
La bataille du congrès du Mans, à la mi-novembre, qui décidera de l'orientation et du contrôle du parti, occupe déjà les esprits au PS. Les partisans de la direction y ont d'ailleurs consacré toute leur matinée, vendredi, avant l'ouverture de l'université d'été de La Rochelle, réunie jusqu'à dimanche. Pour tenter de faire oublier leurs luttes intestines, cette réunion est largement consacrée au bilan des cent jours du Premier ministre Dominique de Villepin à Matignon, sur le thème "Combattre la droite, proposer à gauche". L'ex-numéro 2 Laurent Fabius, évincé de la direction début juin, n'en a pas moins mis en garde contre "un tournant à droite" du PS.
Devançant la critique souvent émise, notamment à l'UMP, selon laquelle "les socialistes ne proposent rien", le responsable de l'université d'été, Jean-Christophe Cambadélis, a mis en avant le "foisonnement d'idées" dont témoigne la préparation du congrès ("800 pages de contributions", a-t-il dit), affirmant que "tous les acteurs du PS ont voulu se tourner vers l'avenir". Quant à Dominique Strauss-Kahn, candidat quasi déclaré à l'investiture présidentielle, il a exprimé à la réunion des partisans de la direction sa "conviction que l'alternative politique commence ici", à La Rochelle, à se bâtir autour "d'une majorité stable".
"On ne parle pas de scission au Parti socialiste"
La veille au soir, en présence de Lionel Jospin, venu en voisin de sa résidence de l'île de Ré, le premier secrétaire François Hollande avait demandé sans détour que cessent "les chamailleries". Le rendez-vous charentais avait en effet été précédé de vives attaques contre le patron du PS par les rénovateurs du parti, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon en tête, réitérées vendredi près de La Rochelle par ce dernier. Parallèlement, les propos de Michel Rocard et Bernard Kouchner évoquant une possible scission du parti en cas de victoire de Laurent Fabius et ses alliés au congrès du Mans ont déplu jusque dans les rangs de la direction. "On ne parle pas de scission au Parti socialiste", a lâché Pierre Mauroy, selon un participant à la réunion de vendredi matin.
De son côté, la maire de Lille Martine Aubry prône "une reprise en main" par la direction du processus du congrès "pour parler des vrais sujets". Tout en estimant que ce n'était pas le moment d'en parler, l'ex-ministre de Lionel Jospin n'a pas exclu, lors d'une rencontre avec des journalistes, de se porter candidate à la candidature pour 2007. En 2012, "il ne sera plus temps" pour moi, a-t-elle affirmé.
Lors de la réunion des fidèles de la direction, François Hollande en a appelé à "la dignité" dans le débat, affirmant que sa motion au congrès offrirait "la clarté sur le projet", a rapporté la porte-parole Annick Lepetit. Une manière de dire qu'il ne fera aucune concession sur ses choix idéologiques. Il a souhaité que la direction sortante "entre majoritaire au congrès" et promis qu'il n'y aurait "pas de combinaisons, sur la ligne comme sur l'équipe".
Photo d'ouverture : Laurent Fabius, vendredi à La Rochelle. Il n'y aura fait qu'une apparition, aavnt de repartir samedi... - DR
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