Posez-vous la question.

  • Olivier, le 17/08/2005 à 15h37

    IL est étonnant de voir que la mère qui a défié la justice durant de longs mois, se permette maintenant de telles actions....

  • Vastre, le 17/08/2005 à 15h11

    Qu'importe le bonheur, l'équilibre et l'éducation des enfants, pourvu que l'égo des parents soit satisfait ! Des gosses ainsi traités, il y en a des millions dans le monde. Heureusement des couples d'homos sont prêts à faire face !

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