On y voit l'appareil, déjà brisé, descendre vers le sol. Selon des pompiers cependant, l'avion pourrait avoir heurté un rocher et volé encore quelques secondes sans sa queue avant l'écrasement final. © DRDepuis le début de l'été, les incendies ont déjà détruit plus de 11.000 hectares de végétation, soit deux fois plus qu'en 2004. Un chiffre alarmant qui, s'il reste encore inférieur aux dramatiques destructions de 2003 où plus de 20.000 hectares étaient partis en fumée, s'explique par la sécheresse et les forts vents qui soufflent dans le sud de la France.
Les statistiques 2005 risquent de s'aggraver davantage encore dans les jours qui viennent du fait de l'absence des 10 Canadair cloués au sol depuis le 1er août, date de l'accident qui a fait deux morts près de Calvi, en Haute-Corse.
Au cours du week-end, des pompiers en nombre limité ont combattu le feu dans les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que dans les environs d'Hyères et d'Aix-en-Provence. Quatre maisons n'ont pu être sauvées et plusieurs dizaines de pompiers ont été légèrement blessés et intoxiqués. Les pouvoirs publics ont utilisé par la première fois, samedi sur le massif du Montaiguet (Bouches-du-Rhône), le "Dash 8", ce nouveau bombardier d'eau à grande capacité tout juste homologué. Mais l'absence des Canadair pèse lourdement sur le travail des soldats du feu.
"Nous ne voulons pas mettre en jeu la vie de nos équipages"
A ce propos, le porte-parole de la sécurité civile, le lieutenant-colonel Soupra, a affirmé lundi matin sur Europe 1 que l'erreur de pilotage s'éloigne "de plus en plus" dans l'enquête sur le crash du Canadair. "Tout est possible, vraiment aucune hypothèse n'est privilégiée. Par contre la faute de pilotage semble s'éloigner de plus en plus. Néanmoins nous attendons les conclusions du procureur pour avoir plus de renseignements", a-t-il expliqué. La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait souligné que les appareils ne seraient pas autorisés à redécoller tant que les causes du crash n'étaient pas déterminées.
Pour l'heure, l'enquête semble avancer à pas comptés. La sécurité civile et la société de maintenance vont inspecter la queue de l'avion avant de procéder à "une visite plus pointue de tous les appareils". "A ce jour, nous n'avons aucune indication sur les circonstances de cet accident ce qui fait que dans le doute, parce que nous ne voulons pas mettre en jeu la vie de nos équipages et des sapeurs-pompiers voire de la population, nous ne prenons pas de risque", a expliqué le lieutenant-colonel Soupra, tout en souhaitant que les Canadair "puissent revoler" avant la fin de la saison.
L'enquête sera "longue", a renchéri lundi le procureur de la République de Bastia Jean-Jacques Fagni. Des vérifications et des analyses techniques sont à réaliser et ces opérations nécessitent du temps, selon le procureur, qui a ouvert le 2 août une information judiciaire pour "homicide involontaire" afin de permettre aux enquêteurs de "tenter de déterminer les circonstances exactes dans lesquelles le bombardier d'eau s'est abîmé contre la montagne".
Photo : l'image du Canadair, quelques instants avant son crash, le 1er août près de Calvi, en Haute-Corse.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




