
Le Conseil des ministres de rentrée marque officiellement la fin de la trêve estivale - le dernier Conseil remonte au 2 août - même si la plupart des ministres et le chef de l'Etat ont entrecoupé leurs vacances de visites sur le terrain et de déclarations ou communiqués liés à l'actualité.
Le Premier ministre, rentré à Paris le 15 août, "est au travail, il met la dernière main à son plan d'action pour les mois à venir", indique son entourage, qui décrit "une ambiance studieuse" à Matignon. Dominique de Villepin réunit quotidiennement ses ministres pour "faire le point sur tous les dossiers d'actualité qui intéressent les Français", à savoir "l'emploi, le social ou la politique économique". De fait, il devrait dévoiler ses grandes orientations la semaine prochaine, lors de sa troisième conférence de presse mensuelle prévue peu avant le 8 septembre, jour où il franchira le cap de ses 100 premiers jours à Matignon. Il devrait alors détailler le contenu du "plan de relance pour la croissance" annoncé le 16 août lors d'une réunion d'urgence sur la conséquence de la flambée du cours du pétrole sur les prix à la pompe.
M. de Villepin, qui a connu une belle ascension dans les sondages au cours de l'été pour tutoyer désormais la barre des 50% d'opinions favorables, sait en effet que le plus dur est devant lui et que les mois à venir sont parsemés d'embûches. La croissance est en panne au point de menacer l'objectif des 2% désormais fixé par Bercy pour 2005, la consommation marque le pas, le commerce extérieur est en berne... Tout ceci réduit ses marges de manoeuvre en pleine préparation du budget 2006, d'autant que Paris a promis de ramener son déficit public dans les clous de 3% du PIB édictés par Bruxelles et que le Premier ministre a fait de la "bataille pour l'emploi" sa priorité.
En juin, le chômage a certes enregistré un recul plus net que les mois précédents mais il se situe encore à 10,1% de la population active. Pour prolonger l'embellie, le gouvernement mise sur le plan Borloo de cohésion sociale et, surtout, sur le contrat "nouvelle embauche". Réservé aux entreprises de moins de 20 salariés, il vient d'entrer en vigueur mais suscite la colère des syndicats, qui y voient un permis de licencier sans contrainte et ont promis une forte mobilisation en septembre. "Nous travaillons sans tabou sur des mesures fiscales et sociales qui permettront d'activer l'emploi", a confié lundi au Figaro le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé. Parmi celles-ci, pourrait figurer une réforme de l'ISF, réclamée depuis longtemps par une partie de la majorité.
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