© DR"Le mot scission n'a pas sa place ici". Le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande a affirmé dimanche à La Rochelle "ne craindre rien sur l'unité des socialistes". Clôturant l'université d'été par un discours de plus d'une heure, régulièrement très applaudi par 1.500 militants, le numéro un du PS a lancé un "appel à la responsabilité" des socialistes. "De notre unité dépendent le rassemblement de la gauche et l'alternance dans la République", a-t-il averti.
François Hollande a assuré aux Français que les socialistes "seront présents, unis, rassemblés et forts" pour battre la droite à l'élection présidentielle de 2007. Ce rassemblement, a-t-il insisté, se fera "dans la clarté", et ce dès le congrès du Mans. "La clarté" doit aussi s'imposer dans le choix de la ligne politique. "On ne peut pas additionner toutes les revendications sans fixer les priorités, les limites et les rythmes. Au risque, sinon, de décider de pauses ou, pire, de consentir à des reniements", a-t-il soutenu, dans une critique à peine voilée des fabiusiens.
"L'obligation, sur chaque sujet, de proposer"
Le dirigeant socialiste a souligné qu'il n'avait "pas d'adversaire au sein du PS" et en a appelé à "la dignité" du débat, après les attaques dont il a été l'objet depuis la mi-août. Il a souhaité que "nous réservions nos talents d'artificiers à la droite", et demandé un retour "à la fraternité élémentaire" entre "camarades".
Contre la droite justement, le numéro 1 du PS s'est dit déterminé à être "offensif". Parlant de "l'échec économique, financier, social et moral" du gouvernement "depuis trois ans et 100 jours", François Hollande a déclaré que "la majorité connaît l'ampleur de son échec", qui est "général". François Hollande s'en est particulièrement pris au "brouillage" du Premier ministre Dominique de Villepin, et à "la mystification" du président de l'UMP et ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Le premier "utilise d'autres mots que son prédécesseur pour faire la même politique", tandis que le second "fait croire qu'il n'est pour rien dans la politique qu'il inspire depuis 3 ans et 100 jours".
Soulignant que le PS avait "l'obligation, sur chaque sujet, de proposer", François Hollande a fait une série de propositions en matière de croissance, d'énergie et de logement. Pour relancer le pouvoir d'achat et l'investissement, le député-maire de Tulle a suggéré d'"utiliser les surplus fiscaux de la hausse des prix des carburants (1 milliard d'euros) en doublant immédiatement l'allocation de rentrée scolaire".
François Hollande pour une "stratégie de rassemblement" |
Invité du journal télévisé de TF1 dimanche soir, le Premier secrétaire du PS a assuré vouloir "conduire une stratégie de rassemblement sur une ligne de volonté et de vérité" dans la perspective du congrès socialiste de novembre au Mans. "Qu'il y ait des ambitions et des débats, des confrontations d'idées, c'est l'honneur d'un parti politique", a jugé le numéro un socialiste, qui était interrogé sur les rivalités et controverses exprimées ce week-end lors de l'université d'été du PS. Interrogé sur la multiplication des candidatures à la candidature socialiste pour la présidentielle de 2007, il a observé: "Il y a le temps des ambitions et des prétentions, c'est normal. Il va y avoir le choix du candidat, il ne faut pas en avoir peur ni être gêné". Mais, a poursuivi François Hollande, "il faut d'abord proposer un projet, dire ce que l'on veut faire. Et pour donner envie de voter, il faut présenter des propositions, montrer qu'il y a une alternative possible et ne pas attendre - car c'est fait - le rejet de la droite". |
(François Hollande dimanche/DR)
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