Le fondateur de la communauté de Taizé mort poignardé

le 17 août 2005 à 08h34 , mis à jour le 18 août 2005 à 10h09

Le fondateur et prieur de la communauté oecuménique de Taizé, Frère Roger, 90 ans, a été tué à coups de couteau, mardi, au cours de la prière du soir. Son agresseur, une Roumaine de 36 ans, a été aussitôt interpellée.

frère roger taizé

Les obsèques de frère Roger, tué mardi soir à Taizé, seront célébrées mardi 23 août à 14 heures. D'ici là, son corps sera déposé dans l'église de Taizé chaque après-midi de 15h à 19h., pour que tous ceux qui le veulent puissent aller se recueillir auprès de lui.

Le drame s'est déroulé mardi vers 20H45 à Taizé, en Saône-et-Loire, alors que quelque 2.500 jeunes de diverses nationalités assistaient à la prière traditionnelle du soir donnée par Frère Roger dans l'Eglise de la Réconciliation. "La femme qui l'a agressé a réussi à s'introduire au milieu du choeur des  frères, elle s'est avancée vers lui, mais on ne l'a pas vue car on était de dos, on a entendu le cri, on s'est retourné, c'était déjà fait", a déclaré frère Emile, porte-parole de la communauté. "Frère Roger est resté assis, on est allé vers lui et on a compris qu'il était grièvement blessé quand on a vu le sang qui commençait à couler, puis on a réussi à le transporter à la maison", a-t-il expliqué, profondément ému. "Il y avait un médecin dans l'assemblée et le médecin local est venu, mais c'était trop tard, la blessure était trop importante et il a succombé à 21H00", a-t-il ajouté. Frère Emile a précisé que Frère Roger a été atteint à la gorge, mais selon les gendarmes, il aurait également été frappé dans le dos.

L'auteur présumée de l'agression, une Roumaine de 36 ans selon la gendarmerie, a été rapidement maîtrisée par des témoins du drame, sans opposer de résistance, a précisé le parquet de Mâcon.

Nuit de prière en hommage

"On est sous le choc, il y a beaucoup de confusion ici, personne ne comprend  ce qu'il s'est passé", a confié une religieuse présente dans la communauté. Elle a expliqué que peu après l'agression, frère François, un proche de la victime, a pris la parole pour expliquer le drame, nombre de jeunes étant trop éloignés pour avoir vu la scène. Il a alors demandé à tous de de rester dans l'église pour prier et rendre grâce à Frère Roger, a-t-elle dit.

C'est un catholique allemand de 51 ans, Frère Aloïs, qui va succéder au  Frère Roger à la tête la communauté de Taizé. "Frère Aloïs a été désigné par  Frère Roger qui a fait connaitre son choix il y a huit ans. C'était conforme à  la règle de la communauté selon laquelle le prieur qui est responsable de notre groupe choisit son successeur", a déclaré le Frère Emile. Frère Aloïs devait rentrer dans la nuit des Journées mondiales de la  jeunesse (JMJ), qui se déroulent à Cologne (Allemagne), où l'annonce du meurtre de Frère Roger a semé la consternation.

"Un homme d'amour et de paix"

En France, l'ancien ministre socialiste Jack Lang s'est dit "bouleversé" et a rendu hommage à celui qui "était par excellence un homme d'amour et de paix". En Allemagne, le chancelier Gerhard Schröder a également salué la figure de Frère Roger, "l'une des grandes personnalités religieuses significatives de l'époque actuelle". Protestant, diplômé en théologie, Roger Schutz avait consacré sa vie à la réconciliation entre les chrétiens. Il était arrivé à Taizé, un petit village près de Cluny, en août 1940, à l'âge de 25 ans, avec le projet de fonder une communauté monastique. En raison de son grand âge, Frère Roger envisageait de quitter ses fonctions de prieur dans le courant de l'année, selon une source proche de la communauté. Ces dernier temps, il était très fatigué et se déplaçait souvent en fauteuil roulant.

La meurtrière voulait "attirer l'attention" mais "pas tuer"

La femme qui a mortellement blessé le Frère Roger, prénommée Luminita, a expliqué aux gendarmes durant sa garde à vue qu'elle "voulait parler au Frère Roger mais elle n'y est pas arrivée parce qu'il y avait trop de monde", a indiqué mercredi le procureur de la République de Mâcon. "Elle a alors voulu attirer son attention", a poursuivi le magistrat, en estimant que "cela paraît un peu court comme explication. Il y a sûrement, j'imagine, un problème psychiatrique mais, d'après les premiers examens, elle ne relèverait pas de l'internement psychiatrique. Elle paraît saine d'esprit. C'est pourquoi j'ai demandé un complément d'expertise cet après-midi même", a ajouté le procureur. La jeune femme, âgée de 36 ans, avait acheté lundi un couteau à Cluny, ce qui laisse à penser qu'il y a "peut-être" eu préméditation, a toutefois dit le procureur. Dans ce cas, et si elle est jugée responsable de ses actes, il y aura ouverture d'une information judiciaire pour assassinat.

