Fronde anti-teknival dans le Limousin

le 10 août 2005 à 20h23 , mis à jour le 10 août 2005 à 20h38

L'organisation d'un teknival, fin août, sur une petite commune du Limousin, se heurte à un front commun du refus de la part des élus locaux. Sans être opposés au principe de telles manifestations, ils dénoncent la réquisition sans concertation, par la préfecture, de terrains "qui sont des outils de travail".

teknival

Des élus du Limousin se mobilisent contre la tenue d'un teknival sur le site d'une commune de 126 habitants, redoutant l'impact de milliers de "raveurs" sur l'agriculture locale, la tranquillité et la sécurité. Le maire de Saint-Martial-sur-Isop, Damien Coquelet, a ainsi pris lundi un arrêté municipal interdisant le teknival, prévu du 26 au 29 août sur le territoire de sa commune. En cas d'invalidation par la préfecture, il s'est dit prêt à saisir le tribunal administratif pour s'opposer au rassemblement.

Le bras-de-fer naissant illustre la difficulté persistante à trouver un accueil consensuel aux fêtes "rave", malgré la volonté récemment affichée du ministère de l'Intérieur de faire évoluer les manifestations d'ampleur nationale, accueillant jusqu'à plusieurs dizaines de milliers de personnes "vers des rassemblements plus modestes de dimension régionale". Nicolas Sarkozy s'est exprimé mercredi sur la polémique en Limousin, estimant, depuis Lège-Cap-Ferret qu'il s'agissait de "trouver un équilibre" entre le maintien de l'ordre et l'amusement autour des teknivals. "Ce n'est pas très simple, on va essayer de trouver des solutions", a-t-il reconnu en réponse à des questions de journalistes sur l'hostilité du maire de Saint-Martial-sur-Isop. "J'ai mieux à faire pour les forces de l'ordre que de partir en guerre contre des jeunes qui veulent s'amuser. Mais en même temps, je n'accepte pas que ces manifestations deviennent des hauts lieux de vente de drogue", a-t-il poursuivi.

"Un teknival, ce n'est pas exactement un bal-musette"

La préfecture de Haute-Vienne avait annoncé vendredi aux élus le choix du site de Saint-Martial, et d'un terrain situé, selon le maire, sur les terres d'une demi-douzaine de particuliers. La préfecture a promis des états des lieux et indemnisations "dans un très court délai". Après un abattement initial, les élus du canton de Mézières-sur-Issoire qui recouvre Saint-Martial, se sont organisés. Ils ont contacté des agriculteurs d'autres régions hôtesses de teknivals ces dernières années et qui, selon eux, ont conforté leurs craintes. D'où une motion, présentée mardi en sous-préfecture à Bellac par une dizaine de maires, demandant "solennellement l'annulation pure et simple de la manifestation". Les élus ont conclu que l'organisation du teknival "ne pourra être que préjudiciable à l'ensemble de l'agriculture, de l'élevage local, ainsi que de la qualité de la vie, la tranquillité et la salubrité publique".

Autant que le choix du site, c'est l'absence de concertation préalable que dénoncent élus et syndicats, très soucieux de ne pas s'ériger en un front générationnel du refus face aux fêtes de "jeunes". Mais "un teknival, ce n'est pas exactement un bal-musette", fait remarquer un élu. "Nous ne sommes pas contre les jeunes", insistait le conseiller général Jean-Claude Bonnet. "Mais contre la réquisition arbitraire de terrains qui sont des outils de travail".

Dans un communiqué, la Confédération paysanne notait que "les populations locales ne sont pas des 'serfs' dont l'Etat peut disposer des biens comme bon lui semble (et) les participants des teknivals ne sont pas non plus des barbares irresponsables". Le syndicat accuse les pouvoirs publics de "stigmatiser une partie de la population contre une autre", à coup de réquisitions arbitraires faute d'envisager des solutions alternatives, comme des terrains désaffectés, des terrains militaires, ou la création de sites adaptés.

Photo d'ouverture : rassemblement à l'occasion d'un précédent teknival - archives

le 10 août 2005 à 20:23
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8 Commentaires

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  • MM, le 11/08/2005 à 12h50

    IL est totalement scandaleux de réquisitionner des terrains agricoles pour ce motif, il est également totalement scandaleux que de grands rassemblement pacifistes puissent ne trouver d'autre endroit que des terrains vagues et des décharges pour faire venir des jeunes de l'Europe entière. Si enfin, il est vrai que les raves ne sont pas exactement des bal-musettes, c'est que le monde a évolué depuis les années 50. Les raves sont à l'image du monde d'aujourd'hui, bruyantes, tumultueuses mais non violentes. Pourquoi les gens sont-ils terrifiés à l'idée de voir venir chez eux des jeunes ? Ils disaient la même chose pour les concerts hippy sur l'île de Wight - C'était il y a plus trentre ans ou je me trompe ?

  • Nitule, le 11/08/2005 à 11h53

    De quel droit l'Etat peut il requisitionner des terrains PRIVES!!!!!

  • Joss, le 11/08/2005 à 10h17

    Il faut requisitionner les jardins du prefet et tout le monde sera contant

  • CHRIS88, le 11/08/2005 à 09h12

    Tout a fait daccord avec ces Maires qui manifestent leur mecontentement, et qui eux ont des idees qui tie

  • CHRIS88, le 11/08/2005 à 09h10

    Tout a fait daccord avec ces Maires qui manifestent leur mecontentement, et qui eux ont des idees qui tiennent debouts, comme ils le disent pourquoi pas un terrain militaire ou desafecte, et encore mieux un lieu approprie.Je voudrais bien savoir ce que dirais le ministere de l`interieur si aujourd`hui ces agriculteurs decidait de transformer leur ministere en vaste exposition de tracteurs et presentation de betail pour 3 jours.

  • ., le 11/08/2005 à 08h19

    Un remède pour chasser "les moustiques " , épandre un peu de lisier histoire de fertiliser le terrain .Ca fait pousser les bette"raves" , et parfume les "raves" .ça va dans le sens de l'écologie "cool".

  • LOBA, le 10/08/2005 à 23h26

    C EST LE NOM TEKNIVAL QUI FAIT PEUR AUX PAYSANS , QUE LES JEUNES APPELLENT LEUR FETES FOIRES AUX ANES ET CA MARCHERA

  • Eric, le 10/08/2005 à 23h06

    En France, pays des libertés (perdues...), est-t-il encore possible de faire la fête sans restrictions ?

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