La carcasse de l'appareil repose dans le maquis. Les deux membres d'équipage, tous deux très expérimentés, le pilote Ludovic Piasentin, 50 ans, et le co-pilote Jean-Louis de Bénédict, 55 ans, ont été éjectés et sont morts sur le coup. Autour du lieu du crash, un strict périmètre est établi...Un Canadair s'est écrasé lundi matin près de Calvi, en Haute-Corse, entraînant le "maintien au sol" pour quelques heures au moins de tous les avions de ce type pour une visite technique en période à haut risque pour les feux de forêt. C'est le deuxième accident d'un avion de la sécurité civile intervenant sur un incendie en moins de deux semaines, après celui dans le Var, le 19 juillet, d'un Tracker dont le pilote était miraculeusement sorti indemne. Cette fois-ci, le crash a été meurtrier : le pilote Ludovic Piasentin, 50 ans, et le co-pilote Jean-Louis de Bénédict, 55 ans, "ont été éjectés dans le crash et sont morts immédiatement", a indiqué le préfet Pierre-René Lemas, qui s'est rendu sur le lieu de l'accident.
"Nous n'avons pour le moment aucune indication sur les causes de l'accident", survenu peu après 10 heures, a ajouté un responsable de la préfecture. Le Canadair "s'est écrasé sur la commune de Calvi mais pas sur une zone habitée. L'avion était "en opération sur le feu de Calenzana, en train de terminer l'extinction de ce feu". "A 10h14, nous avons reçu un message qui nous a signalé par radio le crash du Pelican 36", nom de code de l'appareil, a expliqué le colonel Francis Mené, responsable du Centre opérationnel de zone (COZ), chargé de la coordination des moyens de lutte contre les feux de forêt pour 15 départements du sud de la France. L'accident a eu lieu "au moment du largage", a-t-il ajouté.
La moitié de la flotte de la sécurité civile clouée au sol
"La maison de mes parents étant au pied de la colline en feu, nous étions à l'affût de l'évolution" a indiqué sur tf1.fr une femme, témoin du drame. "J'ai vu ce pilote perdre le contrôle de son appareil et s'écraser contre la colline. Ils étaient là pour nous préserver, c'est tout simplement monstrueux et insoutenable. Il n'y a rien à rajouter sauf à saluer leur courage et celui de leurs coéquipiers qui ont désespérément arrosé la carlingue après l'accident". "Certains témoins, notamment des pompiers qui luttaient contre l'incendie, disent qu'il a touché la montagne, d'autres qu'il s'est cassé en deux avant. Mais tout cela s'est passé dans la fumée puisque, semble-t-il, le Canadair venait de larguer de l'eau sur le feu", a précisé le préfet.
"Cet accident dramatique nous rappelle le risque permanent pris par ces pilotes d'aéronefs pour lutter contre les incendies de forêts et le lourd tribut qu'ils viennent une fois de plus de payer à la Nation", a souligné Jacques Chirac dans un communiqué, en adressant ses "pensées" aux familles et aux proches. "Une enquête devra déterminer les causes de cet incendie et s'il s'avérait qu'elles étaient volontaires, je demande à ce que tout soit mis en oeuvre pour arrêter et punir les auteurs de façon exemplaire", a ajouté le chef de l'Etat. Mais pour le préfet de Corse, l'origine criminelle du feu qui s'est déclaré dimanche vers 14h30 dans la baie de Nichiareto, sur la commune de Calenzana, ne fait "guère de doute". "L'enquête officielle est d'ores et déjà engagée et doit permettre de connaître très rapidement les circonstances de ce tragique accident", a indiqué pour sa part le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, rendant également hommage aux pilotes qui étaient détachés pour deux semaines à Ajaccio.
Avec l'immobilisation des Canadair, la base de la sécurité civile de Marignane dispose encore de 11 avions bombardiers d'eau, des Tracker. Le Dash 8, un bombardier d'eau gros porteur, doit être opérationnel courant août.
Photo d'ouverture : les débris de l'appareil qui s'est écrasé près de Calvi, tuant ses deux occupants - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...