le 17 août 2005 à 08:34
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31 Commentaires

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  • Marie, le 17/08/2005 à 16h25

    Frère Roger m'avait prise dans ses brs alors que je ne devais avoir que 4-5 ans... C'était un homme merveilleux, j'ai tellement de chagrin en apprenant cette fin horrible qu'il a vécu. Je pense fort à lui, c'était vraiment un grand homme! Par contre je déplore que TF1 n'en ais parlé que très rapidement dans son journal de 13h et au moins 15 minutes après le début du journal! ça m'a attristé le peu d'interrêt qu'on porte à ce grand homme, mort dans des conditions affreuses! Marie

  • Sylvain, le 17/08/2005 à 16h17

    Je suis anéanti par la nouvelle de la disparition de Frère Roger. En une dizaine de visite à Taizé, je n'ai jamais vu un seul acte de violence, d'agressivité, de haine. Tout y était paisible, d'un calme rare. Je n'arrive pas à comprendre ce qui vient de se passer. Son regard et son sourire si paisible resteront à jamais graver dans ma mémoire. Cet acte ne fait que me confirmer dans ma foi. On a perdu un homme mais on a gagné un saint qui sera toujours avec nous. Taizé sera toujours Taizé et personne ne pourra jamais arrêter ce "miracle" permanent.

  • Toni, le 17/08/2005 à 15h41

    Bonjour, je suis chrétienne protestante. Je ne suis pas d'accord avec la doctrine de Frère Roger. Mais tout de même, je ne suis pas d'accord non plus avec cet assassinat atroce. Je voudrais donc souhaité condéléance à tous ceux qui l'aimaient.

  • Vastre, le 17/08/2005 à 15h07

    Une cellule psychologique a été, selon les nouvelles traditions, mise en place. En effet Dieu n'étant plus en mesure de soutenir ses créatures, l'Etat-Providence supplée ce défaut d'assistance. Nous vivons un temps bien singulier dirait Georges Brassens !

  • Fredb, le 17/08/2005 à 15h03

    Un grand homme public dont les paroles étaient toujours empreintes de sagesse. Son message restera dans le coeur des Hommes, même des non pratiquants. Ceci étant, le mobile n'en demeure pas moins douteux. Quelqu'un qui serait sain d'esprit ne tuerait pas pour les motifs qu'a donnés la jeune femme, crime prémédité ou pas. De plus, poignardé dans le dos et à la gorge, c'est tuer à coup sûr, son excuse ne tient pas la route. Au pire, ne peut-on imaginer qu'elle ait été manipulée ou bien qu'elle ait pu vouer au frère Roger une haine farouche pour d'obscures raisons? C'est vraiment dommage pour un homme de paix de finir sa vie de façon aussi horrible, Dieu puisse-t-il l'accueillir comme lui-même savait si bien le faire. L'homme est parti mais son oeuvre demeure...

  • Luce, le 17/08/2005 à 14h48

    C'est non sans une certaine émotion, révolte que j'apprends le meurtre de frère Roger. Je me suis rendue 2 fois à la communauté de Taizé. Frère Roger était un artisan de paix. Son défi était de taille. Rassembler des gens de tous âges, horizons et de différentes confessions. Qu'il repose en paix. Adieu. A Dieu frère Roger.

  • Cristina, le 17/08/2005 à 14h33

    No puedo creerlo. Que alguien que ha dedicado toda su vida a una obra de amor y reconciliación, de PERDÓN, sobre todo, muera precisamente de esta manera tan contraria a lo que él transmitía. Su mirada estaba tan llena de amor y de ternura... Muchos somos los que hemos visto nuestra vida transformada por Taizé. Gracias, mil gracias, frère Roger.

  • MOREAU Guénaël, le 17/08/2005 à 14h25

    Je voudrais simplement partager à Thierry, d'Evian, qu'il ne faut pas lire un tel évènement avec les yeux des hommes, mais avec ceux de Dieu, qui, par amour et respect de l'homme, le laisse libre de choisir le bien ou le mal. La encore c'est le mal qui a été le plus fort, mais il faut lire cet évènement avec des yeux spirituels pour voir combien Frère Roger a tout simplement vécu l'Evangile, jusqu'au bout, par le don et l'offrande de sa vie, comme le Christ l'a fait, et laisse un témoignage extraordinaire. Il est maintenant entré dans La Vie,la seule qui compte, Saint parmi les Saints, et sa mort résonne comme un appel urgent pour le monde à la conversion et à l'amour. Saurons-nous y répondre ?

  • BRAND, le 17/08/2005 à 13h50

    Dans quel monde vivons nous Dieu ne nous laisse pas tombé le monde devient fou Prions pour lui.Amen

  • Xavier Montserrat, le 17/08/2005 à 13h50

    Els ulls del germà Roger eren plens de tendresa, acolliment, pau, joia i misericórdia, d'amor. Era la presència de l'esperit de les benauranes a la terra. La pau sigui amb tu i amb tots nosaltres !

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