La colère des mal-logés

le 26 août 2005 à 19h54 , mis à jour le 26 août 2005 à 22h35

Vendredi soir, quelques heures après l'incendie meurtrier d'un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris, une manifestation s'est déroulée devant le lieu du drame pour dénoncer l'"absence de politique publique effective pour les mal-logés".

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Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi soir à Paris pour demander le relogement des rescapés de l'immeuble incendié dans le XIIIe arrondissement, à l'angle du boulevard Vincent-Auriol et de la rue Edmond-Flamand, et dénoncer l'"absence de politique publique effective pour les mal-logés".

Les manifestants - au nombre de 300 selon la police -, des membres du Parti communiste français, de la CGT, et de diverses associations tel que le DAL, le Mrap ou ACT-UP se sont rassemblés devant l'immeuble pour témoigner leur solidarité aux rescapés et dénoncer ce nouvel incendie, qui a fait 17 morts, après celui de l'hôtel Paris-Opéra qui avait coûté la vie à 24 personnes le 15 avril dernier.

"C'est très choquant cette situation d'apartheid"

"Ce n'est pas une loi des séries qui vient du hasard", a dénoncé Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap. "L'absence de politique publique effective pour les mal-logés fabrique un terreau criminel qui provoque ces drames". "Il faut réquisitionner des logements vides, a pour sa part exigé Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au Logement (DAL). Pour les familles nombreuses de la majorité gouvernementale, pas de problème. Mais pour les autres, ceux qui nettoient les bureaux, on leur offre des poubelles".

"800 mètres carrés pour les ministres, 8 mètres carrés pour les immigrés", a scandé la foule rassemblée autour de pancartes de ACT-UP où était inscrit le slogan : "Etat raciste et meurtrier. 15 avril : 24 morts. 25 août : 17 morts. Trop horrible, trop injuste, trop prévisible". Quelques riverains s'étaient également déplacés : "C'est très choquant cette situation d'apartheid. Dans ce quartier flambant neuf avec des cafés à la pointe de la mode et des mouroirs coincés-là", a déclaré Monique Sicard, chercheuse à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

A l'initiative du DAL, une centaine de manifestants ont cheminé jusqu'au gymnase situé porte d'Italie, où avaient été rassemblés les rescapés de l'incendie et leurs proches, gardés par des CRS. "Nous avons été terriblement choqués", a lancé Jean-Baptiste Eyraud. "Familles, ne vous laissez pas faire! Restez solidaires", a-t-il ajouté, appelant à une nouvelle manifestation dimanche devant l'immeuble incendié. La manifestation s'est dispersée vers 21 heures, sans aucun incident. Selon un attaché de presse de la mairie de Paris, les rescapés et leurs proches préféraient passer ensemble la nuit de vendredi à samedi dans le gymnase plutôt que d'être acheminés vers les hôtels qu'on leur avait réservés.

Photo d'ouverture : les manifestants réunis vendredi soir devant l'immeuble incendié - DR

le 26 août 2005 à 19:54
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2 Commentaires

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  • Fab95100, le 27/08/2005 à 07h58

    Certains ont tout perdu, certes, c'est dramatique. Condoléances aux familles des victimes. Cependant lorsqu'on entend aux informations, qu'ils avaient refusés de quitter leur logement lorsqu'on souhaitait renover l'immeuble, là il y a des limites quand même... En Juillet à Argenteuil dans le Val d'Oise, un incendie à ravager 60 appartements entièrement, et les pompiers (mobilisés ceux de Paris aussi), ont innondé plus de 200 logements. Cela n'a pas fait de victimes certe, mais on en a parlé 2 minutes à la télévision.......

  • Camara, le 26/08/2005 à 20h47

    Ma reaction c'est tres douloureux ,car il y a eu des enfants qui sont morts mais je presente toutes mes condèleances aux familles qui ont perdu leurs proches

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